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Les supports musicaux du grenier : la DAT (4/5)

Les supports musicaux du grenier : la DAT (4/5)

À l’heure du tout-MP3, Green Room Session vous fait un cours d’histoire en déterrant les supports qui ont marqué l’histoire de la musique enregistrée, et que vous avez peut-être déjà utilisés… ou pas !

Dans la même lignée que le MiniDisc, il y a un autre format, bien plus confidentiel, qui a tenté de détrôner la fameuse cassette audio dans les 20 dernières années du siècle dernier. En ratant son coup, cela va de soi. Ce format, les professionnels de la musique le connaissent bien, c'est la DAT, ou Digital Audio Tape.

Tout est dans le nom : oui, cette cassette, qui repose sur les mêmes principes physiques que la K7 audio ou la VHS (deux bobines, une bande, un boîtier laissant apparaître un passage de bande pour la lecture...), est à la fois magnétique et numérique ! C'est assez inédit dans l'histoire de la musique enregistré pour être souligné, l'encodage numérique étant la plupart du temps synonyme de support optique (CD, DVD, tout ça).

Deuxième chose à savoir sur la DAT : non, elle n'était pas destinée qu'aux professionnels de la musique ! Son objectif, pour Sony (encore, oui), était bel et bien de remplacer la K7, qui avait déjà 25 ans dans les pattes lors de la sortie de ce nouveau format en 1987. De plus, son encombrement est bien plus petit, elle peut contenir deux heures de musique, et surtout, elle est adaptable : on peut l'utiliser avec bon nombre de taux d'écantillonnage (48, 44.1 ou 32 kHz ), en qualité 16 bits puis 24 bits. Oui, on sait, vous ne comprenez rien, mais les producteurs et les musiciens, eux, ont su s'emparer de la DAT, connue pour être un outil de diffusion de démos musicales.

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Niveau grand public, Real Life de Simple Minds fut le premier album a être édité sur DAT, à très peu d'exemplaires, ce qui rend dingue les collectionneurs d'aujourd'hui. Par la suite, très peu de maisons de disques ont tenté le grand saut, pour deux raisons : le CD prenait son envol, déjà. Ensuite, la copie illégale commençait a être perçue comme un problème de la part de la communauté des constructeurs comme des majors, la plupart n'ont donc pas compris l'intérêt d'accompagner un nouveau format, aussi performant soit-il, qui puisse continuer à encourager cette tendance.

On peut remarquer que la DAT a aussi été utilisée... comme format de stockage pour ordinateurs ! Oui, le support est numérique, il peut donc contenir des fichiers Word, en admettant que l'utilisateur y trouve un agrément pratique. En l'occurrence, à l'époque, la DAT écrasait littéralement la disquette en termes de volume de stockage, ce qui a pu plaire à certains, mais évidemment pas au grand public, qui n'en avait pas l'utilité.

Sony a finalement arrêté de fabriquer des lecteurs-enregistreurs de DAT en 2005, après avoir vendu 600 000 exemplaires depuis 1987, un nombre dérisoire si on s'amuse à compter, par exemple, le nombre de platines CD vendues dans le même laps de temps... Cependant, certains utilisent encore ces petites cassettes, notamment dans le milieu du cinéma et de la télévision : la DAT a l'avantage d'être compatible avec la synchronisation SMPTE, qui sert à caler le son enregistré sur l'image, sans souci de décalage. A priori, on peut imaginer que les appareils à mémoire flash ou à disque dur vont finir d'enterrer ce format qui, un peu comme le MiniDisc, était peut-être un peu trop malin pour son époque.

À lire aussi dans cette série :

La K7 audio (1/5)

Le MiniDisc (2/5)

Le phonographe (3/5)