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Frànçois: "Avec les Atlas Mountains, c'est comme être en couple"

Frànçois: "Avec les Atlas Mountains, c'est comme être en couple"

L'album de Frànçois And The Atlas Mountains sort aujourd'hui. Pour l'occasion, nous avons parlé forêts, pizza et métro avec le chanteur François Marry.

Frànçois And The Atlas Mountains, c'est François Marry flanqué de Pierre Loustaunau, le leader de Petit Fantôme dans lequel officie également François, ainsi qu'Amaury Ranger et Gérard Black, du groupe Archipel. Une fine équipe made in Bordeaux -tous font partie ou gravitent autour du collectif bordelais Iceberg- bien décidée à répandre une pop chantée en français. On a rencontré ce fameux François Marry, dont la trombine est affichée sur tous les kiosques et qui adore poser lui même les questions pendant l'interview.

Le premier extrait de leur nouveau (et sixième) disque, « La Vérité », met du baume au cœur et de l'énergie dans les gambettes. Mais Piano Ombre, qui sort aujourd'hui, ce n'est pas que ça : nostalgie, romantisme désabusé... Le disque porte bien son nom.

Tu squattes trois couvertures de magazine en même temps (Tsugi, Magic, Les Inrocks), as donné une foule d'interviews... Comment ça se gère quand on est (paraît-il), un grand timide ?

C'est vrai que ça fait beaucoup, mais c'est mon label Domino qui organise tout, c'est déjà ça. Ensuite, je ne fais que répondre à des questions, ce n'est pas trop compliqué ! Et puis j'évite de lire ce qu'on a écrit sur moi, vu que je sais déjà ce que j'ai raconté. Peut-être que je me rends pas vraiment compte. 

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Tu es encore une fois accompagné par tes Atlas Mountains...

Oui, et je me suis énormément reposé sur eux pendant l'enregistrement, heureusement parce que ça a été très rapide ! (Piano Ombre a été enregistré en 10 jours dans un studio vers Bordeaux, ndlr) Ils sont vraiment très doués, d'excellents musiciens, alors je les laisse faire, c'est d'autant plus spontané. Je leur ai donné plus de liberté que sur E Volo Love, l'album précédent, parce que je n'avais pas besoin d'intervenir : ils savent exactement ce qu'il faut faire. C'est comme dans un couple, quand t'es depuis trois ou quatre ans avec ton copain ou ta copine, tu n'as pas besoin qu'il te dise quoique ce soit pour comprendre qu'il ou elle préférerait plutôt manger une pizza qu'un japonais. C'est pareil ! (rires)

Et pour la première fois, vous avez fait appel à un producteur, Ash Workman, qui a travaillé avec Metronomy sur l'album English Riviera. Pourquoi avoir décidé de passer le cap ?

Au bout d'un moment il faut réussir à faire confiance à quelqu'un qui connaît bien mieux son boulot que toi : en l'occurrence, Ash est un très bon ingénieur et on avait besoin d'aide pour la technique. Il ne nous a pas dit quoi faire ou ne pas faire, il n'était pas trop intrusif, mais a apporté un regard neuf et concret. C'est agréable quand tu as le nez dans tes morceaux depuis des semaines, voire des mois.

Piano Ombre est à la fois yéyé et transe, parfois naïf et parfois psyché. Où se placent tes goûts entre ces deux univers ?

Pile-poil entre les deux, ça dépendra à quelle heure tu me croises. Un dimanche après-midi, je peux être yéyé. Mais la veille au soir, je suis plutôt transe. Quoique l'électro que j'écoute est souvent très calme. Je suis par exemple très fan du dernier album de Jon Hopkins, Immunity, c'est le l'électro très posée.

En 2006, tu as sorti un album appelé Forests Songs. Piano Ombre commence par le titre « Bois ». Qu'est-ce qui t'attire dans l'imaginaire des forêts ?

C'est quoi la forêt pour toi ?

Un endroit qui peut être effrayant car on n'en connaît pas la sortie, mais suffisamment dense et familier pour être rassurant. Et toi ?

Pareil.

Tu m'as volé ma réponse...

J'ai pas le droit ? (rires) Non, plus sérieusement il y a de ça dans l'album, un mélange entre la peur et quelque chose de plus confortable. Mais j'aime laisser les interprétations libres, vu que tout est très autobiographique, il faut que je réussisse à faire naître des images dans la tête des gens.

Piano Ombre est également moins porté sur l'amour que E Volo Love, ton précédent album. Il est un peu plus sombre et désabusé. Te changes-tu en « François sans foi ni loi », comme tu le chantes dans le morceau « Le Fille aux cheveux de soie » ?

Je ne me sens pas forcément désabusé par rapport à l'amour en général, mais cet album ressemble à celui que j'étais quand je l'ai écrit. Pour moi, c'est toujours le cas. Un album, c'est un instantané très personnel, ces morceaux ne correspondent pas exactement à ce que je serai dans deux mois. Et en l'occurrence, je me découvre pas aussi doux et gentil qu'on ne le dit. Je suis le genre de mec qui râle et qui pousse quand le métro est plein. La première fois que j'ai fait ça, je ne me suis pas reconnu. (rires)

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Piano Inondable – E Volo Love – Piano Ombre : c'est une trilogie ?

Ça s'est imposé comme ça, mais je ne l'avais pas forcément prévu au départ. Mais comme ces albums suivent mon évolution, oui, ça ressemble bien à une trilogie.

Et du coup, que se passera-t-il après ?

Aucune idée ! Tu sais ce que tu vas faire dans deux ans ? Je ne suis sûr que d'une chose : on va partir en tournée avec les Atlas Mountains, certainement jusqu'à la fin de l'année.

Tu as pas mal galéré avant de percer dans la musique. Un conseil pour nos apprentis musiciens Green Room Session ?

C'est vrai que j'ai mis un peu de temps avant de considérer que je m'en « sortais » (François a notamment été prof de français à Londres, ndlr.). Un seul conseil : sentez votre instrument, allez à des concerts, voyagez, rencontrez des gens. En gros, il faut se nourrir.

Pas mal. Tu es prêt à passer notre entretien d'embauche. Ta plus grande qualité ?

Je pense être assez patient.

Ton plus grand défaut ?

J'ai beaucoup de mal à retenir des trucs qui ne m'intéressent pas, même s'il faudrait que je le sache. Par exemple, je n'aime pas le foot. Du coup, je suis incapable de connaître le nom des joueurs et des équipes. Ce qui peut être compliqué dans certaines conversations !