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Music Is Not Fun : Nuit Et Jour

Music Is Not Fun : Nuit Et Jour

Après son premier album “British Rendez-Vous”, Music Is Not Fun s’apprête à honorer un second rendez-vous, mais Frenchy cette fois-ci, avec l’album “Nuit Et Jour” qui sortira le 12 mars.

Si le public attend déjà les bras grands ouverts ces trois Lyonnais, ce n'est pas grâce à une hype éclair de la trempe de Lana Del Rey. Malgré leurs airs adolescents, Music Is Not Fun prépare le terrain depuis 2006. A l’époque, Myspace n’était pas encore le cimetière des éléphants et le groupe, alors un quatuor, était hyper actif pour sortir de l'anonymat : développant un merchandising plus gros que leur répertoire en placardant avec vigueur sur tous les murs de Myspace des visuels inspirés de la culture mods et britpop qu'ils adoraient. Bien entendu Music Is Not Fun a pris la pose avec beaucoup d’application, en digne héritiers de la scène baby rockeurs soigneusement décoiffée, mais ils avaient aussi quelques chansons dopées à la bonne humeur.

Et c'est grâce à celles-ci qu'ils enchaînent les concerts, à Lyon mais aussi à Rock En Seine en 2008, puis sur les scènes du Gibus, de la Cigale... C'est bien connu, en France, avant de se faire une petite réputation, nos rockeurs doivent se manger des kilomètres et jouer dans petites caves en étant rémunérés en tickets boissons pour aller à la rencontre du public. Il est même plutôt rare qu'ils finissent par avoir leur photo placardée en une du quotidien Métro. Mais Music Is Not Fun semble promis à un destin différent puisqu'on les a découvert en une, baptisée, avec un train de retard “Les nouveaux enfants du rock”.  On se souvient du titre de transition franco-anglais “My Shoes”, vu à la télé et assez entêtant pour leur promettre un avenir à l’international, pourquoi pas de la taille de celui de The Shoes.

Alors que les Housse de Racket sont passés à l’anglais sur leurs derniers singles, Music Is Not Fun, a donc bien fait de laisser le yaourt au frigo et de jouer sur les mots avec la langue qu'ils maîtrisent, sans pour autant renier leurs influences britanniques. On retrouve sur leur nouvel album des mélodies fidèles à leurs amours pour la power pop anglaise, avec quelques claviers en renfort, un songrwriting sur un titre comme “Le Mans”, qui nous fait survoler San Francisco en rappelant les hippies de Girls.

Mais c'est surtout le fun qu'ils ont adopté malgré ce que laisse penser leur nom, qui promet, au même titre que Yelle, ou Sébastien Tellier de nous laisser imaginer que le public français pourrait bien les écouter “Nuit Et Jour”.

Nuit Et Jour (12 mars 2012)