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Les supports musicaux du grenier : la K7 audio (1/5)

Les supports musicaux du grenier : la K7 audio (1/5)

À l'heure du tout-MP3, Green Room Session vous fait un cours d'histoire en déterrant les supports qui ont marqué l'histoire de la musique enregistrée, et que vous avez peut-être déjà utilisés... ou pas !

Impossible de ne pas commencer avec la "compact cassette", nom officiel (et peu utilisé) de cette fameuse boite en plastique, que l'on a longtemps glissé dans le tiroir de notre chaîne stéréo. Mise sur le marché par Philips à partir de 1962, elle a surtout été portée aux nues grâce au non moins fameux Walkman, dont le premier modèle fut commercialisé en 1979 par Sony.

Aujourd'hui, rares sont ceux qui n'ont pas eu l'occasion de "rembobiner" la bande de quatre canaux qui constitue le véritable support sonore de la cassette audio, couramment abrégée "K7" en France. Si les premiers enregistreurs comprenaient un système pour retourner physiquement la cassette, la plupart des appareils conçus dans les 20 dernières années du XXème siècle pouvaient lire la bande dans les deux sens, et lire ainsi les deux faces du support sans être obligé de le retourner.

Surtout, la K7 possède un avantage sur bon nombre de supports physiques de l'époque, y compris le sacro-saint CD : elle est enregistrable, autant de fois que l'usure de la bande le permet. Elle a donc participé à la démocratisation du principe de copie illégale, mais aussi, dans un sens plus artistique, des "mixtapes" (tape étant le mot anglais pour cassette), dans le monde du hip-hop des années 80/90. Sans oublier la pratique courante de la "compilation personnelle", excellente manière de faire craquer l'être aimé en lui proposant une sélection de titres so romantic... Avouez-le, vous l'avez déjà fait !

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Évidemment, l'apparition du CD en 1983, et son essor commercial quelques années plus tard, a plombé le succès des ventes d'albums sur K7 audio, qui avaient pourtant réussi à dépasser le disque vinyle (merci le Walkman et l'autoradio). Le coup fatal a été porté au début des années 2000 avec l'apparition des lecteurs MP3 portables, qui ont supplanté les versions portatives des lecteurs CD, souvent mal adaptés à une utilisation portative, et qui n'ont jamais détrôné les baladeurs K7 originels, plus compacts, fiables et surtout solides. Le MiniDisc, quant à lui, n'a jamais pu se poser en concurrent efficace malgré e fait qu'il soit également ré-enregistrable (mais c'est une autre histoire, restez connectés...)

Aujourd'hui, il est pratiquement impossible de trouver des cassettes neuves en magasin, la plupart des marques ayant stoppé leur fabrication, et Sony ayant officiellement arrêté de produire le Walkman cassette en 2010 (le terme Walkman désignant toujours ses baladeurs MP3). Cependant, dans le domaine de la culture pop, les hommages sont nombreux et peuvent se voir partout, de la peinture au graphisme vestimentaire, en passant même par le monde du tatouage. Certains artistes imaginent déjà un retour de la K7, considérant le fait qu'on ne puisse pas aisément "sauter" de morceaux comme une excellente motivation pour créer des albums cohérents de bout en bout, et Daft Punk a même fait la promotion de Random Access Memories avec ce support ! Plus généralement, la K7 restera la première ambassadrice de ce principe aujourd'hui acquis : musique rime avec liberté.

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