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On a testé pour vous : la Winter Music Conference à Miami

On a testé pour vous : la Winter Music Conference à Miami

Gros son, bon goût vestimentaire et piscines d'hôtels : bienvenue dans un monde parallèle.

Avant, on pouvait déjà appeler ça une institution. Maintenant que la musique électronique, aux USA encore davantage qu'ailleurs, se gave du gâteau musical mondial, cette convention est devenue incontournable. La Winter Music Conference, qui se déroule à la jonction entre l'hiver et l'été à Miami (l'autre Mecque du clubbing XXL après - ou peut-être même avant Ibiza), est bien plus qu'un rendez-vous de "pros" qui causent matos et nouvelles tendances. Aujourd'hui, c'est d'abord et avant tout un raout gigantesque auquel se retrouve absolument tout le gratin techno-house, toutes sensibilités confondues, brassant au passage un public immense qui n'hésite pas à venir des quatre coins d'Amérique (voire d'Europe) pour "spring breaker". Et si le bon et le mauvais goût se mélangent parfois de manière incongrue au détour des avenues de la métropole floridienne, il fallait qu'on vous raconte ce qu'on a pu y croiser.

Les clubs : jusqu'ici tout va bien

Quiconque connaît l'expérience Ibiza peut sûrement se reconnaître dans les clubs de Miami : spacieux, sans aucun charme et aux sound systems puissants, ils jalonnent les rues adjacentes à l'hyper-centre et tournent tous les soirs pendant la Winter Music Conference, aussi appelée Miami Music Week par une association de lieux ayant choisi de coordonner leur promotion pour ce moment précis. Le Mekka possède de nombreuses salles et a notamment programmé de grosses soirées bass music pendant la semaine, le Ice Palace semble tenir la palme des superlatifs, alors que Grand Central fera davantage penser à un club européen à jauge bien fournie, en arborant une programmation visiblement préservée de la déferlante EDM. Pour exemple, on pouvait y retrouver une soirée Bromance lundi 24 mars, nous avons assisté à un line-up 100% Fool's Gold, avec A-Trak en tête de liste, le vendredi 28. L'ambiance était particulièrement suave, vous imaginez bien.

Les pool parties : lobbys d'hôtels, maximalisme et raffinement

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Si vous avez joué à GTA Vice City, vous vous rappelez sans doute de ces différentes parties de la ville connectées par des grands ponts. C'est exactement la même chose ici, Miami est reliée à sa petite jumelle Miami Beach par une série de voies qui traversent une baie bardée d'îles "man-made" et blindées de résidences de stars. Comme son nom l'indique, Miami Beach est la façade atlantique de la métropole, et possède une concentration d'hôtels hallucinante, dont les plus connus sont concentrés dans le quartier historique de South Beach, aux ambiances art déco. Le Shelborne, le Delano ou le Surfcomber utilisent ainsi à bon escient leur combiné terrasse-piscine situé dans leur arrière-cour, la plupart ayant ainsi un accès direct à la plage. Et lorsque l'espace est suffisant (ce qui est presque tout le temps le cas), les établissements calent une scène au décorum néo-rave criard, et calent des programmations "gros calibre". Notre expérience de la soirée "Armin Van Buuren & Friends" (photo ci-dessus) aura été très instructive à plus d'un titre, la démesure étant de mise dans tous les domaines, que ce soit dans la scénographie, le son (maximaliste à souhait) et les tenues des clubbers, jamais trop généreuses en vêtements. Résultat, en trois ou quatre "blocks" se concentre une bonne partie de l'activité clubbing qui se tisse autour de la Winter Music Conference. Fun facts : un hôtel a même été rebaptisé "Hotel Avicii" pour l'occase (tout va bien) et on décèle un mélange des genres assez fascinant si on ausculte les programmations de ces pool parties. Miami est peut-être la seule ville au monde qui fait jouer Bob Sinclar, Dennis Ferrer et Kevin Saunderson au même endroit le même soir...

