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Les supports musicaux du grenier : le Super Audio CD (5/5)

Les supports musicaux du grenier : le Super Audio CD (5/5)

À l’heure du tout-MP3, Green Room Session vous fait un cours d’histoire en déterrant les supports qui ont marqué l’histoire de la musique enregistrée, et que vous avez peut-être déjà utilisés… ou pas !

Peut-on vraiment parler de support "obsolète" ici, en sachant que le Super Audio CD est encore vaguement en exploitation ? Deux fois oui : déjà, vous ne savez probablement pas de quoi il s'agit, preuve tangible de l'échec commercial de cette galette lancée à la fin des années 90, et secundo, nous pouvons raisonnablement tabler sur une mise au placard dans les prochaines années. Oui, on sait, c'est méchant.

Le SACD, acronyme de Super Audio CD, a été mis en vente en 1999. Son but ? Combler un large faisceau d'utilisateurs plus "audiophiles" que la moyenne, puis, avec un peu de chance, remplacer le CD, support inventé à la fin des années 70 et pouvant donc être considéré comme remplaçable. Niveau aspect, un SACD a exactement la même tête qu'un CD, mais possède la même capacité de stockage qu'un DVD, ce qui permet de stocker du matériel audio de très haute qualité. L'un des enjeux, notamment, était de faire basculer le monde de la musique, dévoué à la stéréoscopie, dans le monde magique du 5.1 ! En outre, le SACD avait une force qui aurait pu lui servir davantage si elle n'avait pas été dévoilée un peu tard : il pouvait, à la manière d'un DVD double-couche, proposer, un album en version SACD mais aussi en version CD classique, ce qui le rendait adaptable à de multiples situations. Sans parler d'un système anti-copie nommé PSP, qui tombait à point nommé pour rassurer les gros poissons de l'édition musicale, terrifiés par la croissance exponentielle de la copie physique de CDs (si si, rappelez-vous de vos échanges d'albums de The Offspring sous le manteau au collège).

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Seulement quatre usines de pressage ont été mises en place pour la commercialisation du SACD, deux en Europe, et deux autres au USA, qui ont fermé depuis. Pourquoi ? Une demande inexistante, la nécessité pour le consommateur d'acheter du nouveau matériel pour profiter des avancées technologiques de la chose (enceintes 5.1 comprises, forcément), une visibilité limitée (dur de comprendre ce que peut apporter un format qui ressemble au CD comme deux gouttes d'eau), et surtout un catalogue un brin passéiste. Oui, beaucoup de groupes des 70's ont enregistré en 64 pistes, ce qui a permis de faire de magnifiques rééditions en 5.1. Mais le rock psyché et la musique classique, forcément, ça n'intéresse que peu les jeunes actifs, qui, même si leur portefeuille est moins garni que certains quinquagénaires mélomanes, ont quand même le pouvoir de faire ou défaire une tendance matérielle...

Résultat, 8 800 références pressées en SACD aujourd'hui. On doit naturellement ajouter quelques zéros pour faire la comparaison avec l'offre en CD... Bref, encore une fois, on se retrouve face à une belle réussite technique, qui avait le pouvoir d'amener l'exigence musicale un cran au-dessus de ce que nous vivons actuellement, mais les circonstances ont fait le reste. S'il vit encore, on imagine que l'arrivée (farfelue) du Blu-Ray audio rendra le SACD complètement inutile...

À lire aussi dans cette série :

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Le MiniDisc (2/5)

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