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Feist : Metals

Feist : Metals

Ça sent l’hiver. Même les chanteuses de tubes se renferment dans leur cabanon. Mais pas au Canada. Non, Leslie Feist s’est enfuie loin des sunlights en Californie (et puis un peu à Paris aussi) pour enregistrer un album aux antipodes des précédents, à savoir la pop douillette de “Let It Die” (Mushaboom donc) et le folky indé “The Reminder” (1 2 3 4, comptine doublée en platine). Feist ferme les volets, prend des vacances et nous plante là. Avant de sortir du bois trois ans plus tard, mais on dirait une décennie.

Heavy Metals = Hard work

 

Par ses enflammades (la marche forcée de Confort Me, les saccades d’A Commotion)  “Metals” ressemble davantage au super-groupe Broken Social Scene (avec Arcade Fire, Stars, Metric etc) qu'à la chanteuse canadienne. Hétéroclite dans le choix des armes et romantico-engagé avec ses longs vents qui soufflent, on est clairement sur la ligne de PJ Harvey et Anna Calvi. Des violons en batterie, et des arpèges nuageux, l’ami Gonzalez qui agite son piano comme une marionnette et Mocky, le copain de Jamie Lidell, qui rajoute des couches des percussions (The Bad In Each Other ) et de cuivres pour célébrer l’automne ou quelque chose du genre. Bref, un orchestre de poche pour des picnics dans les feuilles qui volent. Du lourd. Trop.

Plombé

Déjà la pochette donne le ton, mais les titres aussi : Cimetière, Mélodies Amères... La pop c’est du grave, on va pas rire tous les jours. Si les Beach Boys avaient vu la Californie comme ça, le surf aurait des airs de travaux d'intérêt généraux. Restent douze plages de haute volée (métaphore venteuse quand tu nous tiens...) pour se filer la chair de poule au coin du feu. Ou faire le deuil d’une compositrice qui en avait marre qu’on la prenne pour une chanteuse de mp3.

Feist // Metals // Polydor (Universal)

http://www.myspace.com/feist

H.P.