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Docteur Todd, mister Terje

Docteur Todd, mister Terje

Dans quelques jours, un barbu norvégien va inonder la planète électro de son groove imparable et de ses nappes de synthés ringardo-accrocheuses. Pourtant, très peu de gens connaissent vraiment l'histoire de Todd Terje. Nous nous sommes dits qu'il valait mieux savoir à qui vous aurez affaire pendant les six prochains mois, en vous donnant quelques indices sur celui qui vous a déjà fait danser mille fois avec "Inspector Norse" et "Strandbar"... Et qui s'apprête à recommencer encore et encore.

Il fait de la “space disco”

La belle affaire, direz-vous. Plus précisément, Todd Terje est Norvégien, ce qui nous intéresse particulièrement car la space disco (cosmic-house-disco, nu-disco, tout ce que vous voulez) n’est pas pratiquée partout de la même façon. Et chez les Vikings, il se trouve qu’ils sont plusieurs à avoir développé un son presque endémique. Avec Prins Thomas ou encore Lindstrom, Todd Terje a fait partie de cette micro-scène qui allie rétrofuturisme de bon aloi et groove nordique imparable. Le genre de truc à écouter dans un club de Bergen comme sur une plage à Ibiza.

Il a une pilosité faciale intéressante

Si vous le suivez depuis la fin de la dernière décennie, vous avez peut-être en tête l’image d’un visage poupin et sacrément imberbe, qui n’aurait pas dépareillé sur une photo de famille entre Surkin et Canblaster. Todd Terje a ensuite été connu comme le porteur de moustache le plus classe de la musique électronique mondiale, en toute simplicité. En 2014, à l’aube de la sortie de It’s Album Time, il aborde une barbe fournie, comme le semi-hipster qu’il est, mais reste honnête dans ses ambitions pileuses. La paternité et l’âge de raison, sûrement.

Vous le connaissez déjà par cœur

Le premier Titre de Todd Terje a avoir atteint à coup sûr vos oreilles de clubbers s’appelle "Ragysh", et il date de 2011. Seulement, c’est loin d’être son premier méfait : il a remixé la moitié de la planète à la fin des années 2000, et a produit pas mal de titres en dehors de sa sphère musicale. “Candy” de Robbie Williams, ça vous parle ? Aux manettes, c’est lui, l’instrumental n’étant autre que “Eurodans”, son tout premier single sorti en… 2004.

Si vous n’êtes pas familier de ce hit du beau gosse anglais de service, revenons à son travail solo : c’est avec “Inspector Norse” (2012) qu’il marque les esprits de manière durable, ce morceau ayant squatté des milliers de playlists de DJ’s depuis lors. C’est bien par là que Todd Terje s’est frayé un chemin jusqu’à nous : il est aimé, voire adulé par ses pairs, qui guettent le moindre de ses hits. Après “Strandbar” en 2013 ou “Delorean Dynamite” très récemment, il va sans dire que ce type fait déjà partie de votre vie. Et que ça va continuer.

C’est un DJ hors pair

Aujourd’hui, le deejaying a beau avoir perdu de son essence originelle, il reste encore quelques pousseurs de galettes qui valent le coup d’être suivis, parce qu’ils comprennent les bases du métier : gérer la pression, raconter une histoire, guider les pas des danseurs, pour atteindre l’orgasme sonore sans avoir à caler le vu-mètre dans le rouge dès les premières minutes. Ce n’est pas pour rien si son Essential Mix est l’un des plus écoutés de l’histoire, et qu’il a fini en tête d’affiche du Pitchfork Music Festival à Paris en 2013, devant un parterre de mélomanes dont la musique électronique n’est a priori pas la première priorité. Que voulez-vous, avec le bon feeling, on fait danser n’importe qui...

Son dernier album n’est pas dancefloor

Pas uniquement, du moins. It’s Album Time fera plaisir aux fans des tubes de Todd, dont plusieurs se retrouvent dans la tracklist. Mais l’écoute de "Johnny And Mary", une excellente reprise de Robert Malmer avec Bryan Ferry au chant (oui oui) prouve que le Norvégien est capable de faire autre chose que du simple entertainment. Sans cesse retardé, par manque de temps ou perfectionnisme, ce disque a attendu son heure, avant de se trouver un temps de gestation à peu pres égal à celui du premier enfant de Todd, maintenant né depuis la fin 2013. Une manière pour le père de se retirer du music business, qui finissait par le solliciter à chaque instant, afin de composer l’œuvre la plus complète possible. Pour ce fan originel de Röyksopp, cette démarche "holiste" lui tenait à coeur. On imagine qu'il touchera celui de ses nombreux fans le mois prochain, vu comment il est parti.

It's Album Time (Olsen Records)

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