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Les supports musicaux du grenier : le phonographe (3/5)

Les supports musicaux du grenier : le phonographe (3/5)

À l’heure du tout-MP3, Green Room Session vous fait un cours d’histoire en déterrant les supports qui ont marqué l’histoire de la musique enregistrée, et que vous avez peut-être déjà utilisés… ou pas !

Ce coup-ci, on va remonter loin, et si jamais vous avez un tel appareil dans votre grenier, il est bien possible que vous puissiez intéresser un paquet de riches collectionneurs. Oui, avant les lecteurs mp3, avant le CD, le MiniDisc, la cassette audio, la DAT et même les différents type de disques à sillons, tout est parti d'un appareil, le premier à véritablement restituer la musique enregistrée.

Le phonographe, a été breveté en 1877 par Thomas Edison, le célèbre ingénieur américain, après des recherches effectuées sur le sujet de l'enregistrement sonore par Charles Cros à Paris. Le principe ? Enregistrer des sons captés par un cornet sur un cylindre d'étain (vite remplacé par des modèles en cire, plus sensibles à la chaleur mais néanmoins plus fidèles), grâce à une membrane minérale en mica (vite remplacée par des versions métalliques), et d'une aiguille. Il suffit ensuite de faire tourner le rouleau dans un appareil qui permet, par un système d'amplification tout à fait similaire à celui qui a servi à la gravure, de restituer les enregistrements sonores.

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De fait, certains phonographes pouvaient à la fois lire et écrire du son, devenant ainsi des graphophones (vous suivez toujours ?). Sa démocratisation, dans les foyers comme dans les lieux publics, s'effectuera à partir de 1900, date de la sortie du "Gaulois" produit par Pathé, appareil performant et proposé à crédit (oui, déjà), ce qui a permis à bon nombre de mélomanes d'en acquérir un modèle.

Le gramophone, au concept quasi-similaire, est né la même année que le phonographe, mais impose de son côté l'utilisation de disques à la place des cylindres. C'est d'ailleurs ce qui lui a valu sa célébrité historique, plus élevée que celle du phonographe aujourd'hui : en effet, le format "disque" reste symboliquement présent dans l'inconscient collectif, et continue d'alimenter nos platines CD ou vinyle aujourd'hui. Oui, il existe bien des "Grammy Awards" et non des "Phony Awards"... Néanmoins, on garde toujours l'image très cinématographique du grand pavillon amplificateur de ces machines, que l'on retrouve dans de nombreux films qui relatent l'époque du début du XXème siècle, et qui est utilisé sur le phonographe comme le gramophone.

Aujourd'hui, seuls quelques mélomanes se rappellent de ce format presque préhistorique, qui avait a l'époque supplanté la boîte à musique, qui ne pouvait se contenter que de reproduire des mélodies grâce à un rouleau et des lamelles de métal, et basculait de fait dans le monde des instruments. Le phonographe a par ailleurs été la première victime de la concurrence des formats, en passant officiellement au disque dans les premières années du XXème siècle. Ensuite, tout le monde connaît l'Histoire...

À lire aussi dans cette série :

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Le MiniDisc (2/5)