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Rone : "j'ai envie de me surprendre, d'expérimenter des choses"

Rone : "j'ai envie de me surprendre, d'expérimenter des choses"

Tout s'est enchaîné très vite pour Erwan Castex depuis la sortie de son deuxième album Tohu Bohu en octobre 2012. Un an plus tard, nous avons eu la chance de nous entretenir avec Erwan au sujet de sa gigantesque tournée, de l'album à venir et même de Lady GaGa ! Rencontre avec cet artiste charmant qui s'apprête à donner un concert exceptionnel à l'Olympia le 31 octobre prochain.

 

Cela fait plus d'un an que tu es parti en tournée aux quatre coins du monde. Comment fais-tu pour garder une fraîcheur devant un public différent chaque fois que tu joues ?

Quand j'ai vu toutes les dates annoncées je me suis dit "wow, c'est une sacrée tournée" ! J'ai souvent entendu dire que c'était très épuisant et que cela pouvait même devenir lassant à la fin. Pour moi, à chaque nouvelle date c'est comme si c'était la première fois. Les trucs qui sont répétitifs je dirais que c'est avant le concert : l'attente, le stress, l'angoisse (rires).

 

Tu sais combien tu as fait de dates depuis que tu as sorti ton deuxième album ?

Il faudrait que je m'amuse à compter un jour, je ne sais plus très bien. En moyenne c'est à peu près deux concerts par semaine, ça représente pas mal de dates. Il y a une époque où je tenais un petit carnet mais j'ai un peu décroché. C'est dommage parce que c'était assez marrant.

 

Le rythme de la tournée n'est pas trop épuisant ? Ou au contraire l'intensité et l'énergie du live t'envoient de bonnes ondes ?

Il y a un peu des deux. C'est quand même un sacré rythme ! Au début de la tournée je me souviens que je faisais la fête entre chaque concert, je me suis vite rendu compte qu'il allait falloir que j'aie une hygiène de vie un peu plus correcte (rires) ! En même temps, je dirais que je n'ai jamais été aussi productif depuis que je suis sur la route, c'est curieux. Je passe pourtant moins de temps à mon studio qu'à une époque. Juste après mes concerts je ne suis pas du tout efficace mais en revanche, les autres jours, il y a des tonnes de choses qui se passent. La tournée me nourrit, me donne des idées, me donne la niaque.

 

 

Tu en rêvais, tu vas le faire : qu'est-ce que ça te fait de jouer à l'Olympia le 31 octobre ?

C'est complètement dingue ! Ce qui est drôle c'est que je n'y ai jamais mis les pieds, même en tant que spectateur. Mais j'en entends parler depuis que je suis petit, évidemment. C'est aussi une salle qui parle à tout le monde, à ma famille... C'est hyper fédérateur, très symbolique. Même si chaque date est particulière, celle-ci je la vois vraiment comme un truc spécial.

 

Penses-tu que cette date va marquer une nouvelle étape dans ta carrière ?

Probablement. Cela me fait un petit peu stresser, je sais qu'il y aura des réalisateurs, des gens importants qui ne seraient pas venus dans un club à 3h du matin. D'un coup ça rend ma musique plus accessible à beaucoup de gens. Peut-être que cela va changer quelque chose à ce niveau-là. Si l'on m'avait dit il y a quelques années que je jouerais à l'Olympia, je n'y aurais pas cru.

 

As-tu prévu de faire un live spécial pour ce soir-là ? A quoi peuvent s'attendre ceux qui vont venir te voir ? Il y aura des surprises, des guests ?

Il va y avoir des surprises, ça c'est sûr ! Mon pote violoncelliste Gaspar Claus - qu'on entend sur le morceau « Icare » dans Tohu Bohu – montera sur scène avec moi pour quelques morceaux. On avait fait un concert improvisé il y a quelques années au Café de la Danse à Paris, j'ai gardé un super souvenir de ce concert, je suis  très content qu'il ait accepté de me rejoindre à l'Olympia. Je jouerai également de nouveaux morceaux pour la première fois. Il y aura d'autres surprises mais je ne peux pas les dévoiler... (rires)

 

Comment ton live a-t-il évolué depuis le début de ta tournée pour Tohu Bohu ?

Le live a énormément évolué depuis la première date de la tournée. Il y a des morceaux de l'album que je continue à jouer mais le son a beaucoup changé. J'ai retravaillé la qualité du son, les textures sonores, les mixes avec un ingé-son etc. C'est pareil pour la scénographie : au départ il y avait juste quelques petites vidéos, puis il y a eu tout un travail réalisé autour des lumières, ça a pris forme petit à petit.

 

J'imagine qu'en tournant à un rythme effréné pour le Tohu Bohu Tour, tu as du découvrir de nombreux endroits que tu ne connaissais pas. Quels sont les lieux les plus insolites dans lesquels tu as eu l'occasion de jouer ?

C'était peut-être les concerts qui étaient les plus loin géographiquement comme Tokyo ou Singapour. J'avais l'impression de jouer sur une autre planète, et en même temps une fois que tu commences à jouer c'est comme si tu étais au fin fond de la France : les gens dansent, font la fête... J'ai beaucoup aimé faire une vraie tournée en France. Ça m'a permis de réaliser mon fantasme de rockstar : voyager en tour bus !

 

Quand est-ce que tu termines ta tournée ? Jamais ?

J'aimerais ne jamais la terminer ! (rires) J'ai peur de déprimer quand je vais arrêter. Le truc c'est qu'il va falloir que j'arrête, même si l'album avance et que j'arrive à bosser dessus en parallèle. Je vais forcément devoir faire un break pour finaliser les morceaux en studio. Je pense qu'elle prendra fin l'année prochaine... mais ça repartira vite ! L'idée c'est de vite finaliser l'album et de le sortir pour enchaîner sur une nouvelle tournée avec un nouveau live.

