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Album de la semaine : Black Lips – Underneath The Rainbow

Album de la semaine : Black Lips – Underneath The Rainbow

Le flamboyant quatuor américain amorce un virage un poil bluesy... sans le finir complètement. Pas de panique cependant : la maîtrise reste au rendez-vous.

Trois ans que leur rock nerveux aux gros accents psyché n'avait pas fait son chemin jusqu'à nos oreilles. Black Lips, c'est typiquement le groupe qui choisit son moment pour revenir, quitte à faire languir ses fans, qui ont intérêt à survivre à la disette de bon garage rock en ces années de domination électro pop. Si l'attente a été longue, le dénouement sera d'autant plus salvateur pour ceux qui n'ont pas totalement accroché à Arabia Mountain, l'album précédent des Black Lips, plus pop (et propre) que ses prédécesseurs. Une réussite totale, mais un manque de sueur et de cambouis qui aura été remarqué dans les rangs du fond. Pas de frayeur ce coup-là pour les puristes. Après, de là à être excellent, il y a un pas que ce disque ne franchit qu'à moitié.

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Déjà, à la prod', un Black Keys à la place de Mark Ronson, ça promet un son bluesy sudiste qui colle a priori avec l'âme du groupe. On confirme, Underneath The Rainbow n'est pas clinique pour deux sous, et c'est très bien comme ça. C'est à ce moment-là qu'on peut se poser la question qui tue : les Black Lips ont-ils intérêt à se jeter dans l'enfer du Sud, eux à qui l'abrasion va si bien ? Réponse ? Oui et non. De cet album transpire une volonté transversale, celle de donner un vrai sens à la composition tout au long de ses 13 pistes. Et c'est réussi la plupart du temps : "Boys In The Wood" ou "Dandelion Dust" réussissent à sonner Black Lips tout en se donnant une belle couleur Louisiane. Mais le plus pop "Funny" ou le presque Stoogien "Dorner Party", qui respirent la gniaque endémique de ce quatuor pas comme les autres sont finalement les points forts d'un disque qui, s'il file dans une direction intéressante, sonne parfois comme un changement de costume pas tout à fait fini. Dont on préfère les vieilles bottes plutôt que le nouveau chapeau.