L'Ultra Music Festival : l'EDM à son paroxysme

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"Alors, tu vas à l'Ultra ? C'est pour ça que t'es là, non ?"... Bah non en fait, mais la récurrence de ces questions à notre égard prouve encore une fois que ce festival constitue le nouveau cœur de cette semaine de folie. Basé à Bayside Park, cette fois-ci à Miami même, l'Ultra Music Festival en fait clairement des caisses. Ce qui nous fait regarder cette énorme machine d'un œil suspicieux, en bons Européens que nous sommes. Pour faire court, ils y passent tous : cette année, Tiesto, Zedd, Major Lazer, Trentemoller, Gesaffelstein ou l'omniprésent Van Buuren y ont joué, mais quelques exceptions se remarquent aisément dans le line-up (MGMT, sérieusement ?). On ne va pas se leurrer : l'Ultra est presque totalement dédié aux sirènes du mouvement EDM, on y entend à peu près toujours le même tunnel de synthés monolithiques accompagnées de voix de chanteuses suraiguës. Le plus fou dans tout ça reste encore le prix du pass 3 jours : 400$, plus les taxes d'état qui atteignent environ 100$. Le public ? Ni celui des clubs, ni celui des hôtels : plus ado, plus fluo, bardé d'accessoires, ce sont les fameux candy ravers que l'on regarde comme une curiosité en Europe, leurs tenues farfelues et un peu cheap ayant émergé en moins de temps qu'il ne faut pour dire "stop". Trop tard, l'invasion a commencé, regardez par vous-mêmes !

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Rencontre : Pablo et ses copines

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Pablo Alvarez habite à Miami depuis toujours, il semble être rôdé au fonctionnement des nombreuses soirées de son patelin. L'EDM ? "C'est ce que j'écoute tout le temps en ce moment, c'est le futur de la musique selon moi". Après avoir pris le temps de poser avec ses deux nouvelles amies pour une photo souvenir, il découvre en même temps que nous qu'un des magasins du Lincoln Road Mall a fait place à un corner entier dédié aux goodies Avicii. "C'est dingue que ce type soit devenu une légende en si peu de temps. Je ne me vois pas acheter ces trucs, mais ça me botterait de le rencontrer". Nous aussi, il a l'air de toucher sa bille en marketing. "Le truc qui me plaît le plus ici, c'est que tu n'as jamais de mal à trouver une soirée, explique-t-il. Après, cette semaine, c'est presque trop, il y a trop de monde à certains endroits, ça devient stressant. En même temps, vu le nombre de personnes qui vont à l'Ultra, ça semble normal qu'ils ressortent envahir les rues une fois que le festival est fini. T'es là pour l'Ultra aussi, non ?"

Food corner : du gras, du luxe, du frenchie

Autant le dire tout de go : rien de passionnant à se mettre sous la dent à Miami, ville reine de la bouffe à emporter de moyenne qualité, comme on en trouve souvent aux States. Burgers, burritos, parts de pizza, hop, vous avez à peu près fait le tour.

Nous avons tout de même pu tester un restaurant de fort bon aloi, même s'il ne vend pas de rêve question "viens comme tu es". Juvia est un endroit élégant, sa clientèle aussi. Cet établissement situé à Miami Beach au dernier étage d'un building offre une vue imprenable sur la skyline, et modernise bon nombre de plats de la cuisine japonaise. Un mot d'ordre : sobriété. Si vous êtes en mode low budget, par contre, ce n'est peut-être pas la meilleure solution.

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En plein downtown, on conseille Nutreat, qui propose de la street food à peu près saine, fraîche et équilibrée. à vous de choisir : manger un wrap-salade-soupe chez eux ou se lâcher sur un plat un peu moins bon pour les artères dans les rues adjacentes. Et si l'argument santé ne vous suffit pas, sachez qu'on vous parlera français là-bas ! Dans le genre boutique d'expat', citons également Buena Vista Deli, une pâtisserie qui ne vous fera pas découvrir grand chose si la France gourmande n'est pas un secret pour vous, mais qui a le mérite de faire d'excellents produits pour tout amateur de tarte aux framboises qui se respecte. La température oscillant entre 23 et 28° (sans parler du taux d'humidité...), cette solution est a appréhender avec précaution, mais ça se tente.

Instants WTF (parmi tant d'autres)

cerceauCette jeune femme apparemment saine d'esprit a décidé de squatter le passage pour démontrer son niveau incroyable au... cerceau clignotant. Un cas isolé ? Pas du tout, des "meufs à cerceau" quadrillent les entrées des club ou de l'Ultra Music Festival. Remarquez, le diabolo et le jonglage dans les festivals alterno, c'était pas franchement inoubliable non plus.

 

foolsgoldLe bonhomme Fool's Gold qui vient nous chauffer dans la file d'attente, trop meugnon ! Il reviendra nous dire bonjour sur scène maintes fois pendant la soirée. On soupçonne A-Trak d'être l'homme en dessous du costume, tel un Bruce Wayne de la bass music qui n'hésiterait pas à mouiller le maillot pour son équipe. Son DJ-set, en tout cas, a fait honneur à la Miami bass.

 

batoEt puisqu'on mène une vie difficile parfois, autant vous la faire partager jusqu'au bout : petit tour de hors bord dans la Biscayne bay.