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The Roots : retour aux racines, en attendant « Undun »

The Roots : retour aux racines, en attendant « Undun »

Fan de hip hop old school ou nouveau venu dans ton baggy et tes sneakers fluos, des yo plein la bouche et une casquette de travers sur ta coupe afro, marque cette date sur ton calendrier : le 6 décembre, The Roots is back dans les bacs avec "Undun", album concept narrant la vie de Redford Stephens (1974-1999), mais à l’envers. Soit de la tombe au berceau. Pas glop ? C’est que Questlove (batterie) et Blackthought (mic), les deux membres fondateurs de ce crew à rallonge, ont d’autres chats à fouetter : les caisses bouffies de tuning, les bimbos en string siliconées et les liasses de dollars dépassant du blouson à capuche, très peu pour eux. Après plus de 20 ans de carrière, ils ont placé leur douzième album sous le signe de la confrontation « du libre arbitre et de la fatalité », dixit Questlove. Fans de Schopenhauer, nos rappeurs ? Disons plutôt qu’ils ont choisi de rapper avec leurs cerveaux. Et ça ne date pas d’hier. La preuve avec Distorsion To Static, extait de Do You Want More ?!!!??! (1994):

 

L’occasion de rappeler que chez les Roots, samplers et autres platines cèdent la place à une batterie, une basse et un clavier. Car le groupe pioche ses influences du côté du funk, du jazz et de la soul. Ca n’empêche pas de faire des « Yo », mais le flow est plus souple et plus groovy. Ca n’empêche pas non plus de faire les andouilles dans un clip  sans dessus dessous : on est  en 1999, ça s’appelle The Next Movement et ça vient de Things Fall Apart.

 

Trois ans plus tard, la presse parle d’eux comme les fondateurs du hip hop 2.0 ? Vrai ou pas, ces gars-là ont en tout cas l’oreille pour dénicher les gens talentueux. En l’occurrence, Cody Chesnutt, guitariste encore inconnu et gros fan Nirvana. Anyway, son premier opus recèle une pépite : The Seed. Famélique pop song en devenir, tenant sur un riff de guitare, les Roots  en font tube imparable, donnant du relief à ce qui ressemblait à une maquette. On appelle ça la production. Et le résultat claque :

 

Les années passent, The Roots enchaîne les galettes (The Tipping Point, Game Theory, Rising Down) et en bons rappeurs, ne crachent pas sur un featuring. Sauf que plutôt d’inviter ces frimeur de 50 Cents ou Kanye West, ils préfèrent ouvrir leur mic à une reine de la soul : Erykah Badu. Le tempo lève le pied, la miss donne de la rondeur aux chorus et tout le monde dodeline de la tête ; just cruising, man.

Et nous voilà donc fin 2011, les oreilles bien dégagées, prêtes à recevoir Undun et son storytelling à l’envers, sur la chute d’un homme qui aurait mieux fait d’écouter les Roots que d’apprendre à se servir d’une arme. La première vidéo, Make My, est ici servie toute chaude, plus belle qu'une balle. A suivre le 6 décembre, chez Def Jam.

www.theroots.com

 

R.V