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Red Hot Chili Peppers : De 1983 à 2011, la west side story!

Red Hot Chili Peppers : De 1983 à 2011, la west side story!

A l’automne 2012, les deux membres fondateurs des Red Hot Chili Peppers, Anthony Kiedis et Flea auront 50 ans : on parle de rockeurs qui ont fait une pochette de disque parodiant le « Abbey Road » des Beatles avec une chaussette en guise de cache sexe. Vous y êtes ? Non? OK, avant de causer de « I’m With You », leur nouvel album, on rembobine.

Car avant de vendre des disques par paquebots ("Blood Sugar Sex Magic",10 millions, "Californication", 16 millions record à battre), nos Californiens pur jus ont longtemps ramé, ce qui se dit peu. Groupe de copains à ses débuts, monté pour déconner, prendre de la drogue et draguer les filles, les Red Hot sortent un premier album éponyme tout à fait inaudible : production en carton, Kiedis qui rappe déjà faux et sens de la composition acnéique. On est en 1983. Pourtant, mister Funkadelic, George Clinton himself donc, s’empare des manettes de « Freaky Styley ». Ca n’est pas beaucoup mieux, mais nos obsédés sexuels y maîtrisent déjà mieux ce qui fera plus tard leur succès : le mix libertin entre rap, funk et rock. Passons sur la mort par overdose d’Hillel Slovak, ami et guitariste des débuts, et filons directement à la case Under the bridge.

Blood Sugar Sex Magic : 20 ans et (presque) toutes ses dents...

Où l’on retrouve nos rockeurs tatoués dans une villa californienne, en train d’enregistrer « Blood Sugar Sex Magic ». Au casting, un nouveau batteur (Chad Smith, depuis « Mother’s Milk »), un petit jeune à la guitare, John Frusciante et un gros monsieur avec une immense barbe à la production, Rick Rubin himself. L’album monstre qui sortira de ces sessions s’appelle « Blood Sugar Sex Magic, », comporte les hits interplanétaires Give it Away et Under The Bridge, les photos de pochette sont signées Gus Van Sant et le tout va les propulser en tête de gondole de la fusion. On est en 1991 et le succès leur permet soudain de s’acheter autant de chaussettes qu’ils veulent.

A partir de là… John Frusciante est débarqué (too much drugs in the neighborhood), Dave Navarro rapplique, ils vendent encore des caisses de One Hot Minute, puis Navarro s’en va à son tour, Frusciante revient, ils pètent un score avec Californication, où la pop FM commence déjà à mettre des coups de pied au funk originel, les tatouages de Jimi Hendrix deviennent pâles, les fans de la première heure commencent à tirer la tronche et un nouveau public se ramène : les kids qui ne connaissent pas leurs débuts et qui s’en foutent. Les Red Hot sont devenus un groupe de stade, ils ont pondu Stadium Arcadium et Kiedis a eu la plus mauvaise idée de sa carrière : se mettre à chanter. On est dans les années 00.

2011, Frusciante est encore parti et le remplaçant s’appelle John Klinghoffer, 15 ans de moins que ses collègues de scène, et le résultat s’appelle donc « I’m With You », succession à bailler de tubes rock FM comme il s’en fait depuis toujours. Pour l’instant, Kiedis et Flea n’ont encore que 49 ans. On peut se demander comment ils le vivent, rapport à leur carrière folle, qui les aura vu passer de l’héroïne sous les ponts aux applaudissements galvanisants d’une foule de 60 000 personnes. En tout cas, une chose est sûre, leur mojo est au placard depuis longtemps. Rangé au milieu des chaussettes.

R.V

Red Hot Chili Peppers // I’m With You // Warner

http://redhotchilipeppers.com/