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Les 10 albums inoubliables de 2013 selon Green Room Session

Les 10 albums inoubliables de 2013 selon Green Room Session

Après le florilège du pire et nos coups de cœur de l'année en termes d'EPs, de clips et de tendances, place à la reine des listes.

Le top de fin d'année, "un exercice imposé" ? C'est bien possible, on ne va pas vous mentir, mais il y a une raison supplémentaire au fait que nous prenions plaisir à l'élaborer, et vous à le lire, parmi d'autres listes que nos confrères auront également confectionné. Un top, c'est aussi une façon de réaffirmer nos goûts et la musique que nous voulons vraiment défendre en faisant fi des chapelles, sans écouter les défenseurs du bon goût underground ni les sirènes du mainstream, bref, en distinguant le bon du meilleur, que ce soit dans la pop, le rap, le rock ou la musique indé.

La liste ci-dessous mériterait d'être rallongée, évidemment. Elle le mériterait chaque année. Mais nous avons tâché, sans trop nous taper dessus, de nous en tenir à dix albums, quitte à citer ceux qui ont été recalés de justesse en fin de liste.

Et bien entendu, il vous appartient de commenter, de contester ou d'applaudir ce top 10, dont la première qualité est de ne pas être parfait. Bah ouais, on parle de musique là...

 

disclosure

Disclosure

Settle  (PMR Records)

Comment diable faire abstraction de ce disque, dont tout le monde a écouté un morceau au moins une fois sans même le savoir, et a nécessairement kiffé ? Disclosure, avec Settle, a pillé les réserves de coolitude du milieu musical, ne laissant qu'un fond de cuve à ses suiveurs. La house, remaniée et compressée en capsules pop effervescentes, ne peut que faire des ravages en dehors de son cercle habituel, et les music addicts ne s'y sont pas trompés : cet album a été catapulté en haut des charts anglais en moins de temps qu'il ne faut pour dire ouf. Depuis, leur vie est une success story... Et nous, on continue de s'enfiler Settle avec une régularité métronomique, pour ne pas perdre le fil de la joie.

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Arcade-Fire

Arcade Fire

Reflektor  (Merge)

À l'heure où cette horde de Canadiens délurés vient de remplir un Zénith pendant que vous vous faisiez couler un café, il semblait logique de tirer notre chapeau à l'oeuvre qui a permis cette accession au firmament. OK, Arcade Fire a généré de l'attente, mais ce n'était pas pour brasser de l'air : deux disques truffés de trouvailles, de reflets disco, de maestria vocale, de fanfreluches, de rock tel qu'on l'aime, dénudé et fier, deux disques qui resteront, on l'espère, dans les annales de la musique moderne. Et qu'importe si on doit se ramener ou non en costume à leurs concerts, on veut bien se plier à leurs conditions sans problème, si c'est pour participer à ce grand carnaval auquel ils convient.

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Kanye-Yeezus

Kanye West

Yeezus  (Def Jam)

Que dire sur cet album, mis à part qu'il est le miroir parfait d'un artiste qui représente merveilleusement bien son époque ? Mégalo, narcissique, violent et pas qu'à moitié génial, Yeezus a l'intérêt d'embarquer tout un pan de la musique moderne avec lui, quitte a embarquer les artistes par la même occasion. De Bon Iver à Gesaffelstein en passant par les deux Daft Punk, les invités de Yeezus catalysent la vision de West à la perfection, et le placent d'autant plus sciemment dans un rôle de chef d'orchestre démoniaque qui n'a qu'une envie, faire dérailler le train de la musique moderne. Et il semble avoir réussi.

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gesaffelstein-aleph

Gesaffelstein

Aleph  (Parlophone)

On avait imaginé Mike Levy nous livrer un recueil de noirceur pur, composé de missiles composée d'une poudre au secret désormais percé : un kick profond, une caisse claire qui claque, un tempo jamais trop rapide, une ligne de synthés distordue et puissante, et une autre, fantomatique et lointaine. Avouons-le, le résultat aurait été téléphoné. Mais non, Aleph est bien plus que ça, et sa première qualité, aussi étonnant que cela puisse paraître, est qu'il est très nuancé, pondéré par des morceaux plus introspectifs, qui prennent le temps d'installer les ambiances. Ouais, ça change de son live, et c'est pas plus mal, ça vous rendra moins sourds quand vous prendrez le bus.

