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Sifflets, porte-clés et chocolat : l'industrie musicale et ses gadgets promo

Sifflets, porte-clés et chocolat : l'industrie musicale et ses gadgets promo

Les fans et les journalistes le savent : de nombreux objets plus ou moins utiles ont longtemps accompagné les campagnes promotionnelles de sorties d'albums. Souvenons-nous.

Fidèle lecteur de Green Room Session, vous n’êtes pas sans savoir que le disque est en crise, que les artistes ne vendent plus, que le streaming c’est pas encore ça, et que grosso modo, c’est un joyeux bordel. Malgré tout, l’espoir est là, et parfois, il est encore accompagné d’un sifflet Chemical Brothers ou d’un puzzle Rubin Steiner. Oui, les goodies qui accompagnent le CD promo valent souvent plus que le disque lui-même. Petit tour d’horizon de ces moments où le label s’est un peu oublié pour faire la promo de ses disques.

Le disque en chocolat de Gonzales

chocoParu en avril 2008, ce single du fou dingue Gonzales, avant de devenir la musique d’une publicité pour les sandwiches, était déjà intimement lié aux plaisirs de la table. Gros craquage de la part de Mercury, et vraie idée un peu dingue : éditer ce vinyle en chocolat. Qui se mange, peut être réellement écouté environ quatre ou cinq fois, et surtout, n’a été édité qu’à une centaine d’exemplaires (Breakbot n'a donc rien inventé). Nourriture toujours, Disney lança il y a quelques années sur le marché américain des avocats High School Musical. Parce que les jeunes américains ne mangent pas assez sainement, certes, mais surtout que s’ils peuvent le faire en ayant sous les yeux le joli minois de Zac Efron, et bien tant mieux. Balèze, Mickey. Et toujours plus sain que les bonbons Katy Perry, qui elle-même s’habille régulièrement en guimauve pour enregistrer les siennes (de guimauves).

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Le calendrier avec des gens tout nus de Alex C.

La chanson s’appelle “The Sweetest Ass In The World” (une traduction ?), quoi de plus naturel donc, pour Alex Christensen alias Alex C (alias un producteur allemand de très mauvais goût un brin pimp sur les bords), d’éditer un calendrier remplis de fesses rebondies et de corps à demi nus. Pour de nombreux "fans", l’objet du délit a évidemment eu davantage d’intérêt que la chanson en question. C’était le but.

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Le mini-ampli des Killers

killersampAvant d’être les fameux rockeurs de stade que l’on aime détester, les Killers étaient ces fameux rockeurs de stade que l’on détestait aimer. Une époque pas si lointaine (2008) où le quatuor de Las Vegas savait encore écrire des tubes. Afin de promouvoir leur troisième album, Day And Age, le label Island a mis les grands plats dans des plats encore plus grands en envoyant à une poignée de journalistes de marque des mini-amplis Marshall pour guitare électrique à effigie du groupe de Brandon Flowers. Et qui fonctionnent. Un objet rare et peu demandé aujourd’hui, mais rare tout de même, comme les fans des Killers. Dans le même genre, le sifflet des Chemical Brothers édité et distribué au moment de la sortie de la bande originale de Hanna (et son titre “Whistle Song”) permettrait de communiquer avec les dauphins.

Le "taquin" de Rubin Steiner

boscoOn se rappelle tous de ces mini-puzzles en plastique dont on fait coulisser les cases pour reconstituer une image, appelés également "pousse-pousse"... Le label de Rubin Steiner, Platinum Records, a donc voulu faire appel à l'esprit joueur des journalistes et des fans en leur proposant de reconstituer la pochette d'un de ses albums. Dans le délire ludique, le même label, back to the 90's, avait glissé dans les enveloppes promo d'un album de Bosco des mini-samplers porte-clé, qui enregistrent et jouent un micro-extrait de voix. On imagine le nombre d'utilisations de la chose en fin de soirée, et l'impact sur la fan-base.

Le t-shirt du Elastic No-No Band

goodiesQui, franchement, en 2014, se souvient de cette pénible scène identifiée comme “anti folk” ? Pas grand monde. Petite curiosité à part, le Elastic No-No Band n’est pas juste un groupe de joyeux débiles avec un nom un peu stupide. C’est un groupe de joyeux débiles avec un nom un peu stupide et de la suite dans les idées. Pour promouvoir leur single “I Am Klaus Kinski (And This Is My Song)”, les New-Yorkais offrirent aux journalistes pourtant pas vraiment demandeurs un horrible t-shirt à l’effigie du comédien allemand. Anti-folk et anti-mode.

Les capotes de Bob Sinclar

En 2013, Bob Sinclar tenta un dernier coup de poker pour récupérer ses fans et sa gloire d’antan. L’album s’appelle Paris By Night, il paraîtrait que ce n’est pas si horrible, mais passons. Pas de second souffle pour le DJ français, dépassé dans les clubs et les coeurs par David et Martin, mais ce n’est pas faute d’avoir essayé. “Far L’amore” (ça veut dire faire des choses sous la couette) pouvait s’écouter un préservatif à la main. Au cas où l’open-space deviendrait très très chaud. Dans le même genre, il y avait les capotes du boys band JLS. Dont la carrière n’a pas dépassé la durée d’usage du produit en question. Amour toujours, les Daft Punk se sont associés avec Durex pour des préservatifs Get Lucky en édition limitée… sauf que non, ce n’est pas eux en fait. Ou peut-être que si. Mystère et caoutchouc.