JE RECHERCHE
Les héros oubliés de la French Touch : Superfunk (4/5)

Les héros oubliés de la French Touch : Superfunk (4/5)

Cette semaine, focus sur ces artistes oubliés qui ont contribué à définir les codes d’un genre musical bien à nous : la French Touch. On quitte aujourd'hui la capitale pour Marseille avec Superfunk !

Dans l'inconscient collectif, on associe généralement la French Touch à Paris et sa banlieue Ouest. Pas forcément à tort d'ailleurs, un nombre important d'artistes ayant commencé leur carrière et parfois leur vie dans les environs. Rien qu'à Versailles, on retrouve Air, Alex Gopher, Ludovic Houplain (pour la partie visuelle) ou encore Phoenix. Si l'épicentre de la French Touch est bien la capitale, certains artistes on atteint une renommée mondiale sans passer par la case Tour Eiffel.

C'est le cas de Superfunk notamment. Le trio Marseillais fondé en 1998 se compose de Fafa Monteco, Stéphane B et Mike 303. Au même moment ils créent leur label, Fiat Lux, qui acceuillera une poignée d'artistes comme Exotica ou Jesse & Crabe avant de cesser son activité en 2001. Superfunk délocalise la house filtrée matinée de funk et de disco dans le sud de la France. Si, contrairement à nos autres héros, le trio rejoint le mouvement un peu plus tard, leur succès est retentissant. Ils remixent notamment Gus Gus et Felix De Housecat et sont remarqués rapidement. Leur premier single sort un an plus tard. Véritable hit dancefloor, "Come Back" récupère les codes de la French Touch (house "filtrée", utilisation de samples) mais accélère sensiblement le tempo et libère les basses.

Fort de ces premiers succès, les trois compères sortent leur premier et unique album à ce jour, Hold Up, en 2000. Le single "Lucky Star", sur lequel on retrouve le chanteur, producteur et Dj Ron Caroll, se classe dans les charts européens et américains. Il demeure aujourd'hui l'un des singles de musiques électroniques les mieux vendus au monde. "Lucky Star" est une parfaite synthèse du son "à la française" des 90's : des synthés disco décomplexés, des guitares funk et un chanteur de house en guest star (ce qui contribuera d'ailleurs à relancer sa carrière).

Après avoir surfé sur ce succès amplement mérité, la dynamique s'essouffle. L'un des membres, Fafa Monteco, finit même par quitté le groupe en 2005. Dans le courant des années 00's, Superfunk continue à vivre mais à un rythme plus tranquille. De 2000 à 2008 : aucune sortie inédite. Il faut donc attendre la fin les 00's pour un maxi, Electric Dance. Puis plus rien de nouveau. 

Il y a quelques mois cependant, Superfunk annonçait son retour via un EP, Disco Robots, premier pas vers leur futur album. Annoncé comme une retour aux racinces de la French Touch, avec une volonté affichée de rendre leurs morceaux accessibles, on retrouve effectivement leur patte. Mais celle-ci, fort de dix ans d'histoire du courant et de ses mutations, s'est enrichie de tout ce qu'on pu faire les générations suivantes. L'influence de Justice se fait notamment sentir.

Si Superfunk mérite son titre de héros, ce n'est pas tant pour son innovation musicale que pour son succès mondial, prouvant par la même que la French Touch n'est pas parisienne mais bien française !

Le clip de "Lucky Star" avec Ron Carroll qui se promène dans son Chicago natal.



Retrouvez nos autres portraits :

- Demon

- Alex Gopher 

- Dax Riders