JE RECHERCHE
Surkin : USA

Surkin : USA

Quand Institubes a définitivement baissé, en mars dernier, le rideau de son usine à headliners du Social Club, on n’aurait pas parié une paire de basket qu’un long format de Surkin verrait le jour de sitôt. Depuis 2006, on surveillait pourtant ses remixes et EP, mais à l’instar de SebastiAn, son premier album menaçait surtout d’arriver bien après la bataille.

Surkin déjoue le sort en se la jouant Marty McFly sur ce premier album lancé sur son propre label, Marble, qu’il a créé avec Bobmo et Para One. Seul aux manettes, il dirige ici une petite machine à voyager dans le temps qu’il laisse zigzaguer dangereusement d’une décennie à l’autre et ses productions restent au moins stables spatialement : parquées en territoire américain, comme l’annonce le titre de son album “USA“, qui lui évitera toute étiquette french touch inappropriée. De cet apparent manque de contrôle naissent surtout quelques beaux accidents et l’intro n’est pas là pour nous rassurer mais elle a le mérite de planter le décor : ambiance FM, le bon goût n’est pas le mot d’ordre, c’est plutôt l’efficacité d’hymnes qui feront décoller les kids du sol. Love Shot est une grosse injection de disco, sur Rock It, tout gravite autour des samples hip hop dont il s’est carrément gavé ces dernières années. Surkin s’offre aussi des vocalistes qui marquaient à jamais la house de Chicago alors que lui bavait encore dans son berceau : Ann Saunderson de Inner City mais aussi Kevin Irving, au chant du classique Move Your Body en 1986. Cet hommage à la house et à la disco old-school s’exprime encore mieux sur son dément White Knight Two. Et quand il essaie d’inventer le futur, alors il faut  plutôt compter sur Silver Island qu’on écoute déjà depuis sa sortie en EP l’an dernier, et qui laisse entrevoir ce qui pourrait faire de lui un jour le producteur de Marble dont le nom serait gravé dans le marbre.

Surkin // USA // Marble 

http://www.myspace.com/surkin