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Armin Van Buuren : “je suis fan de London Grammar”

Armin Van Buuren : “je suis fan de London Grammar”

Il fait danser ta petite sœur, l’EDM n’est plus un secret pour lui, mais Armin Van Buuren est tout de même un mec sympa. Rencontre au coeur de Miami.

Attendez, ne zappez pas : Armin Van Buuren a beau produire une musique qui s’oppose totalement au terme “underground”, ce DJ/producteur a bien plus de choses à dire qu’il n’en a l’air. Le Néérlandais, qui parcourt maintenant le monde pour dynamiter des arenas à coup de techno maximaliste (qui constitue le génome du mouvement EDM, si vous n’aviez pas saisi) a fait un saut à Miami pour quelques DJ-sets, notamment à l’Ultra Music Festival ou au Surfcomber. À l’aise comme un poisson dans l’eau dans ce milieu taillé pour lui, il nous cause de son actu, d’Ibiza, d’un casque DJ griffé à son nom… et de Jean-Michel Jarre.

Miami à cette période, ça représente quoi pour toi ?

C’est en quelque sorte le moment le plus important de l’année pour un gars comme moi. Je suis ici pour rencontrer des personnes, pour jouer autant que je peux, pour rencontrer ceux qui m’écoutent… Le public est toujours dingue ici, et surtout pendant la Winter Music Conference. Tout le monde se lâche comme si c’était la dernière fois. Du coup, ça me donne naturellement envie de faire la même chose.

Par rapport à ton expérience d’Ibiza, ça change quoi ?

Ibiza reste un endroit magnifique, et plus européen, moins urbain et démesuré. Ça reste une bulle très particulière. Et c’est aussi ce qui peut ne pas me plaire à chaque fois là-bas… Ibiza est une île touristique, tu y viens en avion, la population est presque exclusivement composée de personnes qui viennent pour s’éclater. Ce qui est cool dans un sens, mais il y a un côté peut-être plus “jet set”. À Miami, il y a beaucoup plus d’ados, de très jeunes adultes, qui vivent dans cette ville et qui adorent s’éclater. Et l’enthousiasme de la jeunesse est forcément plaisant...

Comment t’es-tu retrouvé à travailler sur un casque audio ?

Déjà, j’avais déjà ma propre idée du monde des casques audio, vu que j’en utilise constamment. J’avais des idées générales sur ce que j’aimais ou pas dans cette pièce d’équipement. Du coup, quand Philips est venu me voir avec ce projet, en me proposant de collaborer avec eux, j’ai pu savoir tout de suite si leur idée me convenait. En tout cas, je ne voulais pas d’une marque qui colle mon nom sur le paquet sans que je puisse m’impliquer dans le développement de l’objet, et ils ont été très clairs là-dessus dès le départ, ce qui m’a poussé à accepter.

Quelle façon de travailler as-tu développé avec eux ?

J’ai travaillé en collaboration avec un ingénieur de chez eux, Tim Homewood. Nous avons vraiment développé ça tous les deux. Il a été très à l’écoute, et j’ai pourtant été sacrément pénible avec toutes mes demandes (rires). Déjà, on a pris une dizaine de modèles connus, pour définir leurs points forts et leurs faiblesses, pour savoir ce qu’il fallait qu’on développe, et éviter les erreurs. Ensuite, j’ai pris un tableau, j’ai préparé une liste, et en position n°1, j’ai écrit “sound”. Avec un grand blanc sur les lignes suivantes (rires). Après, en discutant avec Tim, on a classé les points par ordre de priorité : solidité, transportabilité, design… VU que je voyage beaucoup, j’ai l’occasion de casser sept ou huit casques par an, ce qui est énorme quand on y pense. Donc un autre point que je voulais aborder absolument, c’est le fait qu’on puisse démonter chaque partie si elle est défectueuse pour la remplacer, parce qu’il n’y a rien de plus déprimant que de jeter du matériel encore en bon état juste parce qu’une seule pièce est défectueuse. Et puis ensuite, ça a été une suite d’échanges, de tests, de retour super précis de ma part… On est très contents du résultat.

Tu as designé ce casque pour une activité de DJ, peut-on l’utiliser au quotidien tout de même ?

En effet, ce casque est tourné vers une activité “pro” avant tout, mais on a fait en sorte de le rendre agréable pour tout le monde. Un casque de DJ possède souvent un défaut : il envoie beaucoup de basses mais ne définit pas bien le spectre, le son peut apparaître brouillon pour une écoute audiophile. Ici, je pense que c’est tout à fait au niveau des très bons casques d’écoute.

La différence entre un club à dimension humaine et une scène comme celle de l’Ultra Music Festival ?

Techniquement, jouer dans un festival demande davantage de concentration, avec la sono qui envoie très fort et la foule qui a tendance à t’électriser, à te faire perdre le fil. Mais cet effet de masse possède aussi un côté “sombre”, disons, tu ne peux pas vraiment regarder les danseurs, avoir des “eye contacts” avec eux. Je passe mes sets à sourire en regardant les gens qui semblent apprécier ce que je joue, j’aime bien croiser leurs regards, ça transmet de l’énergie. Et un club plus petit est idéal pour ça.

Ça t’arrive d’avoir envie de faire une pause parfois ?

Tout le temps (rires). Mais à chaque fois, ça ne dure que très peu de temps.

Tu écoutes quoi dans ce genre de périodes, quand tu veux te couper de ton mode de vie ?

J’écoute beaucoup London Grammar en ce moment, j’aime vraiment leurs mélodies, leur pureté, et la voix de la chanteuse. Je suis assez fan d’Elbow aussi, même si ça étonne pas mal de monde. Et pour citer un français, je suis un grand admirateur de Jean-Michel Jarre, et aussi de toute cette vague de musique synthétique des seventies…

Armin-Philips

On ne t’imagine pas trop écouter ce genre de son…

Et pourtant, ça fait aussi partie de ma musique, même si ça ne se ressent pas directement.

Le genre d’atmosphères à développer dans d’autres projets ?

J’ai déjà mon side project Gaia si je veux m’exprimer autrement, c’est assez proche de ce que je peux faire en mon nom propre mais c’est un peu plus “underground”, plus trancey. Et je compose évidemment des tonnes de choses qui ne ressemblent pas à ce que je produis d’habitude. Je n’ai rien prévu de faire avec tout ça, c’est juste un moyen de m’exprimer. Mais j’ai toujours des tonnes de projets qui se montent dans ma tête, ça n’arrête pas.