JE RECHERCHE
Les modes musicales aussi folles qu’éphémères : la witch house (2/5)

Les modes musicales aussi folles qu’éphémères : la witch house (2/5)

La musique d’aujourd’hui n’est pas avare en nouvelles tendances. certaines perdurent, d’autres s’insèrent gracieusement dans le paysage, et il y a celles qui ont fait beaucoup de bruit… pendant peu de temps. Green Room Session ressort quelques dossiers bien croustillants !

Witch, en Anglais, ça veut dire "sorcière". Le décor est posé le plus efficacement du monde : la witch house, ça donne les chocottes. Rassurez-vous, l'effet de ce mouvement musical a été tout à fait comparable à celui d'un film d'horreur comme Le Projet Blair Witch : intense, et incroyablement court. Entendait-on parler de witch house un an après les premières apparitions du terme dans la presse spécialisée ? Vous avez la réponse.

Déjà, avant de se lancer dans la musique en elle-même, il faut savoir qu'un groupe de witch house doit avoir un nom qui en jette, à coups de références occultes, de typographie bizarre et de croix inversées. †‡† (Ritualz), Salem, oOoOO, ††† (Crosses) et bien d'autres ont utilisé le filon à fond. De cette courte liste, étrangement, c'est le patronyme le plus "classique" qui s'en est le mieux sorti, un peu avant tout le monde : Salem, trio composé de John Holland, Heather Marlatt et Jack Donoghue, se forme en 2006, et sortira son premier EP deux ans plus tard. Originaires de Traverse City, une ville glauque du fin fond du Michigan, les membres du groupes ont traîné une réputation sulfureuse pendant longtemps, et l'ont même mise en avant lors de la sortie de leur premier album King Night en 2010. Ces hipsters trash se sont d'ailleurs fait rattraper par leur hygiène de vie marginale, qui les empêchait d'assurer sur scène.

Pourtant, ils auraient pu porter la witch house sur leurs épaules à eux seuls : leur son distordu, christique et effrayant à la fois, était basé sur un mélange de house (un peu) et de hip-hop sudiste (le même qui a servi à construire rythmiquement le mouvement trap) sacrément électrisant. Une sorte de mélange entre DJ Screw, Crystal Castles, une messe noire et Mylène Farmer, en gros.

L'effet de mode ainsi lancé, les clones ont commencé à pulluler, la plupart n'étant pas si inspirés que ça. Passé le réveillon 2011-2012, la witch house a simplement disparu des radars, non sans que le terme ait été utilisé à outrance pour qualifier des groupes qui n'avait parfois qu'un vague son cold wave... Car c'est bien de cela qu'il s'agit ici : le term witch house tombait à pic pour rassembler un vague spectre de groupes qui semblaient avoie envie de perpétuer un son froid et un peu torturé, mais qui n'avaient pas grand chose à voir les uns avec les autres, mis à part ceux qui ont tenté d'ériger un genre. Raté.

Dans la même série :

La fidget house (1/5)