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Quel (nouveau) hipster êtes-vous ?

Quel (nouveau) hipster êtes-vous ?

Les hipsters originels ont fait des petits, il fallait bien une cartographie pour s’y retrouver dans cette famille désormais hétéroclite.

Oui, le mot “hipster” est encore d’actualité aujourd’hui, même si on peut le considérer comme galvaudé sur certains aspects. Servi à toutes les sauces à une époque pas si lointaine, à la moindre apparition d’un bout de barbe taillée où d’une chemise de bûcheron, il fait désormais écho à une réalité bien plus complexe : le hipster "seul" a disparu, vive LES hipsters ! La démocratisation des gènes originels du hipster, qui ne s’ancre pas dans une culture particulière, mais qui s’intéresse à tout ce qui touche à l’avant-mode musicale, culturelle et vestimentaire, a donné naissance à bon nombre de dégaines et d’attitudes particulières et reconnaissables, que l’on peut trouver au détour d’un bagel store, d’une soirée underground ou d’un skate shop. Passage en revue de la hype version 2013.

 

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L’Authentique

Niveau sape : Allez, vous pouvez nous la faire, cette liste : bonnet ou casquette de camionneur, chemise à carreaux boutonnée jusqu’en haut, légère barbe pour les hommes si le système pileux le permet… l’Authentique hipster est devenu un style à lui tout seul, au même titre que le thug ou le fan d’emo (espèce aujourd'hui disparue).

Niveau attitude : “Ah, t’écoutes ça en ce moment ? Ouais, c’est vrai, c’est pas mal. Je t’avoue que j’ai arrêté d’écouter ça il y a 3 semaines, j’ai décroché après leur deuxième EP, ils se sont mis à tous en parler dans le XIème.”

Niveau iPod : Par principe, l’Authentique n’est pas du genre à faire dans la sélection stylistique. Mais il/elle garde toujours ses premières amours en poche : un vieux disque de Modest Mouse, le deuxième album d’Animal Collective (le plus dur à écouter) et Veckatimest de Grizzly Bear.

 

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Le Vénère

Niveau sape : Ce sous-genre, qui s’inspire directement des hipsters du début des années 2000 (les emos originels, qui écoutaient Death Cab For Cutie et At The Drive-In), en garde encore les gènes : sa passion pour les musiques “cool et jouées très fort” s’expriment dans la présence de plugs géants aux oreilles, de bonnets XXL, de jeans slim noirs et de tatouages plein les bras. Mais attention, intenses, étranges et avant-gardistes, les tatouages.

Niveau attitude : “De toute façon, la musique indé à l’heure actuelle, c’est devenu aussi conformiste que la pop, la seule sphère créative aujourd’hui, c’est le revival sludge-post-core, ça n’obéit à aucune règle.”

Niveau iPod : Le Vénère adule toute la sphère distordue défendue par Pitchfork et Stereogum, entre black metal indépendant et hardcore côte ouest nouvelle école, le genre de truc défendu bec et ongles par le magazine Vice. Et qui fait bobo aux oreilles.

 

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Le Clubbeur Torturé

Niveau sape : Depuis que les hipsters ont compris que la coolitude se dirigeait davantage vers les clubs et les soirées techno sur péniches que vers les concerts de harpe, il a bien fallu s’adapter : un type qui écoute de la techno, ça se fringue, au moins un peu, techno. Un t-shirt d’un label obscur, un chino d’une couleur improbable, un short à la coupe forme inexplicable accompagné d'un legging "espace" pour elles, des sneakers et un bracelet VIP suffiront bien, il s’agit de rester sobre et libre de ses mouvements, sans parler des pensées profondes.

Niveau attitude : “Bon week-end ? Moi perso j’ai pas dormi, il y avait la #75021 au 6B, et puis j’ai enchaîné sur la Concrete, c’était plutôt indus-minimale. Si j’ai réussi à rentrer ? T’inquiète, je suis pote avec la meuf du DA.”

Niveau iPod : La musique électronique actuelle regorge de propositions pour le Clubbeur Torturé. Si la clique néo-house anglaise, Disclosure en tête, fera frétiller d’enthousiasme les néophytes curieux et les amateurs d’une certaine idée de la pop dans l’électro, la sphère techno plus “dure” fait aussi l’affaire de ces nouveaux party harders en quête de sensations fortes. Sans parler de choses plus mentales et “intello” comme John Talabot ou Jacques Greene, que l’on retrouvera en after du Pitchfork Music Festival Paris...

 

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Le Rétro

Niveau sape : D’abord, parlons barbier : le Rétro a la moustache lustrée, voire stylisée, et la barbe brillante et pleine de vie. Et si son fixie possède une sonnette cuivrée pour signaler sa présence aux diligences, c’est pour mieux viser le raccord de couleurs avec un jean retroussé qui dévoile des godillots en cuir trop classe, sans parler d’éventuelles bretelles et d’un béret (fait main) bien placé.

Niveau attitude : "On vit vraiment dans une époque pourrie, tout le monde est tellement préoccupé par l'apparence, ça me donne envie de devenir ébéniste en province tiens. Et puis je monterai un atelier de graphisme dans la pièce d'à côté".

Niveau iPod tournedisque portatif : Des vieux singles 78 tours chinés en brocante, ou dans les bacs “post-noise-folk” du disquaire indé du coin, ou tout autre étrangeté sonore à disposition, tant que ce n’est pas encodé en MP3. Parce que tu comprends, ça tue la chaleur du son, et il n’y a plus de notion d’imperfection.

 

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Le Néo-Planchiste

Niveau sape : Le skate, vous l’avez remarqué en regardant autour de vous dans la rue, a repris une place prépondérante dans les loisirs de la jeunesse d’aujourd’hui. Tant et si bien qu’il n’est pas rare de voir, dans les centres névralgiques de la branchitude (food trucks, disquaires, bar à soupes…) des Néo-Planchistes avec chemises à motifs mal taillées, une paire de Vans Classic aux pieds, des shorts de boy-scouts pour eux, des poom-poom en jean pour elles, sans oublier la planche de skate en plastique recyclé en évidence.

Niveau attitude : “Tu vois, moi, le skate, c’est davantage pour la glisse, la sensation et le vent dans les cheveux, je suis trop adulte pour faire des figures maintenant.”

Niveau iPod : Les réminiscences du skate-punk d’il y a 20 ans, qui se retrouvent dans des groupes comme Beach House ou Fidlar, sont conseillées, mais les références qui cassent avec une discipline qui se traîne un passif encore un peu trop étiqueté “Blink-182 et compagnie” sont toujours appréciées, tant que ça sent la Californie. N’hésitez pas à name-dropper des types comme Flying Lotus ou Madlib à tout lorsque vous sortez avec votre Penny Board sous le bras… Pardon, sous vos pieds.