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BRMC : Beat The Devil’s Tattoo

BRMC : Beat The Devil’s Tattoo

Mordre le tatouage du diable, joli programme. Mais ce n’est pas comme si le BRMC n’était familier de la chose : entre le licenciement du batteur devenu trop stoned (Nick Jago), la rédemption du groupe en pépite folk (l’album Howl en 2005) et un discours musical hésitant entre tox et rehab’; le BRMC nous en a déjà fait voir de toutes les couleurs. Après cinq albums définitivement opaques, retour au Club des Rebelles Noir à la Moto, une communauté de rockeurs de qui – avouons le - on n’espérait plus grand chose.

Noir c’est noir

Le membre originel de ce club, c’est toujours Marlon Brando : 1953, les hanches toujours de coté ; membre d’un gang qui pille une petit ville des Etats-Unis dans le film culte de « L’équipe sauvage ». Soixante ans plus tard, si le regard des BRMC est encore brumeux, c’est aujourd’hui votre tête qui est mise à rude épreuve. Pas de temps mort, sur Beat the devil’s tattoo, le trio roule comme un train fantôme perdu sur les montagnes russes : Lente montée vers les cimes du rock rageur (« Conscience Killer »), descente en spirale sur des chants camés psychédéliques (« War Machine »), la basse écorche la peau, l’harmonica explose le crane. Ces chansons, toujours, restent des gospels électriques pétris de colère, prêchant pour l’engloutissement des routes nocturnes, tout phares éteints et pied au plancher.

Renouant avec l’urgence du premier disque, labouré par les basses rageuses et la batterie hypnotique (tenue désormais par Leah Shapiro des Raveonettes), BRMC replonge (enfin !) dans le tunnel d’angoisse sans fin qui fit le succès de ses trois premiers albums. Ce tunnel, c’est leur univers, leur son ; une couleur rougeâtre et des ombres à chaque coin de rue. Les ingrédients qui en font l’un des seuls groupes de rock grand public de notre époque qui vaille la peine d’être tatoué sur votre front.

Black Rebel Motorcycle Club // Beat the Devil's Tattoo //

http://www.blackrebelmotorcycleclub.com/

 

Thomas Florin