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Main square, day 1 : Queen of the stonehenge

Main square, day 1 : Queen of the stonehenge

Soleil qui tape, foule en short et lunettes de soleil face aux enceintes lâchant les premières watts de Main Square, huitième du nom : bienvenue à la citadelle d’Arras, dont Josh Homme, chanteur elvisien (mais roux) de Queen of the Stone Age, aura loué la beauté. Sûr que les ricains, les vieilles pierres, ils n’ont pas l’habitude. En revanche, côté boucan hâché au bon tempo, ils connaissent. Et maîtrisent. D’où un set époustouflant aboyant après le soleil couchant, avec la rage des stoners qui n’en sont pas à leurs premières paires de jeans. Queen of the Stonehenge, en quelque sorte…

Sur la scène Green Room, agrandie cette année, pas question de la jouer aussi musclé, pour la frêle belge Selah Sue, choucroute capillaire et coffre imposant, haute perchée sur ses talons bleus : elle poussait la  chansonnette en même temps que QOTSA ; elle a joué sa carte, chaloupée, groove et Raggamuffin en fin de set. Ce n’est pas Amy Winehouse – encore que, ce n’est pas Keziah Jones – et pourtant, pas non plus les Fugees, malgré sa reprise de Lost One. Mais c’est par là que ça se passe, beau condensé d’énergie qui séduit l’audience jusque là un peu trop tranquille, la faute aux derniers rayons de soleil.

 

Eels : « I have good feelings ! »

 

Et puisque Selah Sue rembobine, façon funk vintage à la sauce 2011, faisons de même. Et causons de ceux, courageux, ayant joué en plein jour. Oui, retournons sous le soleil encore tapant de 19h15, pour écouter le set magique, touchant, élégant et pourtant râpeux des Australiens de Tame Impala. Appelons ça pop psyché, appelons ça rock planant, applaudissons leur rock californien venu tout droit des 60’s et surtout leur reprise impeccable d’Angel de Massive Attack, entêtante errance maîtrisée de bout en bout. Au moment d’en parler, « concert du jour » s’impose. Que dit la concurrence ?

Elle dit qu’elle a joué la nuit. Et qu’Eels est un drôle de bonhomme. Un début de set mi-mariachi mi funky, une demi-heure un peu molle et un final de feu, façon Blues Brothers, conclu par Novocaïne for the soul ; non décidément, Eels n’habite pas la même planète que nous. Linkin Park non plus. Mais ça c’est tant mieux. Quant à celle des Chemical Brothers, on aurait aimé écrire que la visiter fait toujours autant quitter terre. Pourtant, malgré un lightshow impeccable, malgré le gros son, on sentait encore les cailloux sous nos baskets ; pas la folle apesanteur de ces dernières années. Et puisque le bouton rewind est toujours enfoncé, profitons-en pour jeter la pierre à Liam Gallagher qui, même sans son frère, continue de faire de la britpop comme dans les années 90, mais quinze ans plus tard. Ses Beady Eye, donc ? Du Oasis light, un peu coupé à l’eau. Inspiré des grands maitres (Paul Weller, les Who, T-Rex), Liam et ses garçons coiffeurs font le show sans transpirer, convainquent leur audience sans pour autant la séduire totalement. Beady, aie aie aie…

Note de fin d'une journée jouée sans mauvaise partition, Martin Solveig dynamite la scène Green Room avec un set de tennisman, ping pong avec son audience, morceaux qui tiennenent en haleine le public de fin de nuit, son dernier album "Smash"  va droit au but. Jeu, set et match pour le français! Il est déjà plus de trois heures du matin, les paupières sont lourdes et le corps un peu fatigué, on décide de prendre la direction de l'hôtel, reprendre quelques forces avant la journée du samedi garantie 100% sueur et têtes d'affiche. En attendant, on prend patience en dégustant le top 5 des meilleurs moments de la journée:

 

1. Derrière la palissade des backstage, découverte surprise de l’héroïne de Spiderman et Virgin Suicides, la célèbre Kirsten Dunst, ici en vacances avec ses potes du groupe Jenny & Johnny. Une fois n’est pas coutume, voici une actrice aussi séduisante en vrai qu’au cinéma...

 

2. Tame Impala ? Certainement la découverte de la journée. Au coucher du soleil, les australiens livrent un étonnant medley qui se finit sur une reprise de Bonny & Clyde de Mr Gainsbourg. Plus tôt, le leader nous a confié sortir avec une jeune française, ceci explique peut-être cela…

3. Déjà croisés dans les rues d’Arras, une mystérieuse confrérie de supers héros, intégralement vêtus de lycras fluos, fait le show sur Main Square en paradant dans la foule. Improbable. Et drôle.

 

4. Concert de Queen of the Stone Age. On retrouve l’un de nos supers héros fluo en plein surf la foule (stage diving en anglais) violemment alpagué par la sécurité, mais sauvé par Josh Homme : « leave me alone, leave me alone, I like this guy ! ». Entre costumé orange et chanteur roux, on se comprend !

 

5. « Vous avez pas vu Mike Green, on fait comment pour accéder à la terrasse VIP ? » L’attraction du jour, c’était certainement la distribution – triée sur le volet – des sésames pour accéder à l’espace privée Green Room Session. Leitmotiv des festivaliers : retrouver notre homme tout en vert, et accéder ainsi à la terrasse confortable et cosy. Idéal pour profiter des concerts du jour !

http://www.mainsquarefestival.fr/

Photos: Jérémy Charbaut

Reno Vatain