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Lana Del Rey : Born To Die

Lana Del Rey : Born To Die

Lizzy Grant sortait son premier album de folk en 2010 sur un label indé dans l’indifférence la plus totale. Deux ans plus tard, à 25 ans et sous l’alias Lana Del Rey, la sortie de l’album “Born To Die” le 31 janvier est devenu l’événement musical de ce début d’année. 

Enfin ! Les débats sur les diplômes obtenus par son chirurgien esthétique vont pouvoir laisser place à des discussions passionnées sur le résultat final de son lifting musical. Depuis son clip Do It pour Video Games, le succès de Lana a enflé aussi miraculeusement que ses lèvres pulpeuses. Mais aussi sûr qu'un coup de bistouri n’a jamais empêché de vendre des disques, une production mise entre de mauvaises mains peut aussi être fatale à une star montante. La fragilité de la gloire de Lana Del Rey n’est donc plus à prouver : parodies et haters remettent en question la légitimité d’un tel engouement pour elle. Et ça ne s’est pas arrangée, quand, comme extirpée du monde virtuel de youtube, elle a été propulsée précocement sur l’intimidant plateau de Saturday Night Live. La trouille au ventre remontait jusque dans ses cordes vocales et son malaise aura été un vrai régal pour tous ses détracteurs. Et voici que la place vacante laissée par Amy Winehouse lui est attribuée d’office : elle est la nouvelle diva imprévisible, moins avinée et moins bien rodée que la Wino avant elle. Lana Del Rey a pourtant elle aussi une version 2.0. de la soul à offrir et c’est certainement ce qui explique que ses fans se laissent charmer par ses performances sur le fil, loin des playbacks et des vocoders qui nous font croire qu’en 2012, des robots sont aux manettes de la pop music. La petite folkeuse a bien compris sa leçon avec le flop de son premier album et s’est entourée de producteurs hip-hop, sous l’aile du label Interscope - la famille clinquante de Lady Gaga, Dr Dre ou encore Black Eyed Peas. La tragédienne joue donc son rôle sur fond de r’n’b sur Blue Jeans ou sur This Is What Makes Us Girls.

Très loin de l’indie qui lui a permis d'écrire ses premières éloges. Lana Del Rey, qui avait d'ailleurs mâché le travail à la presse en inventant les expressions Gangsta Nancy Sinatra ou Hollywood Sadcore pour se décrire, ne nous aura plus aussi facilement. Et le retour de bâton a déjà commencé sévèrement avec les soupçons pour plagiat d’un titre grec qui ressemble de loin à Video Games. Mais ça ne suffira pas pour l’achever : car si des musiciens sont devenus légendaires grâce à leur musique, Lana Del Rey a fait les choses à l’envers, bâtissant assez solidement sa légende avant de nous faire vraiment découvrir ce qu'était sa musique. Le 31 janvier, le public, s’il en a vraiment la curiosité, pourra découvrir en intégralité l’album de Lana Del Rey. Ce sera un peu comme ouvrir l’emballage dans lequel on l’observe figée depuis des mois déjà. Et si "Born To Die" ne fonctionne pas, alors sa biographie sur Twitter lui fera un épitaphe d’une incroyable ironie :”Tout ce que je veux, je l’obtiens. Argent, notoriété et Rivieras. Je crois même avoir trouvé Dieu, dans les flashs de vos jolis appareil photos.” Des flashs qui aveuglent tout le monde, mais surtout elle.

C.L.

http://www.lanadelrey.com/