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On vous raconte : Osheaga (Montréal)

On vous raconte : Osheaga (Montréal)

Trois jours d’immersion musicale sur une île au cœur de Montréal, avec une centaine de groupes et des têtes d’affiches comme Phoenix, The Cure, Mumford and Sons, C2C et Alt-J... Grâce à son alléchante programmation, le festival indie-folk-rock Osheaga a attiré plus de 135 000 festivaliers du 2 au 4 août dernier. Un record !

Couronnes de fleurs, tongs et vêtements fluos.... une foule colorée et festive, munie de bracelets RFID en guise de tickets, a afflué dès le vendredi après-midi dans le parc Jean-Drapeau, au cœur de l’île Sainte-Hélène. C’est dans cette oasis de verdure, reliée au centre-ville de la métropole québécoise, que se déroule depuis 2006 le festival Musique et Arts Osheaga. Après huit ans d’existence, l’événement s’est payé le luxe en 2013 d’afficher complet plus de deux semaines avant son ouverture. Ce succès grandissant, malgré des tarifs peu abordables (235$ le pass 3 jours), le festival le doit avant tout à son impressionnante programmation. En 2013, les groupes les plus en vue se sont produits sur cinq grandes scènes devant une véritable marée de festivaliers, dans l’effervescence générale.

Dès le vendredi après-midi, le festival commence fort avec le rock planant d’Alt-J, la sensation britannique du moment. Très discret sur scène, le groupe réussit tout de même à charmer la foule, qui reprend en cœur l’émouvant "Mathilda". L’après midi s’achève ensuite avec la pop-rock efficace et énergique de Two Door Cinema Club. Le groupe d’origine irlandaise doit beaucoup à son sympathique chanteur toujours doté d’une voix dingue. En début de soirée, place aux garçons de Vampire Weekend, en jeans slim et chemises impeccables, de passage pour la seconde fois à Osheaga. La pression dans le public monte d’un cran... malheureusement, le son aussi et le groupe devient difficile à écouter pour les tympans les plus fragiles. Retour à un niveau sonore normal avec Phoenix. Le quatuor français, très en forme, enflamme la foule avec son dernier album Bankrupt. Espiègle, leur leader Thomas Mars joue avec son public. D’abord fermement retenu à la ceinture par les agents de sécurité, il fend la foule pour escalader un pylône et revient après un long pogo à travers le public survolté. Un succès incontestable. Pour terminer la soirée, le groupe mythique The Cure, pionnier du rock gothique, interprète ses plus grands succès. Apprêtés comme toujours, ils émeuvent les inconditionnels du genre mais provoquent l’exode massif de la jeune génération.

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Samedi après-midi, c’est Lou Doillon qui chante sur scène ses déboires amoureux. La fille de Jane Birkin offre une spectacle charmant en présentant son premier album Places. On assiste ensuite au concert des jumelles canadiennes Tegan and Sara, rockeuses mini-format qui livrent une prestation énergique et pleine d’intensité. Place ensuite à l’électro-rock du groupe Imagine Dragons, originaire de Las Vegas, puis aux rappeurs Macklemore and Ryan Lewis, qui ont fait exploser YouTube il y a quelques mois, tandis que de l’autre côté du site, Simon Green alias Bonobo et son électro planante accompagnent parfaitement la tombée du jour. Entre les scènes, la circulation se fait de manière très fluide malgré le nombre de festivaliers. La soirée s’achève avec les Nantais de C2C qui mettent le feu au public malgré la pluie, avec en arrière fond un feu d’artifice qui se tient de l’autre côté de l’île. Magique ! Sur une autre scène, le quadragénaire Beck reçoit un accueil enthousiaste.

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Dimanche, pour le dernier jour, la qualité de la programmation ne faiblit pas plus que l’enthousiasme des festivaliers. Osheaga affiche un air de vacances sous un soleil (presque) radieux, et les orages intermittents ne parviendront pas à gâcher le spectacle. Soulignons la générosité et l’authenticité du groupe The Lumineers, qui démontre un réel plaisir a être sur scène. Le trio folk-rock de Denver s’est produit devant un public conquis d’avance entonnant dès les premières notes leur tube "Ho Hey". Après le rappeur californien Kendrick Lamar et les vétérans du rock de New Order, très acclamés, le festival s’achève en apothéose avec le rock-folk mélancolique du groupe anglais Mumford and Sons, ultra-populaire de ce côté ci de l’Atlantique. L’intégralité de la foule semble connaître par cœur la totalité du répertoire du groupe, dont "Little Lion Man" et "I Will Wait". Un dernier concert en forme de communion parfait pour une clôture.

Le petit plus d’Osheaga : une organisation impeccablement rodée et l’accent mis sur le confort des festivaliers. Des points d'eau, des stations pour recharger les portables, un espace “chill” doté du Wifi avec hamacs deux places et transats au bord de l’eau, ainsi que les meilleurs food trucks de la ville... Un traitement aux petits oignons pour de précieux festivaliers. Car le succès de l'événement est également commercial : cette année, Osheaga a généré selon les organisateurs plus de 50 millions de dollars de retombées économiques. Qui dit mieux ?

Par Anouchka Collette