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Solidays, dernier jour: Une clôture haute en couleurs

Solidays, dernier jour: Une clôture haute en couleurs

C'est dimanche à Solidays et le public atypique de Longchamp est aux couleurs de la lutte contre le SIDA : rouge ! Les festivaliers ne savent pas comment protéger leurs peaux mais au moins le message principal est passé ce weekend. Des capotes gonflées comme des ballons volent dans une foule qui garde les bras toujours levés, cela malgré la chaleur écrasante et l'odeur en conséquence. En fin d'après-midi, autant pour se rafraichir que pour éviter de laisser Bernard Lavilliers nous gâcher ce dernier jour, on galope vers l'espace Green Room. L'ambiance y est encore plus hot que d'habitude et il faut en profiter car le dancefloor ferme plus tôt ce soir là, au moins ceux qui travaillent tôt le lendemain seront à l'heure. Mais pour l'instant les filles sont en haut de bikini et s'éclatent sur le set de Seuil, surtout quand sa house des Baléares permet de se rêver un bref instant à Ibiza. Pour continuer la journée sur une note sexy, on se dirige vers Aloe Blacc du label Stones Throw, nouvelle icône soul qu'on préfère largement à l'oncle Ben. Même si le groove de sa voix est impeccable, le live est un peu trop lisse et il réussit même à enlever tout le mordant de Femme Fatale du Velvet Underground en la reprenant. Tout le chapiteau n'en est pas moins en émoi quand il joue I Need A Dollar et dans ce contexte particulier, ce titre devient même un très bel hymne solidaire.

Iam, Moby... les têtes d'affiche assurent

Gonflés de courage, on fait l'effort d'aller supporter Yodelice qui s'efforce d'avoir l'air langoureux mais le français nous plombe surtout avec des longueurs et des solos de guitare qui se veulent très virils. Engourdis par la température et des concerts un peu mous, on est réveillé " à l'ancienne " par les Marseillais d'IAM qui mettent paradoxalement le feu à la scène Paris. Le public en a pour son compte : Akhenaton  ne masque pas son plaisir de rejouer leurs classiques. De Petit Frère à Je Danse Le Mia, leurs productions scratchées ont vieilli mais le public vibre d'émotion. Puis c'est à Moby de faire résonner les dernières notes de cette édition. Et non, il ne s'est pas électrocuté comme récemment sur scène, mais son live a provoqué un choc électronique auquel on n'était pas forcément préparés. Des basses techno, des beats vibrants et la voix de sa chanteuse très puissante face à la sienne un peu trop frêle. Lui navigue sur scène comme un chef d'orchestre, s'installe à la guitare puis aux percussions. Il faut le voir en live pour comprendre qu'il n'a pas tort quand il présente We Are All Made Of Stars comme de la disco sur de la mécanique quantique. Des titres de son nouvel album « Destroyed » laissent sans voix le public qui n'a plus que ses jambes pour trouver une réponse à son nouveau virage. Et voilà ce festival populaire se transformer en une petite Haçienda où les couples côtoient enfants et fêtards. Finalement le chauve new-yorkais n'est pas si rasoir et c'est une fin idéale pour ce festival qui veut vaincre les clichés, avec cette année plus de 150.000 spectateurs bronzées, de la tête aux sandales.

http://www.solidays.org/

 

C.L.