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La fascinante lettre de Steve Albini à Nirvana révélée

La fascinante lettre de Steve Albini à Nirvana révélée

La déclaration d'intention du producteur de l'ultime album du trio, écrite il y a 20 ans est, comment dire... radicale.

Imaginez un peu la scène. Vous vous appelez Kanye West, et vous souhaitez bosser avec un producteur reconnu pour ses talents en la matière pour votre nouvel album, sans que le type en question soit une légende. Vous le contactez, et il vous renvoie un mail disant "ouais, pourquoi pas, mais t'as intérêt à ne pas te dégonfler devant ton label et à faire dans le commercial, sinon ça ne m'intéresse pas". On peut imaginer que vous, tout célèbre que vous êtes, prenez un peu ce type pour un fou, ou en tout cas pour un type extrêmement culotté.

C'est probablement ce qui a plu à Nirvana lorsqu'ils ont reçu une lettre de Steve Albini, producteur archi-célèbre (à cette époque-là, pas tant que ça), qui répond à une conversation informelle entre lui et Kurt Cobain quelques jours plus tôt.

Cette lettre, incluse dans chaque copie de l'édition limitée d'In Utero (vous savez, la réédition des 20 ans), vous pouvez la consulter ci-dessous. Il faut comprendre l'anglais, mais en gros, Albini se paie le luxe de donner un demi-ultimatum aux auteurs de Nevermind, devenus de véritables super-stars à cette époque.

Quelques paragraphes de la première page, notamment, sont édifiants :

"Je pense que la meilleure chose que vous puissiez faire à ce moment-là de votre carrière est de pondre un disque en deux jours, de grande qualité mais avec une production minimale et sans aucune interférence avec les crétins de la bureaucratie. Si c'est ce que vous voulez faire, je serais ravi de travailler avec vous. Si, au contraire, vous pensez vous trouver en position de devoir satisfaire les désirs de votre label, pour qu'ils puissent mette leur nez dans l'enregistrement afin de le "polir", […] alors c'est bien dommage pour vous et je ne veux pas prendre part à ça".

Le reste de la lettre est de la même trempe ("je demande à être payé comme un plombier, je fais le boulot et vous me donnez ce que vous pensez être le bon prix"), et se finit par une photo de Steve Albini, assis contre un mur, avec les chaussures qui brûlent. On note aussi une magistrale phrase de conclusion : "si un album prend plus d'une semaine à être produit, quelqu'un foire son coup".

On connaît la suite de la légende, le producteur travaillera bien sur In Utero, avec l'excellent résultat que l'on connaît, écrivant ainsi une page de l'Histoire du rock.

Ci-dessous, les pages en question :

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