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Eurockéennes, day 3: Saturday Night Special

Eurockéennes, day 3: Saturday Night Special

Tant qu'à être sur la route de Belfort, et puisqu’on a cette ambiance à la Kerouac, bonne idée d’ouvrir la journée sur l’americana de Moriarty. En douceur, le talent s’impose comme un film sur le drive-in du festival. Sur scène on s’amuse, on sort des harmonicas d’une cartouchière ; une glace à la main, ce n’est plus un dinner confortable, c’est un feu de camp qui vous invite à rejoindre le trailer-park. A l’autre bout du monde, The Do se la joue épique et force sur les montées de batteries pour fait briller sa section cuivre. Dire que vous les aviez pris pour un groupe de pop entre Björk et Lene Marlin... Alors qu’il faut du cran pour déconstruire On My Shoulder comme ça, nier les guitares, rendre le tube presque lounge, vaporeux, puis fiévreux, ébouillanté. Un single qui a autant servi à repeindre votre télé de l’intérieur, ça aurait pu être une balle dans le pied. Mais The Do a le nez fin et le pied, beau sous son tulle rouge. On jurerait être dans un conte de fées

Just like a movie...

Beady Eye réclame des hippies et la grande scène n’ose le ver la main, hésitant sur ce qui va lui tomber dessus, reproches ou sympathie. Les ex-Oasis maintiennent le cap en rang d’oignon, les trois manches dans le même sens, immobiles. Les pro du power font des heures sup', mais l’esprit du summer of love ne viendra pas. Liam pose sa prose les genoux arqués et la mains dans le dos, simiesque. Mais bon, c’est pas au vieux singe...

Expert en n’importe quoi, Katerine secoue son tutu rose et l’esplanade sourit de bon gré. On préfère fouiner backstage à converser de Clint Eastwood avec les Moriarty pendant que Rosemary pose devant un téléviseur Katerinesque à la fin de sa conf de presse. Une minute après ils sautent dans les bras des Do comme des gosses en colo’.

Good boys,Arcade Fire s'éternisent en remerciements alors que les marseillais de Nasser lancent une émeute de sons pyromanes dans la Loggia. Stroboscope blanc lait et électro-choc à débaucher tous les défibrillateurs de France, Crystal Castles fait son entrée sur la scène Green Room. Le set consiste à coucher un asphalte de synthé et vocoder sur un chant de Tank Girl qui se noie hélas dans la compression. Infrarouge de colère, les Crystal mettent un feu à la prairie que la cavalerie arctique des Monkeys n’éteindra pas. Bonus DVD, le carré VIP explose ses scores au babyfoot pendant qu’Alex Turner enchaine Teddy Peaker et Crying Lightning avec un ralentissement de brio qui plonge la grande scène dans la joie, pour la dernière fois. Malsaucy was my movie.

http://www.eurockeennes.fr/

Crédit photo foule: Sébastien Bozon (AFP)

H.P.