JE RECHERCHE
Noir Désir : Soyons désinvoltes, n'ayons l'air de rien

Noir Désir : Soyons désinvoltes, n'ayons l'air de rien

Au-delà de la compilation d’incontournables et de la collection de reprises, remixes et collaborations (dont le retour de 2010 Gagnant/Perdant n’a pas été gardé au montage, si ça c’est pas de l’aveu), il se déroule en effet sur ce DVD 2h30 d’images surprenantes. Réalisez : à quoi bon compiler les archives télé d’un groupe qui a fait sa carrière en refusant d’y apparaître ? Les trois exhaustifs passages sont donc là à côté des 16 clips qui furent leurs doublures habituelles. Pour prouver quoi ? Que ce groupe aujourd’hui boudé de la nouvelle génération (même à la Fête de la Musique plus personne ne reprend L’Homme pressé ou Marlène) a bel et bien existé. 22 ans de pellicule en 5 émissions impossibles, voici notre story Noir Désir :

 

1986 : Les Enfants du Rock rencontre des mômes des quatre coins de l’hexagone qui tous veulent éviter de finir à l’usine Peugeot. Parmi eux, deux groupes unis à la ville comme à la scène Rébéka et Noirs Désirs au chanteur taiseux et timide. “Je rentre pas le soir, je fais la fête” lâche-t-il enfin. Il faut le voir pour le croire.

1990 : Suite à leur tube Aux sombres héros de la mer, Noir Désir (au singulier) est invité sur le plateau de Champs Elysées à jouer en playback. Les écorchés nagent entre le ridicule et la gêne, et le groupe refusera les interviews face caméra jusqu’aux Eurockéennes de 1997. Là sur les rives, les justifications feront rire ; jaune.

1992 : Venu jouer l’incontournable tornade Tostaky au Cercle De Minuit, Cantat perd les pédales quand Michel Field l’apostrophe en affirmant ne rien comprendre aux paroles. Trop intello et gueulard à la fois ? C’est du rock français on vous dit.

1996: Pour ne pas perdre pied dans un monde pressé Noir Désir sort un album de remixes et enregistre des reprises de Brel, Leonard Cohen et Bashung. Être partout mais ne se montrer nulle part, c’est aussi enregistrer Septembre en attendant torses nus dans son jardin et sortir des pubs TV pour “666.667 Club”...

2002: Au tournant de la décennie le groupe est copié, recopié. Pour saborder ça, quoi de mieux que de venir récupérer ses victoires de la musique en mains propres pour pourrir en direct sa major et le maître du monde. Jean-Marie Messier n’en reviendra pas ; Cantat lui a joué à l’envers et à l’endroit où il faut.

Après ? Les images ne sont que menottes, coffrets lives, et participations décevantes (de Shakaponk à Bashung) et de politisation inutile dans un monde qui ne veut que danser. Noir Désir n’est plus, quelqu’un a rallumé la lumière. Remettons-nous plutôt le film.

Noir Désir // Anthologie Soyons désinvoltes n'ayons l'air de rien // Barclay (Universal)