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Give me back the night : Kim Chapiron

Give me back the night : Kim Chapiron

En trois films (Sheitan, Dog Pound, et le petit dernier toujours dans les salles La Crème de La Crème), le réalisateur Kim Chapiron a imposé un style urbain sexy trash en bousculant les codes établis. Noctambule invétéré, la nuit est son royaume. Surtout s’il y a de la musique.

Première sortie après minuit ?

Au début des années 90, avec mon père (le graphiste culte Kiki Picasso, ndlr) à un concert des Garçons Bouchers, je devais avoir onze ans, c’est un très bon souvenir.

Qu’est-ce que tu aimes dans la nuit ?

L’imprévu. Le summum étant de partir dans une fête avec quelqu’un qu’on ne connaît pas et qu’on a rencontré dans la rue. C’est l’enchaînement des soirées qui m’intéresse.

Est-ce que tu sors beaucoup ?

Oui mais quand je suis à l’étranger. A Paris je suis très famille. J’adore les festivals. J’ai fait I Love Techno à Montpellier avec Gesaffelstein et Brodinski. Cet été, je me suis aussi retrouvé au Festival californien Burning Man. A Paris j’adore le Cabaret Électronique au Cirque Électrique qui se trouve porte des Lilas. C’est un mélange de musique et de spectacle, c’est incroyable.

Où est-ce que tu aimes commencer tes soirées ?

À La Cave de Septime dans le XIeme à Paris ouvert par le chef du Septime et du Clamato, Bertrand Grébaut. Dans une autre vie, il a dessiné le logo du collectif Kourtrajmé. Il fait partie de la famille rapprochée.

Ton restaurant préféré ?

Le Clamato, c’est une version “fruits de mer” du Septime, c’est beaucoup plus libre. Il y a un côté brut et ça fait plaisir de ressentir ça dans la cuisine.

Avec qui aimes-tu sortir ?

J’aime bien sortir avec Fafi la dessinatrice. D’une manière générale, je préfère les petits groupes, c’est beaucoup plus compliqué de trouver l’imprévu quand on est en meutes.

Quels sont les sons que tu aimes entendre la nuit ?

Ces derniers temps beaucoup de techno. J’ai toujours beaucoup dansé. J’ai grandi avec les soirées funk et hip-hop qui correspondaient à l’époque où j’étais au lycée. J’aimais beaucoup aussi la jungle. C’étaient des soirées dangereuses, on a tendance à l’oublier, c’était un rassemblement de gens où ça pouvait déraper, et c’était le cas très souvent. Après grâce à mon père, je me suis retrouvé dans des ambiances techno, comme avec les Teknokrates sur des chars à la techno parade, ou dans dans des free parties en Bretagne. Je trouve qu’il se passe actuellement un truc assez fort dans les soirées électroniques. Mais j’aime bien aussi les “vrais” concerts comme Ibrahim Maalouf à la salle Pleyel dernièrement ou Avishai Cohen que j’ai rencontré grâce à Oxmo Puccino. Le dernier concert qui m’a marqué c’est Ballaké Sissoko et Vincent Segal aux Bouffes du Nord. Une autre très grosse émotion c’est à la Maroquinerie, le concert de Kickback, du hardcore d’une émotion rare. Dès que je peux être avec des musiciens, je me sens bien.

Qu’est-ce qui ne te plait pas dans la nuit ?

Trouver un moyen de transport pour rentrer chez soi. Même si généralement c’est à ce moment qu’il peut se passer des choses et des discussions incroyables. C’est un rapport amour/haine.

Ta ville de prédilection pour sortir ?

J’ai vécu un an à New York pour écrire le scénario de Dog Pound, mon précédent film, et tous les week-ends, je partais sur la route de l’imprévu avec mon copain Jéremie Delon qui tient le magasin de disques A1 Records. C’est le plus gros magasin de vinyles de la ville où tous les DJ viennent se fournir chez lui. Il connaît toutes les teufs de NY et tous les week-ends on se retrouvait en roue libre totale.

Un film qui symbolise la nuit ?

Kids de Larry Clark !

As-tu fait de mauvaises rencontres la nuit ?

Oui ça fait partie du jeu, il faut accepter cette règle. Mais le jour aussi on peut faire de mauvaises rencontres, elles sont peut-être moins spectaculaires parce que la nuit les gens sont plus vrais. Quand on est ivre, on sait qu’on est ivre, alors que quand on est sobre, on en sait pas si on est sobre. J’aime bien la capacité de rester un gentleman, même en étant ivre.

Ce que tu rêverais de faire la nuit ?

Un film. C’est dans les tuyaux. La nuit m’inspire beaucoup, je fais énormément de photos la nuit. L’idée de faire un film avec les vraies ambiances de nuit qui ne soient pas mises en scène m’excite énormément.

La Crème de la Crème
Sorti le 2 avril 2014
lacremedelacreme-lefilm.com

Les lieux favoris de Kim Chapiron :