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Une ville, un son : Rennes, la défricheuse

Une ville, un son : Rennes, la défricheuse

Récemment, Florent Marchet, qui n’est ni électro, ni rock mais bien pop quand même, avouait en interview que le public breton est « un public de connaisseur, pointu, qui ne ne se déplace pas aux concerts par hasard ». Il faut dire que depuis 1979, en terme de découvertes, leurs oreilles sont rompues au défrichage sonore, aux groupes inconnus venant leur chauffer les tympans avant de devenir célèbres quelques années plus tard (remember Nirvana). Bref, les Rennais disposent d'un outil tout cuit pour la découverte : les Trans Musicales (prochaine édition, les 1, 2 et 3 décembre). Et si ça ne suffisait pas, Rock’n Solex, « le plus vieux festival étudiant de France » (44 ans au compteur), dixit ses organisateurs, claque lui aussi de belles affiches, entre deux courses de solex sur le campus. Ils sont fous, ces Rennais…

 

Curieux public

 

Et puis il y a la rue Saint-Michel. Rebaptisée « rue de la soif », cette rue pavée, malgré une récente tendance municipale à transformer ses bars en galerie d’art et autres lieux moins rock, qui reste le rendez-vous incontournable de la jeunesse rennaise. Qui vient se rincer les oreilles aux sons des concerts gratuits bookés toute l’année. Juste un exemple ? Daft Punk a joué ici, bien avant de devenir LE groupe électro français. Et pendant les Trans Musicales, l’artère se transforme en lieu de pèlerinage de tous les fêtards. Car, qu’on le veuille ou non, à chaque fois qu’on prononce le mot musique ici, on en revient aux Trans Musicales. Les deux salles de concert mythiques de la ville, la Cité et l’Ubu ? Elles sont partenaires du festival et accueillent chaque année plusieurs artistes du festival. Logique, car ici, on se fédère.

 

A l’image de ces musiciens et étudiants, quand ce n’est pas les deux à la fois, qui créent leur propre structure, afin de faire avancer leur propre schmilblick : depuis trois ans, KdB Records  et Fake Records se font les porte-parole des musiques émergentes, depuis 13 ans, le Jardin moderne se veut un outil au service des musiciens et des porteurs de projet,  tandis que Labels à Rennes fédère les forces en présence musicales (labels, musiciens, organisateurs d’événements).

Avec une audience pareille, les Trans Musicales, encore elles, peuvent lancer leur 33ième édition les yeux fermés : quel autre festival d’une telle ampleur (30 000 spectateurs l’année dernière) peut se permettre de se passer de têtes d’affiche (Agoria, Stuck in the Sound sont les noms les plus connus cette année !) ? Mais qu’importe, le public répond toujours présent. Du moins, tant que les facultés ne seront pas délocalisées…

 

R.V