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Les "do's & don'ts" pour devenir DJ-star

Les "do's & don'ts" pour devenir DJ-star

Si votre objectif est de régner sur la scène DJ française en 2014, ce guide pourrait vous servir.

À une époque où tout le monde peut potentiellement devenir DJ en moins d'une heure, la technique ne suffit plus pour se démarquer, et si vos ambitions vous poussent à vouloir sortir de l'ombre à tout prix, il faut évidemment respecter certains codes. Et éviter un paquet d'autres choses également, dans votre sélec' comme dans votre attitude. On va vous prendre par la main, il serait dommage de déraper trop vite.

 

Do's

Maîtriser son outil

Cela va de soi, vous croyez ? Pas pour tout le monde. Si vous n’avez jamais essayé de mixer, faites l’acquisition d’une surface de contrôle USB bien rutilante et commencez à bidouiller vos morceaux de techno favoris. En une heure, vous aurez compris à quoi sert le bouton “sync”, nos applaudissements. Il est maintenant temps de prendre moult semaines supplémentaires pour saisir toutes les options qu’on vous offre, peaufiner vos enchaînements, tenter d’être créatif… Bref, ce n’est pas parce que la technologie vous mâche le boulot que les choses se font toutes seules. Ici se trouve une clé importante de la réussite, qui vous permettra d’acquérir une chose qui manque à beaucoup d’aspirants DJ aujourd’hui : le style.

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Toujours connaître l'emplacement du bouton de volume, déjà.

 

Savoir être décontracté

En tant que clubber, vous avez déjà pu observer un panel de comportements assez varié derrière le DJ booth. Certains platinistes se la jouent fêlés en bougeant comme des acharnés, d’autres restent stoiques, certains communiquent avec la foule, et un gros paquet se contentent de faire leur truc sans trop penser à ce genre de questions. Le DJ que vous ne voulez pas être, c’est le type coincé qui panique à chaque fois qu’il tourne un potard, de peur de se planter (pour régler ce genre de problème, retour au point précédent). Plus vous aurez l’air de prendre du plaisir sans forcer, plus cela se ressentira dans la qualité de vos sets, ainsi que dans l’ambiance générale de la salle.

 

Claquer des bises au bon moment

Ça y est, vous avez fini votre premier DJ-set d’envergure, en début de soirée dans un club branché. Forcément, vous êtes content d’avoir fini, la tension redescend un poil, sauf que non : vous allez devoir donner dans les relations publiques. Dire merci aux clubbeurs qui vous félicitent, discuter quelques temps avec le directeur artistique du club de manière décontractée (sans penser à un potentiel enjeu, donc), et serrer les mains qui s’offrent à vous, voilà votre mission. Qui est plus galère qu’elle en a l’air au premier abord, mais qui vous apportera, si toutefois vous réussissez à jouer le jeu, des bons contacts dans le milieu sans que vous vous en rendiez compte.

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Pour une place de DJ résident à Marne-la-Vallée ?

 

Avoir un morceau fétiche que personne ne connaît

Alors là, si vous réussissez à couper le souffle d’une partie du public avec un tube underground sorti la veille sur un label fondé dimanche dernier, vous pouvez marquer un gros point. C’est tout bête, mais on n’attend pas d’un DJ qu’il nous passe du Disclosure (enfin un peu quand même parfois), mais qu’il nous fasse danser avec de la musique qui déclenche en nous la production d’endorphines, qui nous donnent du bien-être. Et se faire souffler par un morceau sorti de nulle part par celui qui contrôle les platines, c’est un plaisir que nous autres, clubbers, avons rarement le droit de goûter. Sans parler de ceux à qui vous aller claquer la bise à la fin, donc.

Cet été, "Strandbar" de Todd Terje a joué ce rôle pendant au moins 3 semaines. Fallait pas louper le créneau !

 

Penser à se saper correctement

N’est pas Aphex Twin qui veut : si vous voulez vous pointer en jean rapiécé / t-shirt attrapé en dessous de la pile à vos DJ-sets, vous avez intérêt d’être sacrément génial. Sinon, on risque tout naturellement de vous prendre pour un touriste. Brodinski et Paul Kalkbrenner, dans deux styles radicalement différents, ont réussi à installer leur gimmick vestimentaire, et le public a accroché. Pourquoi pas vous ? Alors oui, il va falloir entrer dans un magasin de fringues, mais on parie que vous allez y arriver.

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Aphex Twin, presque bien habillé.

 

Don’ts

Enchaîner les instagrams à la Richie Hawtin

Vous avez Instagram ? Oui ? Un seul conseil : retenez-vous à chaque fois que vous hésitez à poster cette magnifique photo de vous en train de faire un brofist à Julio Bashmore que vous avez croisé dans les backstages. Cette hésitation est saine, écoutez-là à chaque-fois, cela vous évitera de passer pour un wannabe narcissique. Tant que vous n’avez pas joué devant une scène de 10 000 personnes, personne ne s’intéressera à votre petit dej’, vu ?

Vraiment, non.

 

Jouer les DJ’s mystère

Oui, il y a des exceptions, mais vous remarquerez sans peine que le pourcentage de DJ’s qui jouent à celui qui dira le moins de trucs possible dans les médias est somme toute assez maigre, tout autant que celui de DJ's masqués et crédibles à la fois. Le Bonbon, un webzine de niche ou une Radio Campus vous propose une interview ? Oui, trois fois oui. Cela vous donnera l’occase de prouver que vous n’êtes pas interchangeable et que vous avez une esthétique à défendre, autre que celle de "celui/celle" qui est au-dessus de tout ça". Mais commencez à dire non à ces choses-là et vous allez vous retrouver à dire “j’ai presque réussi à copier Gesaffelstein” en dîner de famille à 30 ans.

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ƱZ, un vrai bad boy. Vous écoutez ce qu'il fait ? Nous, on a arrêté.

 

Se prendre trop vite pour une rock star

La vie rapide, les déviances, les chambres d’hôtel ravagées et les caprices à la Axl Rose, c’est le genre d’attitude que le quidam moyen adore découvrir dans un bon bouquin sur l’histoire du rock. Et même si vous croyez mériter un nom de rue dans votre ville natale, se comporter comme Sid Vicious lors de vos prestations, à votre retour au Mercure à côté de la gare SNCF d’Angoulême ou devant la GoPro d’un étudiant en cinéma ne vous donnera probablement pas satisfaction.

 

Envoyer des courriers de 30 pages à toutes les salles de concert

Normalement, à ce stade, vous avez compris que devenir DJ, ce n’est pas comme chercher un boulot : c’est une histoire de passion et de rencontres avant tout. Ne vous fatiguez pas à envoyer des courriers épais comme des bottins aux programmateurs de salles, en leur expliquant que votre passion pour le DJing a pris forme quand vous avez vu votre oncle scratcher du Maxime Le Forestier sur la platine familiale à Noël 1991. C’est ab-so-lu-ment inutile. Sauf si, éventuellement, vous voulez tenter l’approche par l’humour ou la pitié.

 

lettre

 

Exemple de ce qu'il ne faut pas faire, en aucun cas.

 

Se vendre comme “le nouveau/la nouvelle”

Il n’y a rien de pire qu’un p’tit jeune qui démarre, autoproclamé comme la relève parfaite d’Agoria ou de Para One. Ce genre de formules éculées doit rester l’apanage des journalistes, et ils risquent de trouver pénible qu’on pique leur idées. De plus, vous venez de commencer et vous voulez déjà ressembler à quelqu’un d’installé ? Le public vous attend sur un autre terrain, à vous de squatter l’espace et d’être innovant !