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Les héros oubliés de la French Touch : Kojak (5/5)

Les héros oubliés de la French Touch : Kojak (5/5)

Cette semaine, focus sur ces artistes oubliés qui ont contribué à définir les codes d’un genre musical bien à nous : la French Touch.  Hier nous étions à Marseille, aujourd'hui on décolle pour New-York...ou presque. 

Il est chauve, fume des cigares et enquête dans le 13ème district de New-York : Théo Kojak est le policier le plus cynique des 70's (on se souvient de sa fameuse phrase "Who loves ya baby?"). Mais on s'égare. Le Kojak qui nous intéresse aujourd'hui, s'il a le même nom que cette série américaine diffusée entre 1973 et 1978, c'est le groupe parisien crée à l'orée du nouveau millénaire (1997 précisément). La même année où Phoenix choisit son nom d'oiseau (la composition du groupe étant établie depuis 1995), Grégoire Galian (Greg) et Cyril Vaschetto (DJ Vas) commencent à travailler en studio et se préparent à donner leurs premiers concerts. Trois jours avant la première date, ils rencontrent Jean-Marie Racon (Jayhem) qui devient leur MC : Kojak est né.

Le premier fruit de leur travail sera Soul Unit / Keep Me On Fire, EP sorti en 1997 et qui aura le malheur de terminer sur des compilations du type "Paris Lounge". Coup d'essai du trio, Soul Unit... propose une house filtrée nappée de vocaux soul et de guitares funky : la French Touch a fait école et devient un exercice de style. Petit à petit, le trio trouve sa voie et après deux autres maxis sortis chez Pro-Zak-Trax le groupe saute le pas pour le grand format. 

Succès mondial vendu à plus de 50 000 exemplaires, Crime In The City réussi le pari de faire entrer la house à la maison. Nous sommes en effet à une période où le genre sort de l'ombre (et des clubs donc) et vient frapper à notre porte. Le succès de cet album tient en cela que son rythme reste raisonnable et qu'il mélange les genres et alterne les styles. Sans faire preuve d'hérésie face à un genre en passe de devenir la nouvelle Eglise nationale, Kojak prend néanmoins ses distances avec le dogme dominant. Les morceaux taillés pour le dancefloor s'allient à des titres hip hop au tempo tranquille et aux vocalises soul. Si le bpm reste acceptable sur disque, le trio acquière rapidement une réputation de performers, avec des concerts aux quatres coins du monde (Afrique du Sud, Hong kong, Scandinavie...) et le public français fait connaissance avec Kojak lors de la première Techno Parade où 200 000 personnes sont réunies.

Kojak a donc contribué à incarner humainement la house à une période où elle était en plein essor. Leur second et dernier album, sorti 4 ans plus tard, s'affranchit plus encore des canons "French Touch" et  s'aventure du coté du jazz ou du trip hop. Il présentera même le fruit du travail avec une poétesse Canadienne. Quelques années plus tard, en 2007, le groupe disparait. Jean-Marie est aujourd'hui photographe et Cyril Vaschetto continue sa carrière de DJ. Quant à Grégoire Galian, nous n'avons pas retrouvé sa trace. 

C'est ainsi que s'achève notre série des héros oubliés, ces artistes qui ont marqué la French Touch mais dont le nom s'estompe de la mémoire collective. Ils n'ont pas été les seuls d'ailleurs. A vous de chercher les autres oubliés qui parsèmes l'histoire du genre !

"You Can't Stop it" au clip explosif.

Retrouvez nos autres portraits : 

- Demon

- Alex Gopher 

- Dax Riders 

- Superfunk