JE RECHERCHE
Le passage de flambeau, figure imposée des grands de la musique ?

Le passage de flambeau, figure imposée des grands de la musique ?

Bon nombre de musiciens célèbres ont pris des "petit(e)s protégé(e)s" sous leur aile à un moment de leur carrière. Un passage obligé ?

Il faut croire que tous les artistes “installés”, devenus autorités de leur sphère stylistique ou tout simplement présents depuis assez longtemps sur le circuit, ont besoin de jouer les parents à un moment donné. Vous avez souvent lu, au détour d’un article du genre “révélation de l’année”, la mention “petit(e) protégé(e) de…”, censée adouber le nouveau groupe qui tue, et qui tue d’autant plus qu’il a gagné l’aval d’une entité musicale parraine. Si quelques destins d’artistes, qui ont su capitaliser sur un tel début de carrière, ont été heureux, d’autres… moins. D’autant plus que les raisons qui poussent un artiste établi à prendre une jeune pousse sous son aile sont multiples.

 

Snoop Dogg / (Lil’) Bow Wow

Vous vous rappelez de ce fameux single qui distillait un message fort, du type “Bow Wow Wow, Yippee yo, Yippe yeah” ? Il était scandé pat un minot nommé Lil’ Bow Wow, dont la voix n’avait pas encore mué. C’était en 2000, le morceau s’appelait “What’s My Name” et le marionnettiste s’appelait… Snoop Dogg. Il faut dire que le jeune rappeur, Shad Gregory Moss de son vrai nom, n’avait que 13 ans. Depuis, les carrières des deux MC’s se sont croisées à plusieurs reprises (Snoop a placé son flow sur plusieurs de ses morceaux, y compris sur la dernière mixtape du jeune rappeur), et Bow Wow atteint la consécration en 2005 avec son troisième album, en tout cas aux USA. Depuis, ça sent la fin de règne, les comptes en banques vides et les cinquièmes rôles dans les émissions télé. Sa dernière apparition ? Une pub télé pour des sandwiches fourrés, en compagnie de Kate Upton et... Snoop Dogg.

Image de prévisualisation YouTube 

 

Dr. Dre / Eminem / 50 Cent / Kendrick Lamar

Le “Rap God” mérite son surnom, même si c’est lui qui se l’est donné. Mais est-il utile de rappeler qu'Eminem, ne serait rien sans l’immense Dr. Dre ? Le rappeur/producteur/businessman, alors patron d’Aftermath Entertainment, a repéré le jeune blondinet de Detroit alors qu’il venait de sortir un premier album médiocre en 1996, même si le MC qu’il était réussissait déjà des prouesses dans de nombreuses battles. Résultat : The Slim Shady LP, sorti en 1999, est entièrement produit par Dre, et signé sur son label. Inutile de dire que ce disque, et le suivant (The Marshall Mathers LP) ont changé la face du rap de la fin des années 2000. On n’oublie pas non plus le featuring d’Eminem sur l’immense 2001 de Dr. Dre, probablement l’un des meilleurs albums de tous les temps.

Image de prévisualisation YouTube

La suite de l’aventure ? Eminem, qui aura consacré la première moitié des années 2000 à asseoir son influence sur le monde, a créé son propre label Slim Shady Records, distribué par Interscope. Il y signe son propre groupe D12, mais aussi Obie Trice et un certain 50 Cent, qui deviendra rapidement, dans l’interstice laissée par le retrait d’Eminem de la vie publique à la fin des années 2000, le plus grand rappeur du monde. Quand à Dr. Dre, il continue à propulser des artistes, dans l’ombre et sans jamais prendre le micro (même si bon, on espère toujours). Son dernier coup ? Il s’appelle Kendrick Lamar, un type qui a sorti le meilleur couplet du hip-hop de l’année. Le flambeau passe ? Mieux, il se multiplie… Sans pour autant réussir à ne jamais s’éteindre pour autant : le cimetière des “ratés” de Dr. Dre en la matière est assez immense.

Image de prévisualisation YouTube 

 

Garnier / Agoria / Rone / Madben

Quand on vous dit “le parrain de la techno made in France”, vous pensez à qui ? Ah, pas si facile, hein ? Si, il y a quelques années, on aurait donné la médiaille à Laurent Garnier sans hésiter, mais aujourd’hui il semblerait qu’ils soient deux à se partager la place. Pourtant, Agoria a été ardemment défendu (cité en interview, playlisté…) par son ainé lors de toute la décennie 2000, alors que le DJ/producteur lyonnais peinait à exploser aux yeux du monde. Bref, aujourd’hui, l’auteur de Impermanence passe sa vie à jouer aux quatre coins du monde, quant à Garnier, chaque chose à laquelle il s’intéresse se transforme en or. Ils auraient même un projet de label commun...

