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Peinture, graff, arts plastiques : quand les musiciens s’exposent

Peinture, graff, arts plastiques : quand les musiciens s’exposent

Beaucoup d’artistes, qu’ils soient au micro, aux platines ou derrière la console de mix, ont parfois une bombe de peinture ou une toile qui traînent dans leur garage. On vous dresse quelques portraits de ces artistes multiples.

La musique, c’est bien connu, est l’art le plus répandu au monde, et le plus accessible aussi. La plupart de ceux qui la pratiquent de manière professionnelle se cantonnent généralement à cette discipline, mais de nombreux rappeurs, producteurs, guitaristes ou encore DJs semblent avoir besoin d’embrasser une vision plus étendue de leur pratique créative. Ces artistes ont plusieurs talents, et ils s’en servent : peintres, dessinateurs, réalisateurs, ils utilisent leurs idées sans se soucier d’appartenir à l’une ou l’autre de leurs disciplines, quitte parfois à maîtriser entièrement le processus esthétique d’un disque, par exemple. D’autres, enfin, ont utilisé leur célébrité musicale pour s’improviser artistes visuels, avec plus ou moins de réussite. En bref, vous allez voir que le monde de la musique et celui, très vaste, des arts visuels, ont beaucoup d’artistes en commun, et qu’ils n’ont eux-mêmes rien à voir les uns avec les autres.

 

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3D (Massive Attack)

Vous qui avez un ou deux albums du célèbre groupe de trip-hop de Bristol chez vous, il y a forcément eu un déclic lorsque vous avez tenu la pochette de Protection et celle de Blue Lines l’une à côté de l’autre. Oui, en effet, on reconnaît la patte d’un artiste, qui n’est autre que… le leader du groupe, 3D, Robert Del Naja de son prénom.

C’est bien simple : ce type est né avec des bombes de peintures dans les mains, et il a passé les années 80 à s’entraîner sur les murs de sa ville, accompagné d’un dénommé Banksy. Son œuvre, qu’elle soit “libre” ou consacrée à l’illustration de Massive Attack, vient d’être publiée dans un libre nommé 3D and The Art Of Massive Attack.

 

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Marilyn Manson

Brian Warner a beau avoir été victime des rumeurs les plus saugrenues le concernant (non, il ne boit pas de sang dans sa loge), ce demi-dieu du metal a aussi une fibre sensible. L’homme qui a remis le glam rock au goût du jour ne pouvait pas uniquement se contenter d’être l’égérie de tous les ados mal dans leur peau, hein ? Sachez que Manson, quand il ne se produit pas sur scène aux quatre coins du monde ou qu’il ne squatte pas les plateaux de cinéma (on se souvient tous de son apparition dans le film Wrong de Mr Oizo), peint des aquarelles. Bon, généralement, le résultat tourne toujours autour des univers du fantasque, de la mutilation ou des cornes de Lucifer, mais chacun ses goûts. Vous vous rappelez de la pochette de son Best Of ? C’est un auto-portrait. Et quitte à être ambitieux jusqu’au bout, il a ouvert sa propre gallerie, The Celebritarian Corporation Gallery of Fine Art, à Los Angeles, un beau jour d’Halloween 2006.

 

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Grems

Lui, c’est carrément professionnel. Grems, l’un des seuls rappeurs français à perpétuer la créativité du hip-hop alternatif des années 2000, est d’abors et avant tout graphiste. Son style, vous le connaissez sûrement : il a bossé pour les campagnes pub d’un paquet de marques de vêtements et de matériel audio, et il est tout à fait possible que vous possédiez une sacoche ou un casque audio qui porte sa marque.

Aujourd’hui, il graffe pour des particuliers, repeint des murs d’institutions, fait des expos dans les salles qui le produisent en tant que MC… Bref, Grems a toujours dit que le rap était sa seconde passion, et ça se vérifie aisément. Il n’y a qu’à voir le packaging de ses albums, en particulier Broka Billy, vértable album-livre, et Aglèbre 2.0, pur se rendre compte de l’aspect holiste de ses projets !

 

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Mike Shinoda (Linkin Park)

Ce nom vous dit quelque chose ? Oui, c’était “le type aux cheveux rouges” qui rappait dans Linkin Park… et qui est toujours là, d’ailleurs. Si le groupe de rock mainstream ne fait plus d’effet à grand monde, Shinoda a également tenté une incartade solo plutôt réussie en 2005 avec Fort Minor, son projet hip-hop… dont il a réalisé la pochette du premier (et seul) album, The Rising Tied.

Un peu d’Histoire : Mike fut le plus jeune des diplômés de sa classe à l'Art Center College of Design en 1998, d’où il sortira avec un bac en Art des Illustrations. Toute l’identité graphique et visuelle de Linkin Park, c’est lui. Il a également réalisé une série d’expos nommée Glorious Excess, sans parler de sa collaboration avec une marque de chaussures de skate… Le tout dans un univers esthétique où se mêlent street art, imagerie rock et influences japonaises. Pas mal, et certainement mieux que le dernier Linkin Park…

 

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Brian Eno

Ce grand monsieur a tout fait : de la musique en groupe (Roxy Music), en solo, de la production en veux-tu en voilà (de David Bowie à Coldplay), des collaborations, mêmes récemment (sur le morceau “Digital Lion” de James Blake, notamment), bref, ce n’est pas un lapin de six semaines. Ces derniers temps, on a vu réapparaître sa fibre artistique “solo” chez Warp Records avec une série d’albums, dont le très correct Small Craft of a Milk Sea. L’album suivant, Drums Between the Bells, aura droit à une pochette signée par Eno en personne, ce qui éveillera la curiosité de certains… Sauf que cette légende vivante de la musique tâte également bien en arts plastiques également et ce n’est pas si nouveau.

La Biennale d'Art Contemporain de Lyon en 2005 a d’ailleurs exposé l’une de ses oeuvres, dont la thématique servira de fil rouge à pas mal de ses créations futures : la relaxation, les temporalités longues, bref, l’opposé de l’ambiance urgente qu’impose souvent la musique. Sa dernière oeuvre en date, 77 Million Paintings, a traversé maintes villes du monde, et a notamment posé ses valises à la Red Bull Music Academy de New York. Le concept ? Un ensemble d’écrans formant une forme géométrique mystique, et projetant des images qui évoluent doucement… selon un algorithme qui ne projettera jamais deux fois la même combinaison, pour que chaque spectateur voie une tranche de l’oeuvre qui lui sera propre. On aime l’idée, et c’est très Eno, finalement.