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St Germain, MC Solaar, Silverchair... Que sont-ils devenus ?

St Germain, MC Solaar, Silverchair... Que sont-ils devenus ?

De nombreux artistes influents se sont évanouis dans l'ombre, parfois sans trop que l'on sache pourquoi, nous avons mené l'enquête pour en savoir plus sur leur vie actuelle.

Photo de Une : Silverchair, dernière version avant le placard.

En 2013, cinq, dix ou quinze ans ans après leur évanouissement, ces artistes interpellent encore bon nombre de mélomanes, qu’ils fassent l’unanimité ou qu’ils divisent dans leur propre sphère. Un départ, une séparation, une possible panne d'inspiration, une envie d'arrêter, ou simplement un changement de tendance les ont fait disparaître alors qu’ils avaient encore beaucoup d’oreilles attentives à leur travail. Que sont devenus ces musiciens rock, rap, métal ou électro qui squattent encore les colonnes de CD de nos chambres d’ados chez nos parents, et dont on n'a plus aucune nouvelle ? Nous avons imaginé que cela vous turlupinait autant que nous, on a donc embarqué notre lampe de poche et notre calepin pour en savoir plus. Même si certains artistes de notre liste n'ont probablement plus vos faveurs, ni les nôtres d'ailleurs...

 

St Germain

 Si il y a quelqu'un qui a disparu des radars de manière radicale, c'est bien Ludovic Navarre. Et c'est d'autant plus étrange qu'il avait tout pour lui : St Germain, son nom de scène le plus célèbre (après moult collaborations et pseudonymes durant le début des années 1990) n'a jamais été aussi célèbre que dans le tout début des années 2000, son album Tourist poussant au paroxysme son alliance entre house et jazz. On l'a vu dans de nombreux festivals à cette époque, jouer avec des troupes de musiciens extrêmement doués et faire ainsi planer des cohortes de fans. Il réalise ensuite la bande-son du film Chaos de Coline Serreau, ce que certains considèrent comme son ultime album, cela place la dernière apparition artistique du bonhomme en 2002. Depuis ? Rien. Il continuerait de bosser, enfermé dans son studio à Chatou en région parisienne, son entourage ayant même évoqué l'éventuelle préparation d'un album encore récemment. Sauf que la jazz house en 2013, ça ne risque pas de faire rêver les fans de Gesaffelstein.

 

Pleymo / Kyo

Les premiers viennent du métal alternatif français, les seconds des bacs à disques du Leclerc. Ces deux groupes ont pourtant fini par s'apprécier et par produire une musique que certains jugeront similaire, avant de se dire "on arrête maintenant parce qu'on est au top". Pleymo, qui a sorti quatre albums, d'abord braillés, puis chantés, n'a jamais vraiment été regretté par la frange la plus "authentique" des amateurs de gros son made in France, quant à Kyo, les ados qui ont acheté leurs disques par caisses sont maintenant media-planneurs ou banquiers, et écoutent Stromae. Marc Maggiori, chanteur de Pleymo, réalise des clips et tout un tas de trucs artistiques, le DJ de la formation, Frank Bailleul, travaille avec certains de ses potes de Enhancer dans une boîte de production vidéo florissante. Le bassiste, Benoit Julliard, participe au groupe Empyr, dans lequel on retrouve le chanteur et le guitariste de Kyo. Qui, si on en croit le message "Bientôt" laissé sur son site web il y a quelques semaines (depuis effacé), compte se reformer. Reste à voir si c'est une bonne nouvelle. Pour ce qui est de Pleymo, la rumeur voudrait que tout ça leur ait donné envie de s'y remettre aussi. Hourra ?

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Saïan Supa Crew

Voilà un groupe sur lequel nous n'avons plus rien à dire, mais dont les différents membres ont su rebondir de manière créative depuis sa séparation en 2007. Feniksi ? Il n'est autre que celui qui vous a agacés avec son "j'veux du soleiiiil, oy oy oy" sous le nom de Féfé. Leeroy a sorti bon nombre de mixtapes ainsi qu'un album, Open Bar, en 2008. Sly Johnson n'est autre que Sly The Mic Buddah, également membre en son temps du collectif rap qui a fait bouger les ados avec "Angela". Quant à Sir Samuel, son second album Gallery est sorti en 2011. Les fans du "SSC" ont donc de quoi se rassasier, en admettant que le nouveau style de chacun des membres puisse leur plaire.

