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"Paper Trails" de Darkside en écoute

"Paper Trails" de Darkside en écoute

Nicolas Jaar s'éloigne de plus en plus de la "house intelligente" qui lui a valu le succès de ses débuts.

Space Is Only Noise avait fait un carton tant auprès des critiques que du public. Véritable "éloge de la lenteur", l'album osait convoquer les voix de Godard discutant avec le critique Serge Daney, ou celle du poète dada Tristan Tzara, sur des morceaux qui n'hésitaient pas à salir les atmosphères qu'ils mettaient en place.

A 20ans à peine, le New-Yorkais s'est vu entouré d'une véritable aura arty. Assez discret (et, parait-il, plutôt désagréable), sa réputation a grandi rapidement, sans qu'il ne fasse rien pour. Tout en continuant ses études, Nicolas Jaar emmène donc son album aux quatre coins du monde et monte des performances multimédias, comme au MoMA de New-York où il se produit en compagnie d'une danseuse contemporaine. Mais le succès de sa deep-house ne lui suffit pas. Nicolas Jaar décide de monter son prore label, Clown & Sunset, où l'on retrouve des artistes dans la même veine (Acid Pauli notamment). Quand à ses productions, elles s'éloignent du genre qui l'a rendu célèbre. Don't Break My Love, son dernier EP en date sous le nom de Nicolas Jaar, est beaucoup plus bruitiste et moins pop que les précédents.

La transformation s'achève lorsqu'il se met à produire sous le nom de Darkside en compagnie du saxophoniste (et maintenant guitariste) Dave Harrington. Dans la foulée Nicolas Jaar abandone Clown & Sunset pour monter une nouvelle structure, Other People. Le premier EP éponyme de Darkside reste assez confidentiel, même s'il avait donné lieu à un live d'une beauté toute épurée (des disques de métal dépolis renvoyant des "tubes" de lumières, le tout accompagné de stroboscopes). Darkside sortira son premier album Psychic le 8 octobre.

 

Il nous avait déjà proposé les 11 premières minutes de l'album sous le nom de "Golden Arrows". Nos enceintes avaient crépitées et le morceau nous avait légèrement dérouté. Impossible de savoir à quoi s'attendre. Finalement "Golden Arrows" s'était révélé expérimentatif mais pas expérimental, pop mais sans ritournelle. "Paper Trails" continue de déconstruire les formats et de titiller notre oreille en étant peut être plus accessible, parce que plus sensuel et groovy. On attend la suite avec impatience !

 

Retrouvez Darkside au Pitchfork Music Festival de Paris !