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Les scandales des Victoires de la Musique

Les scandales des Victoires de la Musique

Avis aux déprimés de la Saint-Valentin, le 14 février prochain se tiendront les 29ème Victoires de la Musique. On peut déjà parier sur une razzia de Stromae. Sauf que l’édition 2014 a déjà fait grincer quelques dents : nominations hasardeuses, absence des Daft Punk… A croire que les scandales et les petites polémiques font partie intégrante des Grammys à la française.

 

Drôles de catégories…

Stupeur en 1992 : MC Solaar est couronné comme groupe de l’année. Si Claude M’Barali scande "Appelle-moi play-boy, ex-cowboy qui destroye / Schizophrénique" dans "Le Cinquième As", on ne savait pas que le rappeur était… Multiple. On vous rassure, non, MC Solaar n’est pas un groupe, pas de complot à la "Da Vinci Claude".

Même situation en 1993 quand Robert Charlebois est sacré en musiques du monde. On a vu plus exotique. Surprise également quand Clandestino et Proxima Estacion Esperanza de Manu Chao sont récompensés en 1999 et 2002 dans la catégorie "musiques traditionnelles et musique du monde".

 

Pauvre Jordy !

Jordy Lemoine est un blondinet de quatre ans quand sort le tube "Dur, dur d’être un bébé !", écoulé à 6 millions d’exemplaires. Enfant-star, puis jeune homme maigrelet dans "La Ferme des Célébrités II", auteur d’un livre sur sa fortune dilapidée par son père… On connaît tous, un peu malgré nous, les aventures médiatiques de Jordy. Sauf que beaucoup ont oublié pourquoi l’activité du chanteur en herbe s’est brusquement ralentie. Le drame se passe en 1994. Le garçon a 6 ans, regarde les Victoires de la Musique avec maman, entend son nom à la télévision et… Des huées, malgré l'obtention d'une fameuse Victoire. Sifflements dans la foule face au sobriquet d’un chanteur encore bébé, qui n'a à priori rien à faire dans une cérémonie censée adouber la musique de qualité. Fin de carrière.

jordy

 

L’affaire Stephend

Oubliée aujourd’hui, la chanteuse Stephend a gagné une Victoire de la Musique en 1996, dans la catégorie "révélation de l’année", face à une Ophélie Winter au zénith de sa carrière. Le problème, c’est qu’elle n’était pas plus connue à l’époque ! CV : des premières parties de Michel Sardou et un concert au Café de la Danse. Son album avait même été retiré de la vente quelques mois plus tôt après un cuisant échec commercial. Le scandale explose quand on découvre que son producteur n’est autre que l’associé de Claude Fléouter, alors producteur exécutif des Victoires. Malaise.

 

Des discours qui dérangent

Quand en 2002 Noir Désir remporte la Victoire de l’album rock de l’année pour Des Visages Des Figures, le discours de Bertrand Cantat met un froid. Déjà, il a l’air de n’accorder aucune importance à ce prix ("C’est quoi déjà ?"). Mais il n’était pas là pour la statuette : la cérémonie offre une bonne audience et a l’immense avantage d’être en direct. Après avoir précisé que "ce n’est pas trop notre truc ce genre de manifestation", Cantat lit une lettre adressée à Jean-Marie Messier, alors patron de Vivendi Universal. Assassin, le texte ressemble à s’y méprendre aux billets durs signés Christophe Conte dans les Inrocks. "Si nous sommes de la même planète, nous ne sommes pas du même monde", conclut le chanteur après avoir longuement parlé profits à outrance ou récupération du nom Noir Désir, le tout devant un présentateur, Jean-Luc Delarue, complètement paumé. Pour voir la vidéo, c'est par ici. Mais les Victoires ne sont pas rancunières, Horizons, de Détroit (le nouveau projet de Bertrand Cantat), est nominé cette année dans la catégorie album rock.

Moins direct, Saez fera une apparition remarquée en 2000, quand il balance "trop de merde à la télévision" dans un remix rock français de "Stan" de Eminem ft. Dido. Rebelote en 2009 avec un discours anticonsumériste.

 

L’édition 2014 

Des jours avant la diffusion de ces Victoires de la Musique, le programme est déjà entaché : LE carton français de l’année n’est même pas nominé. Les Daft Punk auraient tout simplement refusé d’être sélectionnés, ne s’étant pas gênés pour assister et jouer aux Grammy Awards (bien qu’on ne soit pas sûr de l’identité exacte des hommes sous les casques). Il y a quelques jours, BFM Télé a annoncé qu’ils pourraient être "invités d’honneur", après Sting, Ray Charles ou Stevie Wonder. Un beau tapis rouge déroulé pour ceux qui ont dit non à la catégorie "musique électronique ou dance". Ils auraient concouru aux côtés de Kavinsky, Gesaffelstein et Elephanz, un groupe de… Pop.