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Six séries à suivre absolument

Six séries à suivre absolument

Dans le flot continu des séries américaines, sélection forcément subjective de six shows à découvrir ou à redécouvrir.

True Detective

C’est assurément un des événements de 2014. Une des séries dont les qualités cinématographiques font autant délirer les spectateurs que les critiques. La diffusion il y a tout juste quelques semaines du huitième et dernier épisode de sa première saison a même fait sauter les serveurs de HBO. Trop de monde voulait regarder le dernier épisode en replay. Mais au-delà de l'événement d’audience, True Detective, retransmis en France le lendemain de sa diffusion américain par Orange, marque aussi le retour en grâce d’HBO, la chaîne câblée américaine pionnière de l’âge d’or des séries, qui semblait avoir (un peu) perdu la main ces dernières années.

De quoi s’agit-il exactement ? D’une série policière au rythme particulièrement lourd et oppressant où l’on suit la traque d’un serial killer dans le sud poisseux par deux flics, eux-mêmes gravement névrosés, sur fond de rite vaudou et de consanguinité. C’est grâce à sa mise en scène et à ses acteurs que la série devient si forte et originale. Fait rare dans l’univers de la télévision américaine, c’est le jeune et quasiment inconnu réalisateur Cary Fukunaga qui a dirigé seul tous les épisodes de la série, écrits par le romancier Nic Pizzolatto. Le rythme est très lent, l’atmosphère étouffante et la mise en scène privilégie les plans séquences et les mouvements de grue amples dans des décors abandonnés de Dieu et des hommes.

true-detectiveMais ce sont surtout les acteurs qui vous scotchent à votre poste. On pourrait passer des heures à écouter parler, ou plutôt murmurer, Matthew Mc Conaughey et Woody Harrelson dans un patois du sud incompréhensible sans sous-titres (mais insupportable en VF). Pour la deuxième saison, HBO a déjà annoncé une autre enquête avec un autre duo de détectives incarné par des stars d’Hollywood. Il semble que Brad Pitt soit sur les rangs…

The 100

C’est le petit buzz du moment sur la chaîne américaine The CW, spécialiste des séries (entre autres fantastiques) pour teenagers, qui diffuse entre autres Arrow, Supernatural ou la nouveauté Star-Crossed. Adaptation du roman de Kass Morgan, cette série post-apocalyptique emprunte les chemins de Lost ou Revolution, avec un pitch science fiction bien pensé. Dans un futur proche, ce qu’il reste de l’humanité vit dans une station spatiale en orbite autour de la Terre. Surpopulation oblige, les règles au sein de The Ark (c’est son nom) sont drastiques. Tout manquement aux règles entraîne la mise à mort immédiate, les adolescents étant détenus jusqu’à leur majorité. La station étant en état de délabrement avancé, et les ressources rares, 100 jeunes délinquants sont envoyés sur Terre pour essayer de survivre sur la surface contaminée par un holocauste nucléaire.

Entre Robinsons modernes et cobayes (s’ils survivent, tout le monde redescendra), nos 100 ados vont découvrir qu’il faut s’adapter pour rester en vie, que leur liberté n’est qu’illusoire et qu’ils ne sont pas seuls. Avec son final bien accrocheur, le premier épisode ouvre la porte à des péripéties bien angoissantes. A suivre donc.

Orphan Black

Ovni total porté par l’incroyable actrice Tatiana Maslany, qui joue 5 rôles en même temps, allant jusqu’à incarner 3 personnages dans le même plan, Orphan Black est le succès surprise de l’été dernier. Co-produite par BBC America et la chaine canadienne Space (diffusée en France sur Numéro 23), Orphan Black a tout de la série SF canadienne classique, comme la très audacieuse Continuum. Pas d’effet spécial m’as-tu-vu comme dans certaines séries américaines, mais un soin tout particulier apporté au scénario.

orphan-black-season-2-poster-4D’une histoire de vol d’identité – la punkette à la vie compliquée Sarah prend la place d’une policière qui s’est jetée sous un train et qui lui ressemblait comme deux gouttes d’eau, Orphan Black aboutit vite à une conspiration autour du clonage d’êtres humains – Sarah n’a pas une mais des jumelles, qui ont toutes leur vie et leur caractère propres. De l’étudiante en neurologie baba cool et lesbienne à la mère au foyer capable de torturer son propre mari, Tatiana Maslany campe une galerie de personnages qui font avancer l’histoire par rebondissements successifs, qui tiennent en haleine. Entre science, inconscience, enquête policière et traits d’humours corrosifs, on attend désormais le lancement de la saison 2 annoncée pour le 19 avril.

