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Album de la semaine : Maya Jane Coles – Comfort

Album de la semaine : Maya Jane Coles – Comfort

La belle DJ/productrice anglaise a attendu un peu plus longtemps pour voir son premier album débarquer en France. Ça en valait la peine.

Bah, il est pas sorti depuis bientôt deux mois, cet album ? Il est vrai qu'à l'heure de la dématérialisation des frontières culturelles, cela paraît étrange de sortir un disque plus tard dans certains pays que dans d'autres. Mais c'est un fait : pour de multiples raisons, probablement contractuelles, qui nous échappent en tant que simples mélomanes, le premier album de Maya Jane Coles, Comfort, débarque en France avec un léger décalage, si on tient compte de sa date de sortie dans son pays d'origine (l'Angleterre). Du coup, on a déjà parlé de cette productrice au look (d)étonnant, qui se place à mi-chemin entre Miss Kittin et Annie Mac. Une vraie tueuse de dancefloors, comme elle le prouve régulièrement lors de ses DJ-sets mentaux, introspectifs, sans oublier d'être puissants à souhait.

Alors, quid de cet album retardé, véritable secret de polichinelle vu que les vrais fans de la belle l'ont déjà écouté mille fois ? La simple présence de cette chronique en ce lundi de rentrée peut servir de réponse en soi. Oui, malgré cette sortie tardive, les néophytes auront grand plaisir à découvrir l'univers nocturne, feutré et sensuel de la Londonienne qui, si elle réussit à affiner son style, en devient tout de même un peu plus professorale qu'elle ne l'était auparavant. Sa house profonde perd parfois le côté moite et mystique qui faisait le charme de ses premiers maxis, au profit d'un côté presque cold wave. Sa voix fluette, que l'on entend à présent presque tout le temps, y est forcément pour quelque chose... À vous de voir si ça vous parle ou pas ! À ce petit jeu, elle s'en sort merveilleusement bien sur la sexy "Stranger", sans doute l'un des meilleurs morceaux de l'album, aux côtés du "When I'm in Love", qui se rapproche davantage d'un R'n'B électronique sensuel que d'un tube dancefloor. Les autres morceaux sont tout aussi enveloppants, sans réussir pour autant à prendre l'auditeur par la main à chaque coup. Et même si on aime Miss Kittin depuis longtemps, son featuring sur le morceau "Take A Ride" a du mal à nous saisir par les tripes.

Néanmoins, à part ces petites imperfections propres à un premier effort, Comfort impressionne pour un paquet de raisons. Primo, parce que l'univers musical de Maya Jane Coles est désormais parfaitement identifiable. Secundo, parce que cet album doit se laisser dompter au fil des écoutes, ce qui est en général un gage de grande qualité, qui se repère chez des artistes avec bien plus de kilomètres dans les pattes. Maya Jane Coles a donc tout d'une grande, et on lui pardonne aisément ses quelques maladresses de jeune fille.