 Image de prévisualisation YouTube

Aujourd’hui, un autre artiste électro semble être en passe de les rejoindre au firmament : Rone, dont le passage à l’Olympia a fait grand bruit la semaine dernière. C’est Agoria qui l’a pris sous son aile, après avoir été conquis par son morceau “Bora”, et qui l’a embarqué sur le label InFiné, dont il faisait encore partie jusqu’alors. Les deux amis se voient encore énormément, même si Erwan Castex vogue maintenant de ses propres ailes, porté par les conseils et les coups de pouce de son ange gardien. Quant à Laurent Garnier, il passe sa vie à mettre en lumière des entités musicales qu’il souhaite défendre via son émission It Is What It Is sur Le Mouv’. Ses derniers poulains ? Le duo Paradis, et Madben, producteur déjà confirmé et signé sur Astropolis Records.

 

Usher / Justin Bieber

On l’a un peu trop vite oubliée, cette filiation. Vous vous souvenez des débuts de Justin Bieber, en 2009 ? Non ? Pour être honnête, Usher n’a pas été le premier à bomber sur ce p’tit jeune, c’est en réalité l’agent artistique Scooter Braun qui est tombé sur lui. C’est lui qui a également amené le jeune chanteur à Usher, avec qui il partage le label RBMG. Le lover le plus connu du R’n’B des années 2000 lui apprendra un paquet de trucs avant de le coller sur scène, de le filmer, de lui faire enregistrer des tas de trucs et de faire un album avec tout ça. Le résultat, vous le connaissez, My World est certifié platine et a fait la fortune du jeune homme… Et de ses mentors aussi.

Image de prévisualisation YouTube

 

Marilyn Manson / Trent Reznor (Nine Inch Nails)

Le premier souvenir que vous avez de Marilyn Manson, en théorie, est le même que pour tout le monde : la fameuse reprise du “Sweet Dreams” d’Eurythmics. Pourtant, il est bien possible que même ce morceau n’ait pas atteint vos oreilles sans l’éminent leader de Nine Inch Nails. Back to 1990 : Marilyn Manson & The Spooky Kids, groupe fraîchement formé quelques mois plus tôt, s'apprête à jouer dans un club de Miami en première partie de Nine Inch Nails. Brian Warner accoste donc Trent Reznor, dont la carrière était déjà bien lancée, et lui lâche une démo. Gros coup de cœur, et gros coup de main : le jeune Marilyn Manson et sa troupe de zombies sillonne l’Amérique avec un groupe qu’il vénère, signe sur le label de Reznor, Nothing Records, et se fait produire dans le studio du maître. Au delà de ça, humainement, tout le monde s’accorde à dire que Reznor aurait presque façonné le Manson des débuts...

Image de prévisualisation YouTube

 

Mylène Farmer / Alizée

Ouais, même dans le monde de la variète, ça donne dans le transfert de générations, ce qui prouve que ce type de comportement est humain avant de porter sur la défense d’une musique de niche. Alizée a beau ne plus vendre beaucoup de disques en France, elle reste archi-populaire dans de nombreux pays du monde, elle qui a su s’émanciper de sa génitrice artistique en bossant notamment avec de nombreux producteurs du célèbre label Institubes sur son album Une Enfant Du Siècle. Oui, on parle de Mylène Farmer qui, avec le compositeur Laurent Boutonnat, ont décidé de donner une carrière à la jeune fille qui n’était, rappelez-vous, qu’une Graine de Star mal éclose. C’était en 2000, et depuis lors, Alizée a cartonné avec une série de tubes… composés de toutes pièces par le duo Farmer-Boutonnat. C’est le cas de “Moi, Lolita”, évidemment empreint de l’influence de la superstar française, mais de manière plus globale sur les deux premiers albums de la chanteuse, Gourmandises et Mes courants électriques. La filiation, ici, tient presque du désir de direction artistique totale sur une artiste trop jeune pour pouvoir poser sa part de volonté dans le résultat final. Depuis, c’est bien simple, Alizée venc beaucoup moins d’albums… mais elle semble plus à l’aise dans ses baskets.