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Death in Vegas : Interview d’un cavalier seul

Death in Vegas : Interview d’un cavalier seul

Depuis près d'une décennie, Richard Fearless s'était plutôt fait très discret. La dernière trace de Death in Vegas sur les radars, c'était en 2004 avec "Satan's Circus", un album instrumental trop précoce, trop expérimental - et surtout sans guest au micro - pour trouver son public. Changement de décennie oblige, Death In Vegas revient avec la remise des compteurs à zéro. Pour Green Room Session, le leader désormais seul aux manettes explique ses choix et les chansons de "Trans-Love Energies, disque brutal et sans concession. 

Voilà déjà sept ans qu'on attend cet album, les sessions ont-elles été si douloureuses ? 

Non, non non. Les gens disent que ça a pris longtemps mais j’étais très occupé ailleurs, avec Black Acid ou à faire des films, de la photo, du design… J’ai commencé cet album il y a un peu moins de deux ans alors en fait... ça a été assez facile. Et je crois que si c’est aussi naturel pour moi, c'est parce que le son Death In Vegas est d’abord dans ma tête.

 

C’est votre voix qu’on entend désormais. Quand avez-vous choisi de vous passer d’invités ?

C’était déjà le cas sur le précédent, “Satan’s Circus“. Je ne voulais pas de chanteur pour des questions de tournée, c’est plus compliqué… Alors je me suis dit « on s’en fout, je vais le faire moi-même ». La maison de disque n’était pas très emballée par l’idée mais après la sortie de “Scorpio Rising“ tout le monde nous gonflait à demander systématiquement ce que ça faisait de bosser avec Liam Gallagher ou telle autre star... Du coup,  je me suis efforcé de faire un disque sans ça, un disque de longévité comme “Man-Machine“ (de Kraftwerk NDA) qui puisse être toujours actuel dans vingt ans.

 

Selon vous “Satan’s Circus“ est il sorti trop tôt ?

Je pense que oui. S’il était sorti aujourd’hui ce serait une toute autre histoire ; il y  a 7-8 ans il n’y avait pas toute cette scène, pas Battles, pas d’album electro instrumentaux. A sa sortie on a eu bonne presse jusqu’à ce qu’une poignée de journalistes décident qu’aimer ça était le comble du ringard. Alors on a récolté des mauvaises critiques de partout et je me suis remis en question parce que j’en étais fier. Si aujourd’hui “Trans-Love Energies“ avait les mêmes [critiques], j’arrêterais la musique.

 

Pourquoi cet album semble-t-il coupé en deux ?

On a fait une édition spéciale avec 20 titres dessus contre 10 pour la simple. Ce qui s’est passé c’est qu’ils m’ont demandé d’écarter certains titres trop anti-commerciaux auxquels se sont rajoutés des remixes. Je ne voulais pas qu’on retouche mes morceaux alors j’ai fait moi-même les remixes. Rassemblés ces deux disques forment un corps, et ça sonne vraiment énorme. Je suis pas toujours un type joyeux ça se sent peut être dans les morceaux, mais j’ai gagné en confiance sur ces compositions. En courage aussi. Notamment depuis que je chante dans mon autre groupe, Black Acid.

 

Vous avez quand même fait appel à Katie Stelmanis, la chanteuse d’Austra.

Je connaissais Katie depuis longtemps, pour avoir joué ses disques quand j’étais DJ avant qu’elle ne signe chez Domino. Je l’ai contacté et il s’est avéré qu’elle était fan de Death in Vegas ! Le problème qu’on a eu, c’est que c’est très difficile de travailler avec quelqu’un qui a une formation classique. Ecoutez-la sur notre album, c’est très différent de ce qu’elle fait sur les siens. Je ne voulais pas qu’elle pousse la voix, qu’elle soit plus nonchalante… on a eu du mal. Elle était venue en studio pour une journée et devait repartir le lendemain ; je ne l’ai pas laissé repartir durant trois semaines !

 

Comment voyez vous l’avenir de Death In Vegas ?

A court terme je vais tourner avec mon autre groupe, après j’ai très envie de refaire un album. Je me suis passionné pour les enregistrements sur site, alors on s’est mis à chercher une grotte en Andalousie. Pour l’acoustique parce que les murs sont bruts, j’ai vraiment envie d’enregistrer là-bas. Avec Black Acid on a répété notre album pendant un an et on l’enregistré en une journée. J’ai hâte d’essayer ça sur Death In Vegas.

 

Dernière question : pourriez vous enregistrer un album solo, comme Thom York de Radiohead.

Je crois que tout le monde sait que Death in Vegas c’est moi donc ça n’aurait pas d’importance. Avant c’était moi et un ingé son. Maintenant je suis seul. Personne d’autre à blâmer ou avec qui transiger. Juste moi.

H.P.

Death In Vegas // "Trans-Love Energies" // Differ-ant

http://www.deathinvegasmusic.com/