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Why Pink Floyd ? : Des débuts aux rééditions, la story

Why Pink Floyd ? : Des débuts aux rééditions, la story

Cambridge 1965. Des intellos de bonne famille se lancent avec prétention dans le rock. Mais pour un polytechnicien, un diplômé des beaux arts et deux architectes en herbe (sans jeu de mots), il s’agira moins de briser les fauteuils que d’expérimenter le voyage spatial à bord d’une guitare. Armé d’un  nom de groupe en hommage à deux bluesmen, les quatre cerveaux se mettent à tramer des chansons machiavéliques entre comptines givrées et prouesses techniques. Des arpèges complexes et un orgue lunatique croisent des percussions zarbis (sonnette de vélo, bruits de bouche) et des bruitages de Sci-Fi. Space !

 

Un petit pas pour l’ohm...

Une poignée de concerts au UFO Club du mythique Joe Boyd et EMI leur ouvre ses studios, juste en face des Beatles de ‘Sgt Pepper’. Durant cinq ans, ces savants fous du son déroulent en labo tout le spectre du rock : des popsongs siphonnées de Syd Barett, (premier chanteur-guitariste rongé à l’acide) aux opéras alambiquées de David Gilmour, (son remplaçant après l’internement du premier) en passant par le folk hippie, pièces pour piano, espagnolades, free jazz… Agrémentez de bruits d’oiseaux, d’objets, de bandes montées à l’envers, faites durer jusqu’à 23 minutes et voilà. Le rock psychédélique est leur création.

 

Des diamants pour les cochons !

Au début des années 70 nos astronautes reviennent sur Terre et les morceaux reprennent une facture plus folk-rock. Employant de techniques nouvelles (talkbox, synthétiseurs analogiques) et d’effets de studio (réverbération, écho, fondus…) le Floyd rejoint le courant rock progressif qu’ils avaient contribué à défricher. Les albums concepts s’enchaînent avec succès : ‘Dark Side of the Moon’, ‘Wish You Were Here’. Revers de cette médaille, la scène devient un cirque de décors, light shows et costumes. Au sein d’un groupe où tout le monde compose et chante apparaissent des rivalités d’ego. Montré du doigt comme un dinosaure boursouflé de vanité, les années punks le condamne. Mais avant de se disloquer, le Floyd enregistre le double album qui sous-tendra les années 80 : écrit pour la scène et adapté en film, "The Wall" montre la voie du stadium rock. Démesure et pamphlet bienfaiteur… Un album séquelle avant de se répandre en projets solo, un dernier tour au milieu de années 90 avec "The Division Bell" et le groupe s’efface derrière son mythe.

 

Pink Flood

Durant la décennie 2000, c'est Syd Barrett qui le premier fait le saut du grand voyage astral, il décède dans l'indifférence général, reclu chez lui, en 2006. Deux ans plus tard c'est au tour de Richard Wright, le clavier, de passer l'arme à gauche. Autant dire queles sexagénaires enterrent tout espoir d'une reformation commerciale...

Conjointement on a vu refleurir ces dernières années une aura psychédélique sur nombre de groupes qui doivent plus aux flamants roses qu’à quiconque. Que ce soit le deuxième album de MGMT qui tient en équilibre sur son orgue, la pop erratique de Richard Swift ou les cavalcades nuageuses de Tame Impala et Phantom Band, le grain de folie est là. Même vent échevelé soufflant sur le folk de Cocorosie et Syd Matters. Parmi les précurseurs il y avait eu la pop aérienne du "Virgin Suicides" d’Air, les bidouillages analogiques de Radiohead, ou les récents travaux de Beck. Tous lorgnent vers les étoiles et élèvent leurs compositions d’un battement d’ailes de papillon. Les expérimentations sonores de Pink Floyd n’ont pas cessé, elles ont changé de mains. Voilà pourquoi.

H.P.

Pink Floyd // Why Pink Floyd, rééditions vinyles et Cds collector // EMI

http://www.whypinkfloyd.com/