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The Drums : Portamento

The Drums : Portamento

Depuis 2009 les Drums sont continuellement cités comme le groupe tendance dans la presse indie-pop et ce tube new wave est passé partout de vos téléviseurs à vos supermarchés. Les qui ? Replay sur les New Yorkais : la basse des vieux New Order et une section rythmique d’infanterie légère (comprenez de la batterie à une seule main et le moins de cordes possible en guitare), bref, on jurerait des inédits de Cure. Et quand je vous aurais dit que la voix flirte avec du Morrissey vous aurez compris que le “The Drums” sorti en 2010 avait comme tous les cocktails aux couleurs sexy un goût de distributeur automatique.

Chamallow sur le dancefloor

Le nouvel opus arrive alors que le buzz est encore chaud et Jonathan Pierce - son chanteur - affirme avoir voulu passer à autre chose. C’est même le sens de ce (barbare) “Portamento” : passer d’une note à une autre. Passer d’un guitariste (Adam Kessler, enfui lors de la dernière tournée) à plusieurs synthés, d’un groupe autoproclamé sans ambition à des charts mondiaux... Dans les faits à part le surplus de production sur les claviers (Hard To Love) ou les enveloppes de basse (le single Money), on n'est pas dépaysé. La batterie régresse même au stade de miroir pour la génération Franz-charleston (What You Were). Passé ce déjà-vu global, notons tout de même un downtempo qui plairait à Radiohead (In The Cold) et une tentative à la The XX sur If He Likes It Let Him Do It pas démérité. Mais surtout il y a ce Searching For Heaven que Jean-Michel Jarre aurait sans doute appelé ‘Anxiogène IV’, véritable OVNI empêchant de jeter le groupe à l’eau avec du béton aux pieds. Alors porte-manteaux ou doublure en vison ?  

Du Drums des fans...

The Drums n’a rien fait pour marcher autant, alors pourquoi ce succès ? Ces sifflements positivistes de gentillets Beach Boys ne peuvent pas tout expliquer. Si ? Et si finalement c’était ça, un groupe pour les publicitaires ? Ils illustraient la campagne écolo de Starbucks en 2010 et Volkswagen s’en resservait en début d’année pour relancer l’envie. Enième relecture de l’american dream des fifties avec coupe au rasoir, l’attitude ostensible de surfer rend cool et justement les sourires passent mieux en couverture en temps de crise. Même si on est plus proche de Point Break que du surf à papa ce révisionnisme sympa rapelle la vision happy de Joy Division par les Wombats. Des petiots de Brooklyn qui mitonnent une pop à l’anglaise c’est pas forcément la crème mais c’est facile à faire monter. Symétrie chez les anglais, au même moment où Ultravox et Human League reviennent, Hurts réinventait l'année dernière la synthépop néo-romantique sous les vivas du NME... avant de remixer Me And The Moon des Drums. Aujourd’hui où The Horrors se réclame du souvent rejeté A Certain Ratio, on pourrait se demander si Factory  - le mythique label anglais des 80's - aurait signé The Drums en son temps. Probablement pas. Mais rappelons que ce mythique label avait refusé les Smiths et qu’OMD l’avait quitté avant son Enola Gay. Alors...

The Drums // Portamento // Moshi Moshi (Coop)

www.myspace.com/thedrumsforeve