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Album de la semaine : DJ Pone – Erratic Impulses EP

Album de la semaine : DJ Pone – Erratic Impulses EP

Le DJ/producteur membre de Birdy Nam Nam tente une incartade filmique et rétro-futuriste.

Un Birdy Nam Nam perdu chez Ed Banger Records ? Et pourquoi pas ? Non seulement nous connaissons la propension de la scène électro française à toujours monter des tonnes de projets collaboratifs et à se rendre des services, et puis si on y réfléchit, cela n'est pas si choquant que cela. Pedro Winter est fan de hip-hop old-school depuis des lustres, DJ Pone est à la base un scratcheur hors-pair, qui a fait ses armes auprès des Svinkels et dont la réputation de carboniseur de platines n'est plus à refaire. Cependant, ne vous attendez pas à de la grosse basse dans les tympans ou à du beat juggling frénétique, les quatre titres que Pone a concocté pour ce nouvel EP nommé Erratic Impulses sont bien au dessus de tout ça.

Si vous voulez une idée plus précise de ce à quoi vous attendre, embarquez plutôt dans votre Delorean et foncez voir un film de science-fiction des années 70, dont le héros serait un DJ disco un peu rêveur et bien décidé à voyager dans l'espace. Cet EP, au final, se rapproche presque davantage du krautrock filmique de Zombie Zombie que d'une démo de championnat DMC, le genre de truc auquel trop de gens s'attendent encore lorsqu'on évoque le nom de ce producteur qui s'est plutôt bien entouré sur ce coup-là. Si Gaspard Augé a apporté son expertise sur le résultat final, ce sont bien les featurings de Didaï et d'Arnaud Rebotini, deux personnalités musicales bien différentes, qui s'expriment ici. Le premier a aidé Pone à porter un morceau empreint d'une fibre rigide et sombre, nommé "Dipodaine", qui tabasse avec classe et mesure, tout en dégageant une ambiance très marquée. Sans pour autant trop s'éloigner d'une base breakbeat qui rappelle que Pone vient du hip-hop et tient à ce qu'on s'en rappelle. Pour ce qui est du leader de Blackstrobe, on imagine qu'il est à l'origine des nappes discoïdes et de la voix robotique qui servent de piliers à "Errotic Impulses", qui pourrait effectivement servir de BO à un film arty et un peu olé olé qui pourrait dépeindre la décadence des années 2050 telle qu'on l'imaginait il y a 35 ans. Oh, tiens, on dirait bien des grosses basses à la fin du morceau ? Tout vient à point à qui sait attendre.