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The Horrors : Skying

The Horrors : Skying

En omettant leur attitude hautaine vis à vis des médias, qui aurait pu parier le moindre penny en 2007 sur les jeans skinny, noirs et troués des Horrors ? L’ébouriffé “Strange House” creusait alors un énième retour du post-punk entre le primitif Nick Cave des débuts (la basse chasseur d’ivoire) et un garage 60s barré d’une vilaine migraine (l’orgue !). Le retour deux ans plus tard avec Sea Within A Sea, un titre ultra carré de 8 minutes krautrock où Geof Barrow de Portishead configurait l’autopilote a coiffé tout le monde au poteau : se pouvait-il que les gosses qui jouaient avec de l’eyeliner soientt déjà devenus adultes ? L’empreinte carbone de “Primary Colors” le prouvera peut être un jour, mais ce deuxième opus réussissait déjà le pari du millénaire : intriguer son audience sans jamais prendre la suite du premier. Doubler par la droite en poussant à fond de 5 un synthé comme on n’en fait plus en allemagne de l’est. J’entends mal, vous avez dit kraut ou shoegaze ? 

Bien parallèles mais à fond sur les bosses 

Désormais invités à toutes les afters, enregistrant avec Suicide et tournant avec des covers bands, tout pouvait arriver de ce quintet anglais. La maturité étant déjà bien consommée, ce troisième album se montre plus pop, mais sans jamais que cela signifie s’abaisser. La basse est plus ronde, rappelant les heures solaires de New Order (tel le premier single Dive in) ou Primal Scream (Changing the rain). “Skying”, jeu de mot évoquant un slalom dans les cieux, on imagine Faris Badwan guidant son groupe au travers de portes shoegazes tantôt rouge new-wave infernal (I can see through you), tantôt bleu céleste trippant (Ocean’s Burning). Mais il descend la pente des influences anglaises à vitesse folle et avant qu’on ait compris, il sera encore en avance sur tout le reste du monde. Hors piste.

The Horrors // Skying // XL (Beggars)