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Chris Kaskie (Pitchfork) : "Un festival qui fait de plus en plus sens avec Paris"

Chris Kaskie (Pitchfork) : "Un festival qui fait de plus en plus sens avec Paris"

Le site musical américain créé en 1995 a ajouté dix ans plus tard à sa palette un festival dans sa ville de Chicago, qu'il exporte depuis 2011 à Paris. À la veille de la troisième édition française, voici les explications du président de Pitchfork, Christopher Kaskie.

 

Green Room Session : Les amoureux de la musique connaissent le site Pitchfork. Comment est née l'idée du festival ?

Chris : Avec Pitchfork, l'idée initiale était de créer le meilleur site musical de critiques et donc de créer l'identité qui correspondait et surtout, un concept global qui avait un sens pour le public. Avec le premier festival organisé à Chicago en 2005, nous avons voulu proposer une sorte de célébration de la musique que nous défendions en donnant l'opportunité à nos lecteurs de voir sur scène ce dont nous parlons tous les jours sur le site.

 

Pourquoi avoir lancé un festival à Paris en 2010 ?

Ce festival a marqué une étape importante car la présence internationale de Pitchfork est très forte : 35% des visiteurs proviennent d'ailleurs que d'Amérique du Nord. Parmi eux, le public européen est très important avec en particulier le Royaume-Uni qui correspond au deuxième pays en termes de visites après les USA. Un festival en Europe nous est donc apparu aussi important que celui que nous organisons à Chicago.

 

Comment s'est fait le choix de Paris ?

Paris s'est imposée comme une évidence. D'abord, c'est une ville qu'on adore avec Ryan (Schreiber, fondateur de Pitchfork, NDLR). C'est un peu la ville idéale, à mi-chemin dans l'idée entre celle où nous avons notre siège, Chicago, et celle où nous avons des bureaux, New York, à la fois une capitale mais une ville avec de nombreux petits quartiers et un grand nombre de communautés. Par ailleurs, nous avons un large public en France, beaucoup de gens s'y intéressent aux musiques que nous traitons. Nous étions depuis longtemps en contact avec des partenaires avec qui nous partagions les mêmes vues sur le monde de la musique et tout s'est donc monté très naturellement. L'idée était de créer un événement qui tienne compte du paysage de Paris, qui apporte quelque chose de nouveau à l'offre locale. Ça a aussi été excitant de trouver le lieu pour le festival, la Grande Halle de la Villette. Alors d'autres éditions dans d'autres pays, pourquoi pas ? Cela aurait du sens, spécialement en Europe... Mais nous devons d'abord pérenniser ce que nous avons lancé…

Bon Iver sur scène lors de la première édition du festival en 2011.

 

Comment travaillez-vous sur la programmation du festival ?

Sur la programmation et l'événement, je travaille de la même façon que pour le festival de Chicago à part que je suis en relation permanente avec Julien Catala, directeur de l'agence Super. C'est un travail au quotidien, des échanges à propos de ce qui nous excite afin de parvenir au meilleur événement possible. Pour ce qui est de la programmation, nous avons dû apprendre avec les spécificités de l'Europe. Bien sûr, les artistes américains sont généralement très excités à l'idée de jouer à Paris, donc cette partie-là de la programmation est plutôt facile à mettre en place. Parallèlement, c'est très excitant pour nous de faire jouer des artistes européens à Chicago en plein été alors qu'ils sont très sollicités par les festivals européens qui sont très importants pour eux. Penser à l'Europe dans cette optique de complémentarité avec le festival américain nous apparait primordial.

A Paris, on peut vraiment imaginer programmer des artistes européens qu'on aurait adoré faire jouer à Chicago mais qu'il est vraiment impossible de faire venir car le public ne les connait pas assez. On s'amuse donc à jongler entre les deux avec la programmation en faisant un peu de tout car au final c'est ce qui nous amuse, programmer de tout ! Par exemple, si on faisait jouer Disclosure aux Etats-Unis, ils joueraient devant bien moins de monde qu'en Angleterre et en Europe. De plus, les programmer aussi tard dans la soirée serait juste impossible aux Etats-Unis. Du coup cette troisième édition à Paris se présente avec le line-up le plus européen que nous ayons fait.

 #NeedLeTeeShirtCollectorP4K (mot clef découvert)

Avez-vous ressenti l'impact du festival parisien sur l'audience du site ?

Oui, nous avons vraiment gagné en audience pour le site en Europe depuis que le festival a été lancé à Paris, un phénomène qui avait démarré quand nous avions commencé à programmer une scène au festival Primavera à Barcelone. Depuis trois ou quatre ans, le nombre d'internautes hors Amérique du Nord a considérablement augmenté. Mais il faut bien comprendre que ce n'est pas des festivals dont nous tirons la plus grande partie de nos revenus. Nous travaillons à rendre cette activité pérenne et profitable mais ce n'est pas notre activité première. C'est pour cela, entre autres, que nous essayons de garder des tarifs raisonnables qui correspondent à la richesse de l'affiche. Mais cela reste une expérience amusante et enrichissante où nous apprenons édition après édition.

 

D'un point de vue personnel, quels sont les artistes que vous attendez à Paris ?

Les artistes que j'attends impatiemment ? Disclosure qui a joué l'an dernier et qu'on a revus à South By Southwest à Austin. J'imagine qu'un groupe comme celui-là qui devient de plus en plus connu et qui gagne de nombreux fans fait toujours attention à son live. Je suis déjà sûr que ça sonnera bien et que visuellement, leur show sera époustouflant. Sinon il y a aussi le rappeur américain Danny Brown que pas mal de gens vont découvrir, il est incroyable. Tout est affaire de découverte de groupes dans un contexte nouveau et différent… Il y aura aussi la surprise Darkside, leur nouvel album est formidable. Je suis un très grand fan de Nicolas Jaar mais je ne sais pas du tout à quoi leur live va ressembler.

C'est idiot à dire mais l'ensemble de l'affiche me plait… je suis sûr que les gens vont être étonnés par Blood Orange aussi. Et puis Deafheaven dans une veine métal… tout ça me plait car l'affiche fait de plus en plus sens à chaque édition par rapport à qui nous sommes et la ville où nous organisons le festival. En fait, je suis encore plus excité de voir le résultat d'ensemble plutôt que de me focaliser sur quelques artistes.

 

Pitchfork Music Festival

Du 31 octobre au 2 novembre à Paris, Grande Halle de la Villette

pitchforkmusicfestival.fr

Retrouvez toute l'actualité autour du festival sur Green Room Session !

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On en profite pour annoncer le line-up complet des trois jours du festival !

 

Jeudi 31 octobre (Tickets)

16:40 Only Real

17:15 Iceage

18:00 Blood Orange

18:40 No Age

19:20 Mac DeMarco

20:20 Savages

21:15 Mount Kimbie

22:05 Darkside

23:10 The Haxan Cloak

00:00 The Knife

 

Vendredi 1er novembre (Tickets)

16:40 Petit Fantôme

17:15 Deafheaven

17:55 Jagwar Ma

18:35 Warpaint

19:25 Colin Stetson

20:10 Junip

21:05 Ariel Pink

22:00 Connan Mockasin

23:05 Danny Brown

00:00 Disclosure

 

Samedi 2 novembre (Tickets)

16:40 Empress Of

17:15 Pegase

17:55 Majical Cloudz

18:35 Sky Ferreira

19:25 Youth Lagoon

20:15 Baths

21:05 Omar Souleyman

22:00 Yo La Tengo

23:05 Panda Bear

00:00 Hot Chip

1:25 Glass Candy

2:25 Todd Terje

3:50 A-Trak