 

Depuis le succès de Tohu Bohu, tu déclenches une vraie ferveur chez tes auditeurs et ceux qui viennent te voir à tes concerts, à la limite de la « fan attitude ». Tu gères ça comment, toi qui n'a pas un tempérament de rockstar ?

C'est vrai que c'est un peu nouveau, moi j'adore ça (rires) ! Je ne me dis jamais "merde, des groupies". J'ai toujours le sentiment qu'il y a un échange entre le public et moi. Quand j'arrive complètement fatigué sur une date, l'énergie des gens va faire que je vais reprendre toutes mes forces. Il y a ce truc aussi à la fin du concert, j'ai l'impression qu'on a partagé un truc ensemble et qu'il y a un côté vraiment intime. J'ai envie de serrer tout le monde dans mes bras. J'adore parler aux gens après le concert, aller les rencontrer.

 

 

Le prochain album de Rone, c'est pour quand ?

Je réalise que l'album est en train de se faire en parallèle à la tournée. J'accumule des morceaux grâce au temps passé à poser des idées et des mélodies sur la route. L'autre jour je me suis amusé à réécouter tout ce que j'avais fait et je me suis rendu compte qu'on y était était presque, en fait, ça s'est fait tout seul grâce à l'énergie du live. C'est hyper agréable de créer dans ces conditions. Pour Tohu Bohu, c'était plus douloureux, il y avait des moments de blocage, j'ai du m'isoler. Je pense que le résultat devrait arriver l'année prochaine.

 

Doit-on s'attendre à des surprises de ta part ? Au niveau des collaborations par exemple, vu que tes précédentes ont été très réussies...

C'est possible que ça surprenne un peu car j'ai envie moi-même de me surprendre, d'expérimenter des choses.  Certains trucs vont surprendre, mais en même temps il y a toujours quelque chose qui me rattrape où l'on reconnaît mon identité. Arriver à imposer une vraie identité et surprendre en même temps, c'est ça qui est intéressant.

 

Y aurait-il un artiste avec qui tu souhaiterais collaborer dans l'absolu ?

C'est un peu trop tôt pour en parler mais il y a des choses en préparation... Il y a des artistes un peu cultes d'une autre génération. J'ai aussi très envie de travailler avec une voix féminine. J'ai fait plein de rencontres dans l'année, j'avais envie d'inviter ces gens dans mon studio comme on invite des potes à venir dîner à la maison.

 

Tu vas repartir vivre à Berlin, rentrer à Paris ou t'installer dans une nouvelle ville (encore) ?

J'aime bien l'idée d'être nomade donc je bougerais bien ailleurs qu'à Berlin pour changer. J'ai passé trois ans dans cette ville, c'était une étape de ma vie. J'ai une vraie attache là-bas et j'ai l’opportunité d'y revenir quand je veux. Je poserais bien mes valises ailleurs, reste à savoir où. Pour l'instant je suis très bien en France, je me suis fait un petit studio dans une maison de campagne. Après il faut voir, j'ai le fantasme de faire chaque disque dans une ville différente ! (rires)

 

Tu as joué au Berghain il n'y a pas si longtemps. C'est quoi ton meilleur souvenir là bas en tant qu'artiste ou en tant que spectateur ?

Déjà le lieu est fou. J'y avais joué un dimanche matin, je ne me souviens plus vraiment mais certaines personnes étaient déjà là depuis douze heures. J'ai adoré jouer là bas. En tant que spectateur aucun concert ne m'a particulièrement marqué, on y va presque plus pour le lieu, l'atmosphère, l'énergie et l'ambiance plutôt que pour la musique.

 

Parlons pop : Lady Gaga doit venir au Berghain pour présenter son album à venir. Tu en penses quoi de ces artistes mainstream qui essaient d'acquérir une crédibilité underground par ce genre d'opérations ?

C'est un peu fou, on dirait une blague (rires). C'est très malin de sa part ou de celle de ses managers, très bien vu de jouer dans le temple de l'underground. En vérité cela fait un petit moment que le lieu est passé d'un statut underground à un statut un peu hype. C'est le schéma classique où tout ce qui est dans la marge finit par être récupéré à un moment donné par la culture populaire.

 

Tu écoutes quoi en ce moment ?

J'ai quelques trucs dans mon iPod : j'aime vraiment beaucoup le double album de remixes de Clark qui vient de sortir. Il y a des morceaux très barrés mais il y a aussi des trucs sublimes, je pense en particulier à ce remix qu'il a fait pour le morceau "Fentiger" de Nathan Fake . Ce morceau m'a obsédé durant des jours. J'ai bien aimé également l'album de James Holden et celui de Fuck Buttons. Niveau hip-hop j'écoute aussi l'album de Earl Sweatshirt, ça m'a fait penser à du vieux Wu-Tang Clan en plus moderne.

 

Pour terminer, comment te projettes-tu dans cinq ans ?

J'espère avoir fait au moins deux albums de plus. A chaque disque j'ai l'impression d'aller un peu plus loin, c'est hyper intéressant. J'espère que d'ici-là j'aurais pu en faire deux, voire trois, voire quatre (rires) ! Je me vois toujours sur la route, j'adore la tournée et je pense que j'aurais encore l'énergie de jouer à ce moment-là. Travailler sur des musiques de films m'intéresserait beaucoup, j'espère pouvoir passer du temps en studio sur un projet dans cet univers. Ou peut-être voyager avec un tout petit peu de matos et faire de la musique ailleurs, j'ai du mal à me projeter, on verra (rires) !

 

Tohu Bohu / Tohu Bonus (InFiné)

En concert à l'Olympia le 31 octobre

rone-music.com

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