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MGMT : "On ne se considère pas comme un groupe de pop"

MGMT : "On ne se considère pas comme un groupe de pop"

Avec leur troisième album éponyme, les MGMT en ont surpris plus d’un. De plus en plus psyché, le duo américain était à la soirée #Underthecity à l’Aquarium de Paris. L’occasion de parler musique, bien sûr… Mais aussi poisson.

Photo : Romain Bourven - The CameROscope

 

Green Room Session: On se souvient de votre tube "Time To Pretend", récit de la vie débridée de star. C’est ce que vous vivez maintenant, depuis le succès de vos deux premiers albums Oracular Spectacular et Congratulations ?

Andrew VanWyngarden: Évidemment, une grosse partie des paroles sont des clichés sur la vie de rock star, ce n’est pas comme ça en réalité.

Ben Goldwasser: Ça te paraît "évident" mais beaucoup de gens prennent ces paroles au premier degré… Pour nous, le plus étonnant dans la vie de "star" était d’avoir autant d’attention, de la part des médias notamment. C’est étrange, d’autant que ce n’est pas notre genre de vouloir attirer tous les regards. Peut-être que certains ont cru que c’était notre but d’être célèbre. Mais on veut avant tout faire de la musique qui nous plaise et trouver un public qui l’apprécie.

 

Avec votre troisième album MGMT, vous avez pris un virage plus psychédélique, quitte à perturber une partie de votre public pop. Vous n’y prêtez pas attention ?

Andrew: Non, évidemment que cela nous importe. Mais je pense que le deuxième album, Congratulations, a davantage surpris les gens que ce troisième. Cette évolution n’est pas un calcul de notre part, on ne compose pas en réfléchissant à qui devrait écouter notre musique, ou si elle va plaire à la maison de disques. On propose quelque chose qui correspond à une période donnée de notre vie.

 

Malgré cette évolution, vous continuez à jouer "Time To Pretend" ou "Kids" dans vos concerts. En reprenant vos anciens tubes, avez-vous toujours l’impression de faire quelque chose qui vous ressemble ?

Ben: Pour nous, il y a beaucoup de connexions entre tous les titres qu’on a pu faire, comme les différentes facettes d’un même ensemble.

Andrew: En effet, on n’entend pas de différences nettes entre nos chansons. Du coup, on jouera toujours nos vieux morceaux comme les nouveaux.

 

Qu’est-ce que vous écoutez en ce moment?

Andrew: Suicide, Royal Trux, Spacemen 3, entre autres.

Ben: En tant que groupe, on ressent également une vraie connexion avec Tame Impala. Nos musiques se rejoignent sur beaucoup de plans, et ils font ça avec honnêteté, comme nous.

 

Vous étiez à l’Olympia il y a 15 jours. C’était comment?

Andrew: C’était génial ! L’Olympia, c’est un endroit légendaire et un grand honneur pour nous. En plus, le concert était complet et je pense qu’on a bien joué : le public bougeait pas mal et il y avait de bonnes vibes.

 

Vous avez une solide fan-base en France, vos concerts sont complets… Vous écoutez de la musique française?

Ben: Des vieux trucs surtout, comme Metal Boys.

Andrew: Et des artistes plus populaires comme Serge Gainsbourg et Françoise Hardy.

 

À cette soirée #Underthecity, il y a deux DJ français, Busy P et Brodinski. Vous les connaissez ?

Ben: Busy P c’est Pedro, non ? Par contre, on ne connait pas Brodinski.

Andrew: On est venu plusieurs fois en France et on traîne avec la bande d’Ed Banger depuis quelques années. Donc on connait les personnes mais pas forcément leur musique (rires) ! Mais je suis content d’être là, c’est un concert assez exceptionnel. Par contre, j’espère que le son ne va pas perturber les poissons… En parlant de ça, je me baladais tout à l’heure en les regardant : c’est vraiment étrange à quel point on peut voir la personnalité des poissons à travers leur regards ! Parfois, les aquariums me rendent très tristes, on dirait qu’ils sont malheureux enfermés dans leur prison. Mais quelques-uns ont l’air d’accepter leur sort, d’être super zen. Comme Gandhi. Quand il était en prison, il a sûrement dû trouver des solutions pour accepter sa situation. C’est cool, il y a beaucoup de poisson-Gandhi ici.

 

Vous êtes le seul groupe de pop à jouer ce soir, tout le reste de la programmation est très électro. Vous ne vous sentez pas trop seuls ?

Andrew: En fait, on ne se considère par vraiment comme un groupe de pop.

Ben: Le dernier album que nous avons fait était assez électronique. On en écoute pas mal, mais on est plus influencé par la vieille électro, des années 70 aux années 90, comme les scènes techno de Detroit ou de Chicago.

Andrew: Depuis quelques années, on s’amuse à fouiller partout pour étendre nos connaissances sur l’électro et la dance, ça a beaucoup influencé nos nouveaux morceaux. En ce moment, on est fan de Ceephax Acid Crew et on réécoute beaucoup d’OMD (Orchestral Manœuvres in the Dark).

 

Quels sont vos projets?

Ben: On veut jouer dans le plus d’endroits possibles. On espère faire aussi des festivals l’année prochaine.

Andrew: Oui, on va promouvoir le nouvel album. Mais on est tous les deux pressés de retourner en studio, de composer, d’enregistrer…

 

C'est vrai que vous avez pris votre temps pour l’enregistrement de MGMT

Andrew: Oui, c’est vrai. Tout est allé tellement vite entre le premier et le deuxième album qu’ils ont fini par se fondre l’un dans l’autre. En tout cas, c’est l’impression que l’on a eu. Le temps qu’on a pris pour MGMT était en réaction à ça. Pour le quatrième album, on ne va pas forcément se presser, ni traîner. On va faire de la musique tout simplement… Et essayer de redevenir des humains normaux après la tournée! (rires)

MGMT (Columbia/Sony)

whoismgmt.com