Masters Of Sex

Comment montrer du sexe sans trop montrer de sexe ? Depuis des années, les chaînes du câble américaines, beaucoup plus libres que les grands réseaux, pimentent leur show et jouent à qui sera la plus chaude.

Show historique se déroulant à la fin des années 50, Masters Of Sex ne parle que de sexe et réussit à suggérer plus qu’à montrer. Biopic romancé des chercheurs William Masters et Virginia Johnson, pionniers de la recherche sur la sexualité, des raisons physiologiques du plaisir aux dysfonctionnements divers, Masters Of Sex est surtout une restitution fidèle de l’Amérique blanche coincée de la fin des 50’s. Sexualité, place des femmes dans la société, racisme, homosexualité… la série, avec ses faux airs de Mad Men, témoigne d’une époque figée dans ses préjugés, où le concept même de recherche en matière de sexe est assimilé à de la pornographie.

Magistralement interprété par Michael Sheen et Lizzy Caplan dans les rôles principaux, Masters Of Sex est un drama intelligent, bien plus fin que le sujet initial aurait pu le faire penser et à la délicieuse ambiance surrannée. Saison 2 à suivre dès le 13 juillet.

24

Incroyable, Jack “Damn It” Bauer est de retour. Quatre ans après la fin de sa huitième saison, 24 (24 Heures chrono en France) effectuera un dernier tour de piste dès le 5 mai prochain avec 12 nouveaux épisodes, intitulés "24 : Live Another Day". Symbole des années Bush, ode à la torture, à la violence et aux geeks (tout ça à la fois), on a tout écrit sur 24, l’une des premières séries qui a rendu les téléspectateurs français accros aux séries TV et institué le binge watching, cette pratique qui consiste à s’enfiler tous les épisodes d’un coup lors de marathon TV.

Pour mémoire, l’action des 24 épisodes de 24 se déroule à chaque saison sur 24 heures (logique), une heure (publicité incluse) par épisode, l’action se déroulant parfois en parallèle sur un écran splitté en deux, trois, voire quatre parties. Construite avec de multiples rebondissements et des cliffhangers impitoyables qui donnent envie de s’enquiller 24 épisodes d’un coup, une journée dans la vie de Jack Bauer équivaut en termes d’adrénaline à une centaine de vies du commun des mortels. Terriblement addictive, 24 avait connu un coup de mou sur ses dernières saisons, mais cette saison 9 ramassée sur douze épisodes devrait rejouer avec nos nerfs sans trop de difficulté.

Orange Is the New Black

Nouveau chaudron créatif du PAF américain, le service en ligne Netflix est passé à la vitesse supérieure en 2013 en produisant ses propres séries. Particularité de Netflix, les shows ne sont plus livrés 1 épisode par semaine mais tous d’un même coup. Après avoir réactivé la comédie culte Arrested Development, le site de VOD s’est fait un nom dans le monde entier avec le succès de l’implacable House Of Cards, et la très drôle Orange Is The New Black, créée par Jenji Kohan, déjà responsable des huit saisons de l’improbable et déglinguée Weeds.

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Orange Is The New Black est l'adaptation de l’autobiographie de l’Américaine Piper Kerman, condamnée à 15 mois de prison pour avoir transporté une valise d’argent et de la drogue dix ans auparavant. Un peu absurde, comique et légère, cette plongée dans le monde de la prison est aux antipodes des séries carcérales traditionnelles, et c’est ce qui fait tout son charme. Pas de violence, mais une galerie d’outsiders comme on en trouvait dans Weeds, où même les assassins n’étaient en fait que des doux dingues. Excentrique et totalement décalé, Orange Is The New Black est la série estivale par excellence, à suivre d’un bloc (ou pas), à partir du 9 juin.