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Trans musicales de Rennes, demandez le programme : L'interview de Jean-Louis Brossard

Trans musicales de Rennes, demandez le programme : L'interview de Jean-Louis Brossard

L’année dernière, Jean-Louis Brossard (fondateur et programmateur historique du festival, NDR) nous confiait que la découverte d’un seul artiste suffisait à lui donner envie de remonter le festival. Et cette année, ce serait qui ? « Epic Rain, un artistes islandais d’origine iranienne. Je l’ai découvert l’année dernière dans un festival à Reykjavik… J’ai mis un an pour le sortir de mon chapeau ! » Pour faire court, le bonhomme donne dans le hip hop, mais plus façon Buck 65 (grosse ressemblance vocale) qu’en mode 50 Cents. Pour faire long, monsieur préfère les banjos et les cuivres aux samplers, et s’en va voir ailleurs - folk, jazz, rock - comment il est possible d’émouvoir l’auditeur. Jusqu’à la transe ?

 

Blague à part, des artistes inconnus et talentueux comme Epic Rain, le programmateur en a plein son chapeau. Cette année, les coups de cœur de celui qui « reçoit beaucoup de disques (il en achète aussi plein ! ndlr), de liens, lit la presse étrangère » s’appellent Spank Rock, Hollie Cook (reggae sous influence The Specials), Janice Graham Band (une sorte de Clash 2.0 poussé du côté de Manchester), Breton (des anglais qui mélangent dubstep, pop et électro), Vinnie Who (electro pop made in Danemark), Numeric Ravers (deux français masqués terrorisant le dancefloor sans s’appeler Daft Punk), SBTRKT (quand le dubstep rime avec pop) ? Ces noms-là vous sont inconnus ? Ou alors peut-être un sur toute la liste, genre les rappeurs  de Spank Rock (imaginez les Roots faisant du crunk)? Normal, mister Brossard est là pour vous les faire découvrir. Et plus si affinités : « L’année dernière, après son passage aux Trans, la vie de Blitz The Ambassador a changé. Ils se sont retrouvés bookés de partout », rappelle la tête chercheuse en chef du festival.

 

« Continuer à étonner le public »

 

Ils seront donc un paquet à prétendre au titre de next big thing, étant entendu que les Trans musicales sont aujourd’hui précédées par leur réputation. Bien sûr, on parle toujours de Nirvana en 1991 mais on oublie souvent Portishead : « Leur premier concert en France c’était chez nous, devant 400 personnes. » En tout cas « on a un public à part, curieux, à moi de pas le décevoir. Je dois continuer à l’étonner », reconnaît Jean-Louis Brossard. Et pour ça, côté première en France (et en Europe), il pourra compter sur Sallie Ford & The Outside : ce petit bout de femme vient d’enterrer Moriarty en un seul disque. Ou comment de la country folk peut sonner comme du rock énervé. Enfin malgré une année encore très marquée électro, les curieux sont conviés à tendre les oreilles au passage de Jesus Christ Fashon Barbe (quel nom !) et leur dark rock made in Caen. Et si vous êtes attentif, vous pourrez peut-être croiser le programmateur dans la foule : « Je vais de concert en concert, j’aime découvrir en live les artistes que je n’ai pas découvert dans d’autres festivals. » Comme son public, quoi.

http://www.lestrans.com/