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Main Square day 2 : Encore plus show

Main Square day 2 : Encore plus show

Saturday day fever : pied au plancher, Triggerfinger, ouch ! Grande scène, plein cagnard et le public déjà soulevé, sous les coups de boutoir de ce power trio infernal, quelque part entre John Spencer, The Hives et Led Zeppelin. Charisme sexuel du chanteur-guitariste, groove rock de ses deux compères, les spectateurs mis dans leurs poches au premier riff : comment faire pour passer après eux ? Et dire qu’il n’est que 14h… Mais puisque c’est comme ça, sur la scène Green Room, la suédoise de Mai fait ce qui lui plait, à savoir une folk satinée de clochettes psychédéliques, à cheval sur les pépites sixties (Carole King, Nick Drake) et une pop scandinave – cf ses origines islandaises. Pas déplaisante à regarder. Et encore moins à écouter…

 

Aloe Blacc... to basics.

 

Même scène, où la coolitude nuageuse de la miss est balayée d’un revers de guitares par les jeunes anglais d’Everything Everything. Power pop claquée en bleus de travail, par ces jeunes gens pour l’instant modernes. En face, c’est la torpeur : il fait si show…

But wake up, the dead ! Regardez qui arrive : Aloe Blacc, Fleet Foxes, Two Door Cinema Club, Kasabian : c’est Saturday day fever again, pour la jeunesse à Wayfarer, bronzant à même le gazon, en attendant les vagues de son. Funky groove à l’américaine, pour celui qui need a dollar, mer d’huile harmonique à l’heure de l’apéro, pour les barbus à bonnet en laine (par un temps pareil…), orgie de clap d’un public conquis par les portiers du cinéma club… Quant à la nuit, elle apparient à Kasabian, qui, parole d’interviewer, a toujours le feu sacré, même après presque quinze ans de carrière. Leur nouvel album (Velociraptor), qui sortira en septembre, devrait surprendre plus d’un fan. En attendant, la Green Room a tremblé sous leur pas encore rock ; et tant pis pour le roadie qui s'est installé un hamac juste derrière la scène.

 

Moby : dinosaure senior

 

D’où un beau coup de vieux pour les « stars » arpentant la grande scène. Rock indie(geste) au kilomètre, pour des Arcade Fire aux guitares réglées sur pilote automatique ; quand le rock devient un métier, ça n’est plus du rock. Quant à Moby, qu’il est loin le temps de la surprise ! Oh Lord ! Just in my heart… anymore. Heureusement pour la fin de soirée, le public a pu compter sur The Shoes, pour achever les baskets encore présentes. A suivre également en interview, sur le site.

 

Epilogue de ce samedi : à Main square, on peut croiser un père et son fils de 12 ans, venus spécialement de Londres pour voir les deux groupes favoris du fiston, Kaiser Chiefs et Kasabian. On peut aussi tailler le bout de gras avec la « Fée Mélusine », ses ailes à l’abri sous son ombrelle, témoigner de l’imagination de ce jeune homme ayant fait de sa basket un porte verre. On peut, enfin, vivre un pur moment de rock’n’roll en compagnie du trio Triggerfinger, aussi bon en interview qu’en live, et réviser son anglais avec l’accent à couper au couteau de Tom Meighan, le chanteur de Kasabian.

 

Reno Vatain

 

http://www.mainsquarefestival.fr/

Photos: Jérémy Charbaut