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jamesblakevergrown

James Blake

Overgrown  (Atlas)

Cela nous paraît si loin qu'il est dur de pouvoir poser des mots sur le travail effectué par Blake. Non pas qu'on ait totalement zappé Overgrown, au contraire : on l'a tellement écouté qu'on a commencé à perdre le sens logique qui prévaut lorsqu'on analyse un disque. En l'occurrence, James Blake n'a pas joué les révolutionnaires, et cela nous aurait étonné. Ce disque est juste une version archi-aboutie de son boulot, plus mature, plus riche aussi, mais jamais surproduite, qui garde le côté "on tente de faire beaucoup avec peu de choses" que possédait son premier album. Résultat : un petit chef d’œuvre, créée par un petit génie.

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doris_cover

Earl Sweatshirt

Doris  (Columbia)

Tyler par ci, Tyler par là... Vous avez remarqué comme le membre référent d'odd future semblait squatter l'actualité tous les trois jours jusqu'à une certaine période ? Aujourd'hui, tout semble plus calme, ce qui n'empêche que ça bouge toujours du côté de OFWGKTA. Et celui qui pourrait, d'un léger coup de coude, pousser Tyler de son trône pourtant jours à peu près mérité, c'est bien Earl Sweatshirt, qui a doublé tout le monde avec un album habité, crasseux, introspectif, un peu débile mais pas trop, bref, un album estampillé Odd Future mais bien assez personnel pour sortir du lot.

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Holden-inheritors

James Holden

The Inheritors  (Border Community)

C'est curieux comme personne n'a vraiment pris le temps de parler de ce disque, comme s'il s'agissait d'une sortie mineure. Alors qu'il y a encore un an, James Holden restait considéré comme un potentiel sauveur de la planète techno ! 2013, l'OVNI The Inheritors est dans les bacs, mais les kids ne l'ont pas entendu sonner, à cause des acouphènes chopés en after. Dommage, ce disque s'écoute à la maison ou au casque pour en saisir toutes les subtilités chamaniques, presque transcendantales. On espère une chose : qu'il fasse partie de ces albums référents pour une frange d'artiste défricheurs de 2026, qui érigera ce disque en modèle. Le rendez-vous est pris.

http://www.dailymotion.com/video/x186izs

 

darksidepsychic

Darkside

Psychic  (Other People)

On peut dire un paquet de trucs à propos de ce disque : intello, nombriliste, un peu chiant, prétentieux... C'est à ce moment précis qu'il est bon de rappeler que c'est ce qu'on disait de Meddle ou de Dark Side Of The Moon de Pink Floyd à leur sortie. Nicolas Jaar, avec Dave Harrington, a trouvé une âme sœur, avec qui partager son ambition musicale, qui le porte évidemment en dehors des sphères de l'électro. Des guitares claires, qui prennent le pouvoir pour porter le morceau, ou qui l'éclairent par endroits, viennent en tout cas donner un souffle nécessaire à la trame narrative du disque, qui n'agit jamais comme un anxiolytique. Plutôt comme un libérateur de rêves. Intello ? Pas le moins du monde au final.

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grems-vampire

Grems

Vampire  (Grems Industry)

"Transylvanie, épaisse brume, château fort, Scandinavie". Grems a mis tout le monde par terre encore une fois avec un album qui semble ne pas avoir été repéré à sa juste valeur, mais cela lui donnera l'occase de se considérer comme un marginal du hip-hop français, ce qu'il est en réalité. Et ça lui va super bien. Depuis le temps qu'il taffe, qu'il invente de nouvelles formes, son rap est arrivé à un niveau de dangerosité si élevé qu'il n'est pas conseillé de le mettre dans toutes les mains, mais c'est bien là l'intérêt. Grems, c'est le rap tel qu'il devrait être, celui qu'on a oublié à force de ne plus le fréquenter. Bref, Vampire est le meilleur album de rap français en 2013, point.

 

avery

Daniel Avery

Drone Logic  (Phantasy Sound)

Comme si le monde avait absolument besoin d'un "sauveur techno", vu la parfaite santé de ce style de musique en ce moment. Non, Daniel Avery ne mérite pas ce titre, pour la bonne raison que ce titre n'a pas de raison d'exister. Et puis bon, il y a tout de même bien plus de trucs mignons à dire sur ce blondinet de Bournemouth, ancien fan de The Prodigy, qui s'est pris ses premières tartes clubbing avec Erol Alkan aux platines, avant de commencer à produire et de se faire signer sur le label de son mentor... Aujourd'hui, Drone Logic est le reflet d'un parcours humain singulier, fait de techno, de big beat et d'électroclash, ce qui se ressent dans ce disque électrique, sensuel et plus mental qu'il n'en a l'air. Un disque de sauveur, non, mais le disque techno de l'année, clairement.

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Ceux qui sont passés près du top :

Atoms For Peace, A$AP Rocky, Hanni El Khatib, Franz Ferdinand, Phoenix...

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