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Album de la semaine : Bibio - The Green Ep

Album de la semaine : Bibio - The Green Ep

Stephen Wilkinson est infatigable. Après un album qui nous avait ravi cet été, Silver Wilkinson, il revient déjà avec un nouvel EP, The Green.

Bibio a beau avoir presque une dizaine d'album à son actif, la plupart de ses sorties réussissent à nous faire l'effet d'une petite brise.

Après des débuts rafraîchissant, bucoliques et bricolés, Bibio avait pris un tournant beaucoup plus urbain. Le multi-instrumentiste troquait les guitares tournoyantes et les sons venus du fond d'une vieille cabane en bois pour des instrumentations plus acérées et des sonorités beaucoup plus hip hop. Le dernier album en revanche plantait la campagne dans la ville, ou vice versa, et tentait l'équilibre entre grands espaces et acuité citadine. Le tube "A tout à l'heure", en français dans le texte, faisait la synthèse parfaite entre une écriture ultra efficace et une légèreté à toute épreuve. L'abstract hip hop se mariait au folk pour barbu dans une synthèse originale.

The Green Ep, lui, annonce d'emblée la couleur : Bibio entame un retour aux sources. Effectivement, le disque sonne comme s'il avait été enregistré dans une vieille maison en pierres, au milieu d'une campagne anglaise luxuriante. On entend d'ailleurs presque les flammes de la cheminée qui crépitent ("Down To The Sound"). Le disque est pourtant loin de ressembler à un nième disque de folk un peu mielleux (ou dépressif, c'est selon). Les instrumentations en mille feuilles sont trop riches pour se laisser cataloguer si facilement. Les morceaux comme "Carbon Wulf" ou "A Thousand Syllabes" nous posent bien des atmosphères un peu sombres et presque humides, mais sont surtout de véritables paysages sonores. Bibio fait ici les choses en grand : violons, guitares acoustiques, travail sur les voix et les bruits...on se laisse littéralement porter.

 Pourtant ce sont bien les morceaux plus légers qui font la partie la plus intéressante du disque.  Les titres comme "K is for Kelson", avec leur mélodie chantée et leurs percussions nous décrochent un sourire bienveillant. Toujours à la limite du pur format pop sans jamais nous faire fredonner vraiment, Bibio excelle dans cet entre deux. L'entre deux, il en joue aussi dans la texture même de l'EP : entre guitares venues d'une chambre poussiéreuse et sons bidouillés, l'électronique épouse la verdure. Même si c'est bien cette dernière qui domine sans s'imposer. S'il suffit à Bibio de 6 titres pour nous faire découvrir des territoires encore en friches,  nous faudra quant à nous plusieurs écoutes pour en faire la cartographie . Pour un début de semaine, on en demandait pas tant !