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Album de la semaine : Warpaint

Album de la semaine : Warpaint

Les quatre filles de Warpaint confirment leur talent avec un second album original qui les mène aux sommets.

Le jour de la Saint-Valentin de l'année 2004, quelque part dans l'état de Californie, quatre Américaines décident de monter un groupe : Warpaint est né. L'histoire débute réellement trois ans plus tard, à la sortie du très bon EP Exquisite Corpse, mixé par l'ancien guitariste des Red Hot Chili Peppers, John Frusciante. Le quatuor fait rapidement sensation et acquiert une certaine notoriété à Los Angeles. Entre temps, Shannyn Sossamon quitte l'aventure mais sera très vite remplacée par Stella Mozgawa à la batterie. Dans le plus grand secret, Warpaint enregistre son premier album The Fool (2010) qui révèle, auprès d'un public averti, le potentiel énorme de ces quatre filles. Après avoir gagné en assurance grâce à de nombreux concerts, Emily, Theresa, Jenny Lee et Stella reviennent avec un second album sobrement intitulé Warpaint.

Si les filles continuent d'évoluer dans un rock mélancolique, elles touchent souvent et de très près la dream-pop. Dès les premières secondes de "Intro", on comprend que le son de ce deuxième album sera sacrément plus minimaliste que le précédent, avec une présence plus forte des guitares acoustiques. Warpaint a la faculté de surprendre à tous les coups et ne passe jamais par le chemin des refrains faciles ou celui des mélodies trop simplistes.Le groupe maîtrise le songwriting et fait se perdre l'auditeur dans des eaux troubles. Il lui faut le temps d'apprivoiser et de caresser chaque morceau. Produit par Nigel Godrich (Radiohead, Pavement, Beck...) et Flood (PJ Harvey), cet album est celui de la maturité : le quatuor use et abuse de ses charmes avec des voix aériennes et des rythmiques percutantes qui nous emportent hors de la Terre.

Le single "Love Is To Die", sorti l'an dernier, est toujours aussi entraînant qu'à la première écoute. Sur les douze pistes, le seul reproche que l'on peut faire c'est une certaine monotonie dans quelques mélodies. Beaucoup de similitudes dans le traitement de la voix, dans la façon de chanter et de construire les morceaux les plus tranquilles. La voix est parfois un poil geignarde mais il y a tout de même de belles envolées. Si l'on peine à terminer l'écoute de "Teese", le morceau "Disco/very" tombe au bon moment et redonne une impulsion au disque. Dansant et envoûtant, on se laisse facilement séduire par cet ovni. On est rassuré : Warpaint est toujours possédé par cette mélancolie californienne, comme le sont d'autres groupes locaux tels que Best Coast. On adore le fragile et subtil "Drive", qui finit par nous porter à jamais dans les abysses de Warpaint. Sans aucun doute le meilleur moment de cet album.