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Silverchair

 Ce qui est curieux avec ce groupe, c'est que ses membres ont exactement le même âge que ceux qui l'écoutaient lors de son succès, à la fin des années 1990. Autrement dit, Daniel Johns et ses amis de Silverchair, consommant maintenant leur trentaine, ont encore certainement assez de patate juvénile pour continuer une carrière musicale. Ceci dit, commencer une carrière à 14 ans et exploser les charts avant la vingtaine, ça doit user plus vite que la normale. Leur dernier album "à succès", Neon Ballroom, est sorti en 1999, depuis lors, seuls deux disques ont vu le jour, le sirupeux Diorama en 2002 et le très moyen Young Modern en 2007. Sur cet album, on retrouve pourtant Luke Steele de Empire Of The Sun, encore peu connu du grand public à cette époque, et avec lequel Daniel Johns préparerait quelque chose, Silverchair ayant été officiellement mis au frigo en 2011. Vous pouvez donc couper vos cheveux et enlever vos piercings à l'arcade.

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TTC

Tout le monde connaît "Girlfriend", "Une Bande de Mecs Sympa" ou encore "De Pauvres Riches", et regrettent un peu l'époque qui collait au succès de TTC : celle où le hip-hop français se portait bien, grâce à la santé de sa branche alternative. Depuis la séparation du groupe en 2007, chaque membre du trio de MCs (ou du sextet, si l'on compte également les producteurs qui ont charpenté le "son TTC") s'emploie à continuer ses activités artistiques : Teki Latex et DJ Orgasmic ont opéré une transition vers le monde de l'électro et ont fondé le label Sound Pellegrino (avec le succès critique que l'on connaît), Para One et Tacteel ont tracé leur route, chacun de leur côté comme en duo, Tido Berman et Cuizinier ont continué de manier le micro avec verve, le second ayant même sorti son premier album très récemment. Et même s'ils s'apprécient et se fréquentent encore beaucoup, les chances de reformation sont quasi-nulles : le dernier essai d'enregistrement, au début des années 10, n'a rien donné, l'aventure TTC étant derrière eux, aux dire de chacun des membres.

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Rage Against The Machine

Qui n'a jamais pogoté sur "Killing In The Name" dans une fête post-Bac ? Rage Against The Machine, avec Nirvana, Korn et beaucoup d'autres, a marqué la génération "alt rock" des années 1990, d'autant plus que Zack De La Rocha, Tom Morello et leurs comparses n'ont jamais eu la langue dans leur poche. En trois albums, ils ont fait siffler les oreilles du capitalisme, du système financier et de bon nombres de politiques américains. Pas calmés pour deux sous, ils se séparent pourtant en 2000, trop fatigués de se prendre le chou entre eux lorsqu'ils parlent politique. Après une sortie par la grande porte (concerts d'adieu et tout le tralala), la section instrumentale forme Audioslave (avec Chris Cornell, le chanteur de Soundgarden), Zack De La Rocha se lance dans la préparation sans fin d'un album solo... En 2007, tout ce petit monde fait le coup de la reformation, parfaitement orchestrée, pour le festival Coachella. Depuis, le groupe égrène ses vieux tubes sans en composer de nouveaux, sans qu'aucune rumeur de nouvel album de soit confirmée. Faire de la révolution son fond de commerce, on a vu mieux comme plan de pré-retraite.

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MC Solaar

Maintenant que le rap français "mainstream" n'est composé que de cailleras sur-musclées qui conduisent des Lamborghini, on peut se demander ce qu'il reste de la poésie créative de bon nombre de MCs des années 1990, MC Solaar en tête. Le gangster moderne, auteur de trois albums indispensables (Qui Sème Le Vent Récolte Le Tempo, Prose Combat et Paradisiaque, tous trois quasi-introuvables, jamais réédités), a ensuite baissé en régime, la trilogie "5-6-7" entamée dans les années 2000 le rapprochant davantage de la sphère "musiques urbaines pour Jean-Claude et Monique" que celle du hip-hop de qualité. Puis, plus rien depuis 2007 et l'ultime succès "Da Vinci Claude". Ah, si, il y a bien eu "Marche Ou Rêve", un récent single qui a tourné sur quelques radios, sans convaincre grand monde. Bon, il n'est pas de lui mais de Tom Fire, et il signe juste un appui vocal dessus, pas de quoi le blâmer non plus. On attend donc qu'il revienne nous sussurer quelque chose de grand à l'oreille, et on sait tous qu'il en est capable. Un album est peut-être en préparation, ses rares prises de paroles sèment le doute et entretiennent l'espoir, et ceux qui le croisent en train de boire un café aux quelques adresses parisiennes dans lesquelles il a ses habitudes décrivent toujours un homme courtois et plein d'aura. C'est toujours